mercredi 28 juin 2017

La démocratie euthanasiée.


Lu dans l'Humanité du mardi 27 juin 2017.

La démocratie euthanasiée.

Par Guillaume Foutrier, doctorant et professeur d'histoire-géographie.

 « Vague Macron » pour La Croix, « Macron en marche » pour le Figaro « l'effet Macron » pour les Échos… les quotidiens ont rivalisé de titres ronflants pour qualifier les résultats du premier tour des législatives, mais aucun, hormis l'humanité, n'a fait sa une sur l'événement bien plus considérable dans notre histoire politique : le taux d'abstention de 51,29 % n'est pas seulement le plus élevé de la Ve République ; il bat en réalité-et de très loin tous les records d'abstention aux élections législatives depuis l'instauration du suffrage universel en 1848 !
Un tel chiffre n'est pas seulement l'énième illustration du malaise politique des dernières décennies. Il ne s'agit pas ici d'élections locales ou européennes, dont les taux de participation sont traditionnellement faibles, mais de ce qui fait le cœur des régimes démocratiques apparus au XIXe siècle : l'élection du Parlement, par laquelle le peuple souverain élit ses représentants pour voter les lois. On ne manquera pas, dans les prochains jours, de développer le niveau d'abstention et de gloser sur la « crise » de notre démocratie. Pourtant, ce qui se dessine aujourd'hui, ce n'est pas simplement une « crise », telle que la France en a connu à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930 ; c'est plus profondément une lente euthanasie de la démocratie et l'épuisement d'un cycle politique ouvert il y a près de 50 ans. Le Parlement, certes inchangé dans sa forme, n'est plus l'objet d'un investissement collectif, celui des citoyens qui sont censés lui donnés sa légitimité : ainsi meurent les institutions. Ce sont alors la démocratie parlementaire et, avec elle, la souveraineté du peuple qui disparaissent insidieusement sous nos yeux.
Beaucoup j'ai Miron, comme d'habitude, sur l'apathie des Français et leur manque de « sens civique ». Mais les abstentionnistes montrent en faite bien plus de raison qu'on n'en dit : pourquoi en effet aller voter pour élire un parlement dont on a compris désormais, sans le moindre doute possible, qu'il n'était qu'une caisse d'enregistrement des décisions du pouvoir exécutif, des cabinets ministériels et des directeurs d'administration ? Les Français ne font que tirer intuitivement les leçons d'un régime présidentialisé. Ils comprennent aussi que cette élection sans enjeu ne changera rien à leurs conditions de vie. Il est évident, au regard de la géographie des votes (des taux d'abstention de 60 à 70 % dans les quartiers populaires), que ce retrait du peuple de la politique est d'abord un retrait des couches populaires. Chemin faisant, sans bruit et sans coup férir, notre régime électoral et donc aussi devenu censitaire.
En transformant les législatives en une pâle validation du résultat des élections présidentielles, la réforme du quinquennat (en 2000) et l'inversion du calendrier électoral (en 2001) ont contribué directement à cette explosion du taux d'abstention et amplifier les logiques présidentielles liste de la Ve République : l'abaissement du pouvoir législatif et la boursouflure toujours plus monstrueuse du pouvoir exécutif.
Le scandale des assistants parlementaires, qui nourrit aujourd'hui les envolées présidentielles sur la « moralisation de la vie politique », au culte l'autre vrai problème : les moyens du Parlement sont faibles au regard de ce dont bénéficient les ministères, sur l'immense force de travail et d'expertise des administrations centrales. Aussi le souhait du nouveau président et de réduire d'un tiers le nombre des parlementaires devrait-t-il accentuer, sous l'argument fallacieux de la « modernisation politique », l'effacement complet de la démocratie parlementaire au profit d'une « démocratie exécutive » (1) qui n'a cessé de se renforcer depuis les guerres du XXe siècle et la constitution de 1958.
Plus que jamais, le suffrage universel tend à devenir un alibi et notre Parlement une institution croupion, le résidu d'un régime qui n'a de démocratique que le nom et n'a comme réalité que la loi de l'argent, le triomphe des riches et l'expertise des technocrates. Faut-il que 60 ans de présidentialisme est à ce point intoxiqué les esprits et perverti la culture démocratique pour qu'un tel crime politique ne soit pas dénoncé sans relâche ?




(1) Nicolas Roussellier, la force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècle. Gallimard 2015


mercredi 21 juin 2017

Vous avez dit « légitime » ?



Trop peu de gens remettent en cause la légitimité du président de la République.
Je suis de ceux-là. En effet au premier tour seuls 18,3 % des inscrits ont voté "pour" Emmanuel Macon. Au deuxième tour , il a recueillis 43,61 % des inscrits dont beaucoup ont surtout voté contre Marine Le Pen et il y a eu 22,23% d'abstention.
L'élection du président de la République au suffrage universel direct est une élection antidémocratique. Comment un seul individu (homme ou femme) peut-il représenter la diversité du peuple de France ?
Nous avons un président dont seulement 18,19 % des inscrits et 24,01% des exprimés ont voté pour lui au premier tour, et au deuxième tour il est élu avec 25,44 % des inscrits.
Ce Président ainsi mal élu, nomme un gouvernement…
Viennent les élections législatives. Au premier tour où "La République en marche",  le parti du président "Malélu", obtient 28,21 % des inscrits et l'abstention s'élève à 51,30 %.
Au second tour des législatives La République en marche recueille  16,55 % des inscrits et 43,06 % des exprimés, mais obtient quand même 53 % des sièges (sans aucun ouvrier), avec 57,36 % d'abstention !
Avec ce score Emmanuel Macron va entreprendre une démolition du code du travail (déjà bien entamée sous le gouvernement Hollande) et de la Sécurité Sociale.
Rappelons ce qu'écrivait Jean-Jacques Rousseau dans « Du contrat social » : « Le peuple soumis aux lois doit en être l’auteur…la puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui ». Nous en sommes loin !
Il faut remettre en cause la Constitution qui permet cela. Cette constitution qui postule que le « peuple est souverain » mais permet à un quasi monarque d'avoir des pouvoirs étendus, comme par exemple déclencher une guerre sans même en référer à la représentation parlementaire.
« Toute la vie politique est, aujourd'hui en France, déterminée par l'élection présidentielle. Il s'ensuit un appauvrissement considérable du débat politique et une perversion de la démocratie, objet de manipulation à grande échelle ».(Anicet Le Pors) (1).
C'est donc cela qu'il nous faut changer. Il faut convaincre autour de nous que ce gouvernement n'a pas la légitimité pour détruire les conquêtes ouvrières. De ce point de vue, le gouvernement légitime les luttes du peuple.
Comme l'écrivait déjà Gracchus Babeuf : « Nos députés ne pourront avoir aucun Droit qu'ils ne détiennent de nous, ne devront jamais s'en arroger de leur propre autorité…Ils ne pourront jamais s'écarter de la lettre de leurs mandats…; ils ne pourront pas substituer leur volonté individuelle à celle de leurs commettant ».
Je suis d'accord avec Anicet le Pors lorsqu'il dit :
« La légitimité populaire émane du corps législatif, élu selon un scrutin égal c’est-à-dire à la proportionnelle, car c’est à la politique et non à la technique de faire les majorités. Il ne saurait en effet y avoir de légitimité concurrente émanant du même suffrage universel. L’argument selon lequel il faudrait tenir compte de l’idée que l’on se fait de la prétendue adhésion du peuple français à l’élection du président de la République au suffrage universel n’est que l’expression d’une résignation politique, indigne de notre histoire ».
Notre système organise l’intronisation d’un individu par le suffrage universel afin de lui conférer le maximum de pouvoir ! En guise de modernité, c'est le retour au 18e siècle !
« En tout état de cause, si c’est cela, la « modernité » d’un système – élire un guide à suivre en toute circonstance – alors nous plaiderions volontiers pour un peu d’archaïsme dans nos institutions ». (P. Brunet et A. Le Pillouer). (2)
Michel Cialdella

