mercredi 18 octobre 2017

Vous avez dit jalousie.


Vous avez dit jalousie.

Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire 

« Il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux » (Emmanuel Macon).
Je suis d'accord avec lui, il ne faut pas les taxer il faut les virer à coup de pompe dans le train, et prendre les biens qu'ils nous ont extorqués. Comme l'écrit Jean-Luc Mélenchon « Le pays regorge de talents bloqués derrière le mur de l'argent. Les partants seront remplacés en 24 heures par meilleur qu'eux, plus soucieux des autres, plus inventifs, moins addicts au fric, plus loyaux avec leur patrie républicaine ». (1)
« J'affirme que tous ces gens peuvent s'en aller sans qu'il en coûte à la société. Tout au contraire, on fera des économies ». (1).
D'ailleurs il n'y a pas besoin de tout inventer, le programme du Conseil National de la Résistance avait prévu :
L'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous‑sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques.
La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale;
C'est toujours d'actualité, d'où la prise de position de Denis Kessler (ex numéro deux du Medef) dans la revue Challenges le 4 octobre 2007 : « La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Il nous faut reprendre la marche en avant. Il n'y a rien à attendre, l'alternative communiste ne viendra que par l'alternative communiste, et l'affermissement des prémices de cette alternative est l'unique chemin… il s'agit d'honorer en permanence le combat de nos anciens en le poursuivant. (2).
Ce qui caractérise le communisme, ce n'est pas l'abolition de la propriété en général, mais l'abolition de la propriété bourgeoise… à la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classe, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. (Karl Marx) (3).
Michel Cialdella




1) Qu'ils s'en aillent tous. Jean-Luc Mélenchon. Édition Flammarion. 2010.
2) Vaincre Macron. Bernard Friot au point éditions la dispute 2017.


3) Le manifeste du parti communiste. Karl Marx. 1848.

samedi 14 octobre 2017

Les allocations familiales sont un élément du salaire



Michel Cialdella, ex administrateur de la CPAM et du CHU de Grenoble.
6, rue Joseph Bertoin  38600 Fontaine.
lincorruptible77@gmail.com
Fontaine, le 14 octobre 2017
Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République française.


Monsieur le Président,
Votre gouvernement se prépare à une attaque contre les allocations familiales en instaurant un plafond de ressources. En 1977 Pierre Laroque, qui s'y connaissait, disait il est malsain de développer les prestations subordonnées à une condition de ressources, car cela aboutit à transformer la famille en assistée et a créer une espèce de clivage dans la population entre les pauvres et les nons pauvres ; cela me paraît socialement extrêmement mauvais. (1).
Plutôt que de dénigrer les Français (de préférence depuis l'étranger) qui seraient des fainéants, voire des extrémistes parce qu'ils ne sont pas d'accord avec vos contre-réformes, vous devriez plutôt vous intéresser à l'histoire sociale de nôtre pays afin de comprendre que les gens qui luttent ne foutent pas le bordel (selon vos propres mots). Victor Hugo disait  Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, et ceux qui luttent sont aussi les plus productifs, les fainéants il faut plutôt les chercher chez les déserteurs fiscaux. Ceux qui luttent sont aussi les meilleurs défenseurs des valeurs Liberté, Egalité, Fraternité proclamées par notre Constitution républicaine, et je puis vous assurer qu'ils ne sont pas en manque d'un roi(2)