1) les racines et les rêves. Anicet le Pors. Éditions "le télégramme". 2010.

2) http://www.laviedesidees.fr/Pour-en-finir-avec-l-election.html

mercredi 14 juin 2017

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir nous redresser !




En cette période de campagne électorale, les candidats, en commençant par ceux de « la république en marche », censés faire de la politique autrement utilisent les mêmes mots et les mêmes recettes qui ont fait la preuve de leur inefficacité depuis plus de 40 ans. Bel exemple de marche arrière !

En effet, Raymond Barre, premier ministre de Chirac en 1976, sans doute le premier nous a saoulés avec « La compétitivité des entreprises » censée être le dogme absolu dans un pays pourtant champion du monde de la productivité du travail. 

De redressement en redressement, d'allégements de cotisations en allégements d'impôts, nous avons 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres. Des entreprises délocalisent après avoir touché des fonds publics. Les plus grosses fortunes refusent de contribuer au développement du pays et pratiquent l'exil fiscal privant la nation de 80 milliards d'euros chaque année.

Alors qu'entre 1949 et 2015 le PIB a été multiplié par 7,96 (valeur 2010).

Que disent alors "Les républicains "et autres "marcheurs": « bla-bla la compétitivité des entreprises, bla-bla faut redresser la France bla-bla il faut libérer les entreprises ». Ah bon ! Je ne savais pas qu'elles étaient en prison….

Tous ces perroquets qui répètent en boucle : « baisse des charges ! » feraient bien de réviser (ou d'apprendre) l'histoire récente.

Dès 1948, le CNPF, à peine organisé, soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays »

le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris affiche un diagnostic sans appel : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie une charge considérable. »

En 1949, Paul Reynaud (président du conseil, aujourd'hui on dirait premier ministre) dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ».
Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux, car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont eux-mêmes appelé  les « Trente glorieuses ».

Ce qui faisait dire à ce bolchevik de Pierre Laroque : pendant ces 30 années, on a redressé l'économie permettant des progrès considérables, ce qui prouve bien d'ailleurs que les dépenses sociales n'ont pas nui à l'effort économique. La France s'est enrichie, les salaires se sont élevés et il est rentré de l'argent dans les caisses. Donc, on n'a pas eu de difficultés financières réelles pendant toute cette période. (1)

Quant à Catherine Mills, économiste de la protection sociale : « Au lieu de faire des économies sur les dépenses sociales, sur le travail vivant, la revalorisation de la place des dépenses pour les hommes serait une source de rentabilité sociale bien supérieure et finalement permettrait des économies sur les dépenses liées aux gâchis sociaux capitalisme et de sa crise ».

« Il nous semble qu'une issue réelle à la crise et la marche vers un autre type de développement impliquent d'en finir avec la coupure économique-sociale, avec la primauté de l'économie sur le social. À notre avis, le nouveau type de développement n'est possible que si le progrès social devient le moteur » (2).

Un autre bolchevik, Joseph Stiglitz, écrit dans le triomphe de la cupidité : «Toutes les dépenses n'ont pas le même multiplicateur : si l'argent sert à payer des contractants étrangers … si l'on réduit les impôts des riches, ils épargnent une grande partie de ce qu'ils reçoivent. Si l'on augmente les indemnités de chômage, le multiplicateur est élevé, parce que ceux qui se trouvent soudain à court de revenus vont dépenser pratiquement chaque dollar qu'on leur versera ». (3)
Michel CIALDELLA

Notes
1) Pierre Laroque, entretien avec la revue le "Droit ouvrier" en octobre 1995.
2) l'économie de la sécurité sociale ; par Catherine Mills - 1981
3) Le triomphe de la cupidité ; Joseph Stieglitz-2010



samedi 10 juin 2017

Une amie écris au candidat FI de sa circonscription

Raymonde Bièvre
Retraitée
05190 Remollon
bievrer@gmail.com


Lettre ouverte à monsieur Joël Giraud
Candidat La République en marche
2ème circonscription des Hautes-Alpes


Remollon, le 9 juin 2017

Monsieur le député, candidat aux législatives, 11 et 18 juin 2017

Monsieur,

 Vous avez décidé de nous représenter avec la République en marche au nom du renouveau politique, contre la professionnalisation de la vie politique et pour sa moralisation si j’en crois le clip de campagne de votre mouvement que vous avez rallié en tant que Radical de gauche, apparenté au groupe socialiste à l’Assemblée nationale.
Vous êtes entré en politique en 1986, maire de l’Argentière-la-Bessée depuis 1989 et député depuis 2002. Vous avez de nombreuses casquettes et il me  semble que vous représentez plus l’opportunisme que le renouveau. Le non renouvellement des mandats, c’est pour les autres.

Les auto-proclamés de la société civile dont vous faites  partie, ne vont représenter qu’eux-mêmes. Ils se disent retraités, mathématiciens, étudiants, salariés. Ils oublient de préciser que s’il y a bien un mathématicien, un chômeur, trois infirmières, un fonctionnaire de l’État civil, un gardien de la paix, aucun ouvrier, 75 % des candidats représentent les couches intellectuelles supérieures (CSP +), 15,5 % les chefs d’entreprise. Quand on ajoute les deux catégories, on constate que 90 % des investis ne représentent que 9,5 % et 3,5 %  des actifs français. Parmi ces investis de la société civile, on compte des médecins, des avocats, des hauts fonctionnaires, des lobbyistes (17) des consultants (16), des communicants (12). Voir Marianne, n° 1053, 26 mai 2017, page 39.
Donc, rien de bien nouveau dans ce bas monde : les CSP +  avec le patronat vont être représentées par des élus CSP+ et le patronat qui vont défendre leurs intérêts de classe  au détriment de l’intérêt général. Ils se font élire dans ce but. La présence renforcée des lobbies au sein même du gouvernement (assureurs, MEDEF, etc) est un mauvais signe pour les travailleurs .Pour preuve les documents publiés par le Parisien et Libération sur la réforme du Code du travail. le patron maître chez lui, les syndicats déclarés hors jeux et ringards, sécurité pour le patronat curieusement rebaptisé entreprise, flexibilité pour les salariés, surtout les ouvriers. C’est le rêve du gouvernement Hollande réalisé par le gouvernement Macron.
J’apprends l’existence de soupçons de sous-notation forcée chez Sanofi. Des salariés seraient sous-évalués pour atteindre des quotas de mauvais collaborateurs fixés par la hiérarchie. Modèle de new management à la Macron, Sanofi avec des évaluations à tous les niveaux, la délation encouragée donne une piètre image de la société dite civile.

Et votre République, comment la définissez-vous ?

     La République des inégalités ?
    Inégalités entre salariés suivant le paternalisme plus ou moins soft des employeurs,
    Inégalité entre écoliers qui pourront avoir ou non des rythmes scolaires adaptés selon les ressources des communes.
     Inégalité entre collèges et lycées dont les enseignants seront choisis par les directeurs d’établissement selon des critères vraisemblables de servilité   et de performance,
    Inégalité entre universités autonomes .dontles financements dépendent du privé
    Inégalité d’accès aux soins. Je ne vois guère de solutions pour sauver l’hôpital public.
     Inégalité d’accès au services publics donc entre les territoires dont l’affairiste monsieur Ferrand est en charge.

    La République pas sociale 

     En attendant les ordonnances contre les salariés, le gouvernement vient d’imposer aux chauffeurs de camions citernes par décret ministériel de travailler deux heures de plus par jour en levant la limite des 10 h par jour et également en levant les limites de leurs congés, au prétexte de réapprovisionner les stations services. Ces méthodes en disent long sur ce qui nous attend.

     La baisse du coût du travail par la baisse ou la suppression des cotisations sociales compensées par l’augmentation de la CSG, est la pire attaque contre les salariés et les retraités.

     La mort de la Sécu programmée fait frétiller les assurances privées. La masse d’agent de la Sécurité sociale qui échappe aux profits constitue pour eux un véritable scandale.

    Qui peut croire à une augmentation du pouvoir d’achat sans hausse de salaire, à commencer par l’augmentation du salaire minimum ? Grâce à la baisse des cotisations sociales employeurs, ceux-ci économiseront  1800 euros par an et par salarié au SMIC . Vont - ils en faire cadeau aux salariés ?

    J’aimerais vous poser une question : en quoi faciliter les licenciements favoriserait-il l’emploi ? Je me trouve ici devant un vide conceptuel. Ou bien est-ce une métaphore pour cacher l’augmentation des profits ?

     Silence radio sur le sort des réfugiés.

    Votre République est-elle  laïque ?

    Ce thème n’intéresse pas les candidats de votre mouvement, mais les positions de la youtoubeuse, ministre de l’égalité des femmes et des hommes (où est passé le droit?) sont très inquiétantes : n’a-t-elle pas signé un appel lancé par les organisations islamistes au titre de « je ne suis pas Charlie » ?

    Votre République est-elle démocratique ?
    9 millions de pauvres, ceux qui n’ont pas la capacité d’adaptation requise par un monde libéral (Laeticia Strauch-Bonnart, La France des oubliés, citée dans le Figaro) sont abandonnés à leur sort. Ils seront peu ou pas représentés à l’Assemblée nationale. Le slogan, élections, piège à cons reprend avec vous toute sa vigueur.
    Le renforcement de l’état d’urgence se fait au détriment des libertés publiques et individuelles. S’il renforce le contrôle de la population, il semble inefficace pour combattre le terrorisme. Certains pensent (attention danger) que le renforcement de la démocratie, le développement de l’esprit critique (et non de l’esprit d’entreprise) par l’éducation et la culture seraient les armes efficaces contre le terrorisme.
    Le renforcement du pouvoir personnel par Macron, promu leader du monde libre par le Point, est lui bien en marche, bien éloigné de la démocratie participative accommodée à toutes les sauces et de la démocratie sociale réduite à des consultations avec les syndicats.

Sur le plan local, 
    Vous promettez d’améliorer les routes, c’est une nécessité absolue dans les Hautes Alpes mais comment comptez-vous améliorer la vie des villages traversés par des routes fréquentés de façon intense par d’énormes camions dont très peu respectent les limitations de vitesse sans jamais être pénalisés ? (Prenez l’exemple de Remollon)
    Vous vous engagez dans la transition énergétique, mais quelle est votre position sur la construction d’une ligne à très haute tension qui va passer par Réallon, petit village de montagne et station de ski familiale ?
    Vous voulez maintenir et encouragée l’agriculture et l’élevage dans les Hautes Alpes (prime à l’installation, abattage des loups) très bien, mais pour produire quoi ? Un rapport de Greenpeace de 2015 pointait la teneur importante de produits appelés pudiquement phytosanitaires dans les vergers de France et des Hautes Alpes,7 % de la production française. Pendant des mois, tous les jours de la semaine, nous subissons le bruit des moteurs de tracteurs qui inlassablement répandent leur poison sur les pommes, les poires, les vignes. Vous comprendrez que manger local dans ces conditions soulève le cœur.. L’air, l’eau, la terre sont pollués, jusqu’aux lacs de montagne.  La justice a confirmé le rapport de Greenpeace : les pommes sont bien empoisonnées par des cocktails de pesticides. A quand une production qui réponde aux besoins de la population ?
Vous l’avez compris, je ne voterai pas pour vous, comme des millions d’électeurs qui vont soit s’abstenir, soit voter pour un autre candidat. J’ai la certitude que les oubliés de la nation, retraités ou actifs, immigrés ou pas, ne vont pas se laisser exploiter sans rien dire. L’humiliation comme moteur de gouvernance est à l’origine de nombreuses révoltes et luttes qui vont s’organiser. Avancer masqué, par l’utilisation de subterfuges comme la moralisation et la transparence (pour les autres) pour mieux attaquer et faire reculer les droits des travailleurs, arrachés par la lutte, à coup d’ordonnances et satisfaire ainsi le MEDEF n’est que de la basse politique au service des nantis.
Je termine en vous conseillant une lecture, puisque vous vous présentez pour un dernier mandat, dites-vous avant de prendre une confortable retraite. Il s’agit du livre de Michel Cialdella, militant CGT, ex-administrateur de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Grenoble.
La Sécurité sociale, une conquête en danger
16 euros + 5 euros de frais de port
A commander à Michel Cialdella
6 rue Joseph Bertoin
38600 Fontaine.
Vous y apprendrez l’histoire de la Sécu et n’oublierez plus que la Sécu nous appartient.
Raymonde Bièvre





jeudi 27 avril 2017

Élection piège à cons ?


Ce slogan gauchiste doit nous interpeller. L'histoire est riche d'enseignements. Michel Rocard à l'époque où il était au PSU reprenait ce slogan. Dans la préface au manifeste du PSU (1972) il écrit « les forces socialistes s'attacheront à la construction d'une société réellement libre sous la direction des travailleurs eux-mêmes ». Plus loin « la social-démocratie est ainsi devenue une gérante parfois médiocre comment France… du capitalisme ». Et puis, premier ministre, il est passé à la réalisation du "piège": il détricote le statut de la régie Renault qui devient une entreprise "comme les autres". Il invente la CSG qui instaure la fiscalisation de la Sécurité sociale. Il insulte les militants de la CGT en les traitant d'"encagoulés". Le 11 janvier 1990, devant un parterre de patrons, il dira : « Le monde salarial a pris de mauvaises habitudes historiques. Il veut la sécurité de son pouvoir d’achat. Mais j’entends le combattre ».

En 2002, pour faire barrage au Front National nous avons voté Chirac, lequel n'a tenu aucun compte du fait qu'il était élu avec des voix de gauche. Sa politique a largement contribué à faire progresser le Front National.

En 2012, pour virer Sarkozy, nous avons voté François Hollande, lequel reniant ses engagements a poursuivi la politique mise en œuvre par Sarkozy. Nous avons eu la loi El Khomri passée en force à l'Assemblée nationale (avec le 49-3), des violences policières et des syndicalistes condamnés à la prison pour avoir défendu l'emploi. La Sécurité sociale a été mise à mal. C'était somme toute logique car ils étaient d'accord avec les traités européens. Conséquences prévisibles le Front National a progressé. (16,8 % en 2002, 18,5 % en 2012, 21,3 % en 2017)

En 2017, toujours dans la même logique, certains voudraient nous faire voter pour Emanuel Macron, l'instigateur des lois régressives. S'il est élu, des l'été il entend faire passer par ordonnance la poursuite et l'amplification de la loi travail et particulièrement l'inversion de la hiérarchie des normes. À force de voter pour le moins pire, le pire est assuré.

En France, la classe ouvrière a choisi (et je pèse mes mots) d'affaiblir le parti communiste français. Certes celui-ci porte une partie de la responsabilité, mais pas toute.

À force de ne plus désigner clairement l'ennemi de classe (le capitalisme) le fascisme en a trouvé un : « l'immigré ». Pourtant il faut que ce soit un milliardaire, Warren Buffet qui nous rappelle à la réalité : « La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter » (1). Alors je m'interroge, en quoi l'homme des banquiers serait-il un rempart contre le fascisme, alors qu'historiquement ce sont les banquiers et les industriels qui l'ont "fabriqué".

Souvenons-nous que la Confédération Générale de la Production Française (CGPF), organisation patronale créée en 1919 a collaboré avec le régime de Vichy et l’Allemagne nazie. La CGPF a même soutenu financièrement le parti fasciste de Doriot le P.P.F. Dans son livre industriel et banquiers français sous l'occupation, Annie Lacroix riz écrit « La haute banque soutenait… la Cagoule » (2) organisation fasciste dont le chef suprême s'appelait Philippe Pétain (3).
Michel Cialdella
 

1) cité par François Ruffin dans « la guerre des classes » éditions fayard. 2008.

2) Industriels et banquiers français sous l'occupation. Nouvelle édition entièrement refondue. Annie Lacroix riz. Éditions Armand Colin. 2013.

3) De Munich à Vichy. Annie Lacroix riz. Éditions Armand Colin. 2008.

lundi 24 avril 2017

LES MODERNES

Le discours des puissants est inspiré du 19e siècle !

En mars 1837, à Lyon, on dénombre 1006 familles de tisseurs (chef d'atelier) prise en charge par le comité pour l'organisation des secours. Les pouvoirs publics ouvrent la chasse aux mendiants. Dans une brochure publiée en 1829, le futur préfet de Lyon Bouvier-Dumolart, condamne les « erreurs » inspirées par la charité chrétienne, ces aumônes qui « sont le plus souvent une prime d'encouragement donné à la fainéantise et à tous les vices qui lui servent de cortèges ».

L'aide à la vieillesse ? « Lorsque ses besoins ne sont que la conséquence nécessaire de ses vices et de son imprévoyance, elle est plus digne de blâme que de secours ».

Il avance comme solution de renvoyer dans leur commune d'origine « les faux pauvres qui mendient », ce qui, dit-il, en réduirait de moitié le nombre. Quant au reste, il le divise en deux catégories : les vrais indigents, trop vieux ou trop malades pour travailler, recevraient des secours à domicile ; les autres seraient embrigadés pour œuvrer dans le bûcheronnage, l'assainissement, le curage des fossés, l'entretien des routes. Les filles pourraient être employées à filer, ce qui leur procurerait de faibles ressources, mais « il faut si peu de choses à la campagne lorsqu'il ne s'agit que de vivre » !… Il conviendrait enfin d'enfermer dans des maisons de correction départementale les étrangers exclus des travaux et les vagabonds volontaires « qui ne doivent exciter aucune pitié » (1)
1) Bouvier-Dumolart , Essai sur les moyens d'éteindre la mendicité, Paris 1829

samedi 22 avril 2017

La Sécurité sociale une conquête en danger


Tous les gouvernements depuis près de 40 ans sous prétexte de sauver notre Sécu, s'acharnent à la réduire pour la rendre inefficiente afin qu'on ne la défende plus.
Pour comprendre et lutter pour son amélioration, ce livre est plus que jamais d'actualité !
 
Ouvrage réalisé par Michel Cialdella

 

vendredi 21 avril 2017

LES BENETS !


Sur les réseaux sociaux nous assistons à un déluge d'insanités concernant Mélenchon et le programme de la France insoumise.

 

" Y a-t-il dans l'histoire de notre législation sociale un seul pas en avant qui n'ait été accompagné par un concert de voix prédisant les malheurs que la nouvelle loi apportait à notre industrie en général et aux entreprises exportatrices en particulier ? Qu'il s'agisse des accidents du travail, de la journée de huit heures, des congés payés ou de la sécurité sociale, on a tenu le même langage. Même la loi de 1842 qui interdisaient dans les manufactures le travail des enfants au-dessous de huit ans fut saluée de la sorte "

1) Du paupérisme à la sécurité sociale 1850 - 1940. Henri Hatzfeld. Presses universitaires de Nancy. 2004.
 
à propos du retour aux 35 heures, compétitivité, flexibilité, simplification… autant d'expressions « modernes » pour imposer toujours plus de sacrifices : « ils veulent nous ramener au début du XXe siècle parce que la retraite à 65 ans, c'était en 1910 », rétorque Jean-Luc Mélenchon aux tenants de cette « modernité » qui ne profite qu'à quelques-uns.
« Depuis 1870, il nous faut deux fois moins de temps de travail pour produire 30 fois plus de richesses », ajoute le candidat.
De quoi trouver les moyens de renouer avec la réduction du temps travail avec les 35 heures réelles, une conférence nationale sur les 32 heures, la retraite à 60 ans… le retour du progrès social, c'est aussi le développement du service public pour garantir l'accès de tous à une éducation, des soins ou des transports de qualité.

Exemples (les fautes d'orthographe sont d'origine


Constituante = épuration = élimination des ennemis du peuple ..........dictature sanglante par une bande d' éjaculateurs précoces. Mélanchon pas les torchons avec les serviettes le démocratie dans le cul (celle-là il fallait l'oser)

"2 ans de conneries plus tard et la France n'existera plus... Bravo. Vive l'utopie".
" On en parle pas que avec lui toute les richesses auront disparues de France, les gens ne sont pas cons ! On ne veux pas une France comme il le veut, ce mec veux que la feligion musulmane s'installe, non, non , NON!!"
"cest un idiot ce melenchon quand on partage la richesse, moins de richesse est cree et tout le monde est plus pauvre par contre quand on eleve la richesse les riches deviennent plus riches, mais les pauvres aussi pq le PIB nominal augmente et les pauvres recoivent moins tant que % de richesse distribue mais cela est bien superieur que quand on partage la richesse car 5%de 30 est inferieur a 3% de 60 par exemple"
"Ouais beh ça fait peur..."

En effet ça fait peur !
Mais quand on n'a plus d'argument...on insulte !

Personne ne leur a dit que ce sont les politiques misent en œuvres par Sarkozy et Hollande qui sont la cause des 9 millions de pauvres, des 6 millions de chômeurs.
Personne ne leur a dit que Sarkozy avait fait augmenter la dette de 600 milliards.

Personne ne leur a dit que de donner des milliards aux entreprises sans condition cela ne faisait qu'enrichir les actionnaires.

Comme le dit ce bolchevick de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie : « Dépenser pour renflouer les banques sans rien obtenir en retour c'est donner de l'argent aux plus riches. L'une des formes de stimulation (économique) les plus efficaces… comprennent par exemple les indemnités de chômage… » (1)
Michel CIALDELLA
 

1) Le triomphe de la cupidité. Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie. Éditions Les Liens qui Libèrent. 2010.

dimanche 26 mars 2017

La sociale



Le 22 mars 2017 à l'invitation de la Fédération CGT de la métallurgie à Montreuil, j'ai animé avec Bernard Lamirand, le débat qui a suivi la projection du film la Sociale.

Bernard Lamirand dira plus tard :
"J'ai beaucoup apprécié ce débat et notre travail ensemble pour faire prendre conscience au CN de l'importance du devenir de la Sécurité sociale dans les entreprises et parmi les travailleurs. Ambroise aurait aimé..."

samedi 25 mars 2017

L'Humanité doit défendre la Sécurité sociale universelle



Lettre ouverte à Patrick le Hyaric .

Dans l'humanité du mardi 21 mars 2017, une interview de Jean-Paul Benoît président de la fédération des mutuelles de France, titrée : « Nous avons fait reculer les projets de privatiser la santé ».

Jean-Paul Benoît prétend : « ...comme les mutuelles sont dominantes sur le marché des complémentaires, elles limitent les phénomènes de sélection qui existent chez les assureurs privés lucratifs. Nous continuons de jouer notre rôle de complément à la sécurité sociale définie depuis 1945 ». Ce qui n'est pas vrai, car en 1945 l'objectif était un régime unique couvrant l'ensemble des risques. Les mutuelles ne subsistant que provisoirement.

Dans son intervention à l'Assemblée nationale constituante le 8 août 1946, Ambroise Croizat rappelait que : « L'unité de la sécurité sociale est la condition nécessaire de son efficacité...». Au fur et à mesure des désengagements de la Sécurité sociale les mutuelles qui se font concurrence, se sont empressées de prendre en charge les déremboursements.

Jean-Paul Benoît constate que les cotisations pèsent de plus en plus sur les épaules des salariés. Raison de plus pour que les mutuelles intègrent le régime général de la Sécurité sociale. Il oublie de dire que l'immense majorité des mutuelles proposent plusieurs niveaux de prestations. On ne paye plus en fonction de ses moyens mais en fonction du niveau de couverture que l'on peut s'offrir. Nous sommes loin des principes de la Sécurité sociale.

Selon Jean-Paul Benoît « on est bien sûr un principe de redistribution des richesses et non sur celui d'étatisation ». Avec la Sécurité sociale, salaire socialisé, nous ne sommes pas dans la redistribution mais dans la distribution. En effet les cotisations sont directement transformées en prestations et en pension. D'ailleurs la redistribution n'est pas incompatible avec l'étatisation, c'est même le rôle des impôts.

Pour Jean-Paul Benoît « le 100 % ne veut pas dire grand-chose ». Et bien ça veut dire : « plus besoin de mutuelle ». Les mutuelles se conduisent de plus en plus comme des assurances privées. Comme le rappelle le sociologue Frédéric Pierru dans le film "La sociale" : « Tout transfert d'un euro, de la Sécurité sociale vers le marché des complémentaires santé, l'assurance privée, est à la fois un euro et inégalitaire, c'est un euro inefficient, c'est un euro qui aura des résultats sanitaires médiocres par rapport à un euro public ».

L'avenir est dans la reconquête d'une Sécurité sociale universelle. C'est de cela qu'on peur les dirigeants rémunérés (et plutôt pas mal) des mutuelles.

Concernant les centres de santé que personnellement je fréquente. Ils pratiquent le tiers payant, mais les praticiens, notamment les chirurgiens-dentistes peuvent exiger des paiements supplémentaires. Il faut que l'on sache qu'il n'y a rien que les mutuelles fassent et que ne puisse faire la Sécurité sociale. Par exemple dans un passé récent la CPAM de Grenoble gérait une pouponnière, une école pour enfants caractériels et un centre de prévention. Pour la prévention il suffirait de faire évoluer le service médical de la CNAMTS en lui attribuant les moyens nécessaires à une mission de prévention.

J'ai eu l'occasion d'écrire (copie en pièce jointe) au journal suite à l'article d'Étienne Caniard : « la Mutualité ne s'est pas construite contre la Sécu » parue dans l'humanité du 6 janvier 2015. J'attends toujours la réponse. À l'époque vous aviez commis un articulet élogieux à un mutualisme qui porte précisément ce sens du partagenous allons, écriviez-vous, vous soutenir dans vos combats. Car entre l'Humanité vous c'est consubstantiel.

Curieuse façon de défendre la Sécurité sociale chère à Ambroise Croizat, qui, dans son dernier discours à l'Assemblée nationale en juillet 1950 déclarait : « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité Sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès. ».

En souhaitant que les journalistes de notre Huma se ressaisissent en prenant résolument la défense de la Sécu.

Michel Cialdella

 

 

 

 

 

mardi 21 février 2017

A propos de l'adresse du PCF au peuple de France



Quelques remarques :

Nous communistes, nous proposons que ce pacte comporte :

...une nouvelle ambition pour la Sécurité sociale, avec un retour progressif vers un remboursement de tous les soins à 100 %.

Il faut préciser : les 100% par la Sécurité sociale!

Pourquoi progressif ? Le remboursement à 100% par la Sécu peu se faire très rapidement grâce au salaire socialisé. En quelques semaines si la vraie gauche dispose de la majorité elle peut voter une augmentation de 10% des salaires inscrits dans les conventions et les statuts. Que l'on ne me dise pas que le gouvernement ne peut pas décider d'augmenter les salaires dans les entreprises privées car il le fait pour le SMIC. Alors pourquoi pas pour les autres salaires ? Si la masse salariale regagnait les 10 points de PIB perdu depuis les années 1982 (210 milliards € dont 84 milliards € pour la Sécu)) il y aurait de quoi faire le 100%.

Dans une France dévastée Croizat a fait passer la cotisation sociale de 16% à 32% et dans un pays qui a vu le PIB multiplié par 7,5 entre 1950 et 2015nous n'y arriverions pas ?

En suite continuer ce que Croizat a commencé en 1946 "intégrer les mutuelles dans la Sécu".

 

Le 8 août 1946 il déclarait : " Si, en effet, l'ordonnance du 4 octobre 1945 et le règlement d'administration publique laisse subsister, au moins provisoirement, des régimes particuliers, c'est qu'il s'agissait de régimes ayant une ancienne base législative et réglementaire, comme celui des mineurs, des inscrits maritimes ou des cheminots, et que l'on ne pouvait songer à intégrer, du jour au lendemain, dans l'organisation d'ensemble de la sécurité sociale, si souhaitable que puisse être en principe une telle mesure.

Mais on oublie qu'un nombre important de régimes particuliers, parmi ceux-là mêmes qui avaient une base administrative ou réglementaire, ont été supprimé par l'ordonnance et le règlement d'administration publique.

On a demandé que les conseils d'administration des caisses soient désignés par voie de l'élection et non plus par les organisations syndicales. Satisfaction va être donnée à cette préoccupation par le projet de loi que le gouvernement va déposer incessamment sur le bureau de l'assemblée et que vous allez être à même de discuter au cours des prochains jours.

 

...une COP fiscale mondiale qui aurait la même efficacité que celle sur l'environnement ? Démarche de sommet vouée à l'échec si les travailleurs ne sont pas partie prenante.

La création d’un pôle public bancaire pour changer le rôle du crédit, avec la nationalisation de BNP-Paribas et de la Société générale. Cela ne suffit pas, il faut nationaliser et transformer ces nationalisation en propriété sociale (à l'instar de ce qu'était la Sécurité sociale de 1945 à 1960)  toutes les banques et une gestion démocratique. Avec comme le voulait le programme du CNR :

·       l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.

·       le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, ..., des compagnies d'assurances et des grandes banques.

·       la participation des travailleurs à la direction de l'économie et un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs ....

Qu'entend on par  "Toutes les forces de gauche"? Ceux qui ont promu le travail du dimanche, qui on refusé de censurer le gouvernement à l'occasion de la loi travail ? Qui ont plus pensé à leur siège de député qu'aux salariés ?

Pour faire barrage au FN ? mais c'est justement leur politique qui sert le front national. On ne barre pas la route au FN en votant pour ceux qui lui font une autoroute.

Au présidentielles de 1974 le Pen obtient 0,74%,

Dès 1990, l’ouvrage Le Président de Franz-Olivier Giesbert (Editions du Seuil) rapportait ces propos de Pierre Bérégovoy : « On a tout intérêt à pousser le Front National. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes ».

On a vu, aux présidentielles de 2002, le FN réalise16,86% et 17,90% en 2012. Et Hollande impulse  une politique de droite.

Deux choses fondamentales manquent à ce texte, la référence à la classe ouvrière et l'appel plus que jamais, à une lutte des classes acharnée....

Michel Cialdella


 

samedi 18 février 2017

Ne changez rien pour eux !


 

 Les entreprises de CAC 40 réalisent 56 milliards € de bénéfice en 2016 !

Entre 2012 et 2015, les entreprises du CAC 40 ont détruit 83 000 emplois, malgré la croissance de leur chiffre d'affaires. Les valeurs du CAC 40 ont racheté 9,5 milliards € d'actions en 2016. Des dizaines de milliards € de fonds publics ont été injectées avec le Crédit d'Impôt compétitivité-emploi (Cice). Voilà qui remet à sa place, c'est à dire aux poubelles de la théorie économique le "fameux" théorème de Schmit : Les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'après-demain .

Si l'on ajoute que l'évasion fiscale prive la nation de 60 à 80 milliards € par an, que les niches fiscales qui ne profitent qu'aux riches nous coûtent 80 milliards € par an. Voilà de quoi boucher largement le "trou" de la Sécu et financer leur dette. Eh oui, les salariés ne doivent rien à personne...ce serait plutôt le contraire.

Les faux-culs qui nous gouvernent s'indignent volontiers à cause des petits fraudeurs qui abuseraient de la Sécu, ont supprimé 35 000 fonctionnaires des services fiscaux ces 15 dernières années et maintiennent le "verrou de Bercy" qui a pour fonction réelle d'empêcher la poursuite des gros délinquants.

Alors merci qui ?

mercredi 8 février 2017

Intervention au meeting de la section du PCF de St Martin d'Hères


 « La Sécurité sociale vous appartient ».
A chaque occasion, il faut rappeler que L’Histoire ne sert pas à célébrer le passé, mais à écrire l’avenir.
La sécurité sociale est née de la volonté du Conseil National de la Résistance dont le programme doit beaucoup au Parti communiste français et à la CGT. Sait-on assez que le principal rédacteur de ce programme est le communiste Pierre Villon, résistant de la première heure ? Programme qu'il a élaboré en liaison avec Jacques Duclos et Benoît Frachon.
Ce programme a été adopté à l'unanimité le 15 mars 1944. Ce qui pourrait laisser penser qu'il y a eu un consensus, mais c'est oublier un peu vite, que certains espéraient que ce programme ne se réaliserait pas.
Qui peut croire que la droite et le patronat étaient pour :
·       l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.
·       le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, ..., des compagnies d'assurances et des grandes banques.
·       la participation des travailleurs à la direction de l'économie.
un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs .... (1)
Ce programme prévoyait : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ».
Il restait à construire l'organisme qui comprend 4 branches : Maladie, Accidents du travail et Maladies professionnelles, Vieillesse et Famille.
Le 8 août 1946 à l'Assemblée nationale constituante, Ambroise Croizat rappelle que l'ordonnance du 4 octobre 1945 a été le produit d'une année de travail de la commission sociale qu'il présidait.
Le projet d'ordonnance organisant la sécurité sociale est issu d'un rapport présenté par Georges Buisson de la CGT, le 31 juillet 1945. Il est adopté par l'assemblée consultative provisoire par 194 voix pour, et une voix contre, celle de Joseph Denais (droite), mais il y a 84 abstentions pour la plupart des députés MRP, la CFTC et quelques radicaux. Ce qui invalide la thèse de l'unanimité.
De Gaulle, à qui certains attribuent un peu vite la Sécu, ne signera pas les ordonnances. Il est à Moscou ce jour-là.
Le 21 octobre 1945, à élection de l'assemblée constituante (2), la gauche est majoritaire avec 60% des voix. Le PCF obtient 26,2 % et 159 députés, devenant ainsi le premier parti de France. Le 10 novembre 1946 pour l'élection de la première Assemblée nationale de la IVe République il obtiendra 28,6 % des suffrages et 183 députés.. (2)
De 1945 à 1947, la CGT voit le nombre de ses adhérents passer de 4 à 6 millions (3).
Au-delà des chiffres cette dynamique crée un rapport de force favorable aux travailleurs. Il est utile de le rappeler au moment où d'aucuns tentent de nous faire oublier, l'utilité des luttes sociales et criminalisent l'action syndicale.
C'est dans ce contexte que le 22 novembre 1945, soit 32 jours après la publication des ordonnances, Ambroise Croizat devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il est chargé de mettre en place ce grand organisme (4). Pour cela, il organisera des centaines de réunions avec les gens concernés (5).
La droite ne renonce pas.
Le 22 décembre 1945, 79 jours après la publication des ordonnances, le MRP présente une proposition de loi (6), qui a pour objet de modifier l'ordonnance du 4 octobre 1945. On devine dans quel sens.
Le 20 janvier 1946, De Gaulle démissionne du gouvernement (68 jours après son élection comme chef du gouvernement) ce qui le met dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit pour la Sécurité sociale.
Pire, dès mars 1948, dans son discours de Compiègne, de Gaulle met l’accent,  sur la nécessité de réduire les dépenses sociales, « de manière durable et effective ; cela comporte, en effet, la suppression de services entiers, la mise en ordre radical des entreprises nationalisées, la réforme profonde du fonctionnement des assurances sociales… » (7) . Voilà, pour l'apport de Gaulle à la Sécu, qu'il appellera toujours "les assurances sociales".
Le patronat ne renonce pas non plus.
La Confédération Générale du Patronat Français, qui avait collaboré avec le régime de Pétain et l'Allemagne nazie, change de nom. L'organisation patronale devient C.N.P.F le 21 décembre 1945, et tente de se refaire une virginité en allant chercher pour la présidence un certain Georges Villiers, dirigeant de PME, estampillé résistant, bien que maire de Lyon  de 1941 à 1943, sur proposition de François Darlan, chef du gouvernement de Vichy.
Dès 1948, le CNPF soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays »
le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris prétend que : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie, une charge considérable. » Dans la foulée, elle fustige les salariés qui selon elle « ont profité de traitements dont ils n'avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé ». 70 ans plus tard, ils ont du mal à se renouveler.
En 1949, Paul Reynaud, président du conseil, dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ». Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont eux-mêmes appelé  les « Trente glorieuses ».
Non content de voler l'histoire ouvrière, la classe dominante cherche à masquer l'enjeu de classe.
En 2013, dans un livre publié à la documentation française, Benjamin Ferras inspecteur des affaires sociales prétend que les entreprises ont accepté de contribuer au système d'assurances sociales. (8).
Pour la sociologue Colette Bec, « le programme du CNR est emblématique d'un consensus, et au-delà, le signe d'une unanimité nationale.». (9). Celle là il fallait l'oser !
Les gouvernements ainsi que les grands médias font de Pierre Laroque le père de la Sécurité sociale. Ce qui est extraordinaire, car c'est la seule réforme qui porte le nom d'un directeur de cabinet alors que toutes les réformes même les plus rétrogrades portent le nom du ministre, par exemple : La loi Veil (bien que votée grâce à la gauche, elle porte le nom de la ministre), Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy.
Je ne conteste pas le rôle important de Pierre Laroque qui a mis en forme juridique les longs travaux de la commission sociale, mais, ainsi que l'indique le chercheur américain Henry C. Galant : « les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT... » (6).
La mise en valeur de Pierre Laroque sert à masquer les luttes sociales.
Pour que la Sécurité sociale fonctionne à partir du 1er juillet 1946, le gouvernement reçu « l'appui efficace des dirigeants communistes comme d'ailleurs des éléments non communistes de la CGT....» «... c'est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue ». Relève encore Henry C. Galant.
Et cela dans une France dévasté par 4 années de guerre.
Tout au long de ces 70 années, les attaques contre la Sécurité sociale n'ont pas cessé. Au prétexte d'un déficit que gouvernement et patronat ont eux-mêmes organisé, en gelant les taux de cotisations : en 1979 pour la retraite et en 1984 pour la maladie. Nous avons, non pas un déficit, terme impropre, mais un besoin de financement.
La Sécu n'est pas un commerce, mais un formidable moyen de permettre l'accès de tous aux soins de qualité, à la retraite, et aux allocations familiales qui ne sont pas une aide aux pauvres, mais un salaire socialisé qui reconnait le travail de la famille auprès des enfants. En 1945, Croizat  fait passer la cotisation de 16 à 32 %.   Il triple les allocations, les indexe sur les salaires. Elle représentent alors la moitié du salaire des familles populaires. Il augmente les retraites de 130%. Et personne n'en est mort !
Les agitateurs du trou abyssal comptent pour peu de choses les millions de personnes qui ont pu, grâce à la Sécurité sociale, être soignées, avoir la vie sauve, et puissent finir leur vie dans la dignité. Même si je suis conscient qu'il reste beaucoup à faire dans le domaine des retraites.
La gestion.
Pendant les 15 premières années, les travailleurs, et notamment les ouvriers avec la CGT majoritaire, qui disposaient des 3/4 des sièges, ont géré complètement les caisses de Sécurité sociale. Montrant ainsi la capacité de la classe ouvrière à gérer un budget supérieur à celui de l'Etat. Ce qui est insupportable aux classes dirigeantes. En conséquence, le 12 mai 1960, le gouvernement De Gaulle organise par décret, la mainmise de l'État, renforçant les pouvoirs du directeur au détriment des conseils d'administration élus. (Décret du 12 mai 1960) (11).
À chaque réforme c'est un peu moins de pouvoir pour les conseils d'administration. En 1967 la réforme De Gaulle / Jeanneney vise entre autres à marginaliser la CGT et à donner le pouvoir réel au patronat. Il  suffit à celui-ci de trouver un syndicaliste jaune, pour avoir la majorité.
Cette réforme met fin (momentanément je l'espère) aux élections des conseils d'administration. Le paritarisme à la sauce capital est instauré. Avec une brève interruption en 1983.
En 2004, c'est la loi dite Douste-Blazy qui supprime carrément les conseils d'administration pour y substituer des conseils d'orientation sans pouvoir.
Cette loi qui donne les quasi pleins pouvoirs au directeur Général de la CNAMTS,  fait entrer les complémentaires (assurances privées et mutuelles) dans une union nationale des caisses complémentaires d'assurance-maladie. (UNOCAM), où elles disposent du pouvoir de peser sur les remboursements. Cette loi d'essence libérale, ouvre la voie à la privatisation.
Aujourd'hui, Fillon, mais pas seulement voudrait, je cite :
" focaliser l'assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste". Ce qui porterait un coup fatal à notre Sécu.
La propriété.
Pierre Laroque, s'il n'est pas le père de la Sécurité sociale, avait bien compris l'objectif des bâtisseurs et rappelait en 1946 : « Nous voulons que demain, les travailleurs considèrent que les institutions de Sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux, et où ils sont chez eux ».
La Sécurité sociale française est un organisme de droit privé exerçant une mission de service public. Elle n'a ni actionnaires ni PDG. Elle est une propriété sociale. Ambroise Croizat rappelait en 1946 que : « La sécurité sociale, pour assurer son efficacité, ..., doit être confiée aux Français et aux Françaises... ».
La Sécurité sociale est également la démonstration que nous pouvons nous passer des patrons et du crédit. Les gouvernements qui doivent exercer une garantie et un contrôle a posteriori n'ont aucune légitimité pour la détruire.
Nous avons le devoir de transmettre  aux futures générations, une Sécurité sociale encore plus performante que celle que nos anciens nous ont léguée. Loin d'être dépassée, avec la cotisation sociale, salaire socialisé, indirect, elle est d'une grande modernité comme l'est le programme du Conseil National de la Résistance. Cela  devrait nous inciter à continuer l'œuvre de ses fondateurs, en faisant plus et mieux dans une France immensément plus riche. Songez que de 1949 à 2014 le PIB en valeur 2010, a été multiplié par 7,54, selon l'INSEE.
Parlant des libéraux de son temps, Robespierre disait : " ils ont plus disserté sur le commerce des grains que la subsistance du peuple…ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants ou des propriétaires, la vie des hommes à peu près pour rien ".
 
N'oublions jamais :
Ni pacte républicain, ni État-providence, la Sécurité sociale est une conquête. Seule la lutte consciente des salariés permettra de la conserver et de l'améliorer. Dans cette lutte, le Parti Communiste Français doit  jouer un rôle de premier plan.

SMH le 5 février 2017
Michel Cialdella
 
 
 
 
Bibliographie.
1 - Ambroise Croizat ou l'invention sociale. Michel Etiévent. Editions GAP - 2012
2 - L'archipel communiste - Une histoire électorale du PCF - Roger Martelli - Editions sociales - 2008.
3 - La CGT de la Libération à la scission de 1944 à 1947 - Annie Lacroix-Riz - Editions sociales - 1983.
4 - Un siècle de réformes sociales. Une histoire du ministère du Travail. 1906-2006. La documentation française. Octobre 2006.
5 - Pierre Villon, résistant de la première heure. Pierre Villon, membre fondateur du conseil national de la résistance s'entretient avec Claude Willard. Éditions sociales. 1983.
6 - Histoires politiques de la sécurité sociale française. 1945-1952. Henry C. Galant. Comité d'histoire de la sécurité sociale. Édition 2005.
7 - Traité de Sécurité Sociale : le droit de la Sécurité sociale. Yves Saint-Jours ; L.G.D.J.  1984.
8 - La protection sociale en France. Sixième édition. Sous la direction de Marc de Montalembert. La documentation française. 2013.
9 - La sécurités sociales. Une institution de la démocratie. Par Colette Bec (sociologue). 2014.
10 - Le Droit Ouvrier d'octobre 1995
11 - Décret n° 60-452 du 12 mai 1960 relatif à l'organisation et au fonctionnement de la Sécurité sociale.