Les allocations familiales font parties de la Sécurité sociale que les fondateurs voulaient universelle. À l'origine les allocations familiales étaient financées uniquement par des cotisations d'entreprise. La cotisation patronale destinée à financer la branche a constamment décru depuis 1946 ou son taux était fixé à 16,75 % des rémunérations sous plafond. Il a été progressivement abaissé pour se stabiliser à 9 % entre 1974 et 1989, avant que la cotisation ne soit déplafonnée et son taux ramené à 7 % en 1990 et à 5,25 % en 2014 sans que cela améliore aussi peu que ce soit les prestations pour les plus modestes. Rappelons, aux pleurnichards du Medef, qu'au départ les allocations familiales sont une création patronale. Généralisées par Ambroise Croizat, ministre communiste, les allocations sont devenues du salaire socialisé, elles reconnaissent le travail de la famille pour l'éducation des enfants. Lorsque les enfants sont confiés à une assistante maternelle elles perçoivent un salaire pour faire le même travail.
Même si Le patronat pendant longtemps refuse, contre toute évidence, de reconnaître à ces prestations le caractère d'un élément du salaire. C'est ce caractère cependant qui s'affirme … ». Pierre Laroque 
(1).
Elles ne sont pas un moyen de réduire les inégalités. Pour réduire les inégalités, il y a la fiscalité redistributive, dont la plus juste est l'impôt sur le revenu, à condition qu'il soit progressif et réparti sur un grand nombre de tranches (par exemple : 14 contre 5 aujourd'hui).
Vous faites le contraire, vous réduisez les impôts des riches sous prétexte qu'ils investissent, et que ce serait bon pour l'emploi. Or, s'ils investissent, (quand ils investissent) c'est avec de l'argent gagné sur notre dos et pas  toujours en France. Ce sont des prédateurs.
Les économistes qui accordent le moins d’importance à la réduction de l’inégalité des revenus sont plutôt enclins à penser que les initiatives que pourraient prendre les Etats pour la réduire coûtent trop cher, ou même risque d’être contre-productives. Ces économistes du « libre marché » ont aussi le sentiment que les marchés laissés à eux-mêmes, sans interférence de l’État, sont efficaces, et que le meilleur moyen d’aider les pauvres consiste à laisser se produire, tout simplement, la croissance économique : d’une façon ou d’une autre, ses bienfaits ruisselleront jusqu’en bas de l’échelle sociale et toucheront les pauvres. (Notons avec intérêt que ces croyances persistent bien que la recherche en économie les ait privées de tout fondement intellectuel). Joseph Stiglitz  (2)
Certes, vous avez été élu selon les règles de nôtre Constitution. Mais même inscrite dans nôtre constitution l'élection présidentielle est une élection antidémocratique car une seule personne ne peut prétendre représenter la diversité du peuple de France. De même l'Assemblée nationale par son mode d'élection (scrutin uninominal à deux tours) ne peut être représentatif du peuple que seule une élection à la proportionnelle intégrale peut réaliser.
De plus votre programme n'a eu le soutien que de 18,2 % des inscrits au premier tour et avec des records d'abstention. Cela rend illégitime la casse des conquêtes ouvrières.
Le droit et la loi, telles sont les deux forces ; de leur accord naît l'ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes…La persistance du droit contre l'obstination de la loi toute l'agitation sociale vient de là. (Victor Hugo 1875).
« Il ne faut point faire qu'il (le peuple) convienne aux lois, il vaut mieux faire en sorte que les lois lui conviennent ». St Just.
« Les riches se croient fort nécessaire aux malheureux ; et lorsqu’ils en occupent un grand nombre à leurs ateliers ils disent avec une sorte de jactance qu’ils font vivre beaucoup de monde. Ils devraient dire qu’il faut beaucoup de monde pour les faire vivre dans leur opulent loisir »
Pierre Dolivier, curé, 1793.
« Le capitalisme sur lesquels les sociétés modernes se sont engagées, nous savons maintenant que c’est une voie sans issue. Il nous faut réfléchir à d’autres formes de fonctionnement du marché, que les capitaux servent à ce que le plus grand nombre profite de la richesse générale, loin de la domination de l’argent… C’est très dangereux de privatiser. Le CNR a marqué la nécessité de laisser dans le domaine public ce qui relève du bien commun.».
Stéphane Hessel, Résistant, Déporté, Diplomate, co-auteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’Humanité du 4 novembre 2009.
« Les malheureux sont les puissances de la terre. Ils ont le droit de parler en maître aux gouvernements qui les négligent » Saint-Just.
Michel Cialdella

1) Recueil d'écrits de Pierre Laroque, p. 88. Publié en 2005 par le Comité d'histoire de la sécurité sociale.
2) Vos propos

3) « Un autre monde contre le fanatisme du marché ». Joseph Stiglitz, Éditions fayard septembre 2006

mardi 10 octobre 2017

Et si les libéraux arrêtaient le délire antifonctionnaires.



À Grenoble ils étaient nombreux à manifester contre la politique du gouvernement. Pour la revalorisation des salaires, contre la suppression de postes. Le mépris ça suffit !

Que cela plaise ou non aux libéraux, les fonctionnaires ne sont pas un coût. Il crée de la valeur économique reconnue dans le PIB. Bernard Friot cite souvent l'exemple suivant :
Pour la classe dirigeante si un particulier ton son propre gazon : c'est du loisir. Si il fait appel à une entreprise privée c'est du travail. Si un fonctionnaire territorial-t-on un gazon municipal c'est un coût. Pourtant il s'agit du même travail. Seulement voilà, derrière le travail d'un fonctionnaire il n'y a pas le profit.

Les États-Unis champion du libéralisme ont besoin de secteurs ne recherchant pas le profit. D'où l'importance  de ce que les Américains appellent les non-profit organisations. Elles rassemblent 11 millions de salariés, 7 % de la population active, et pèsent même, depuis 1993, davantage que l'État fédéral dans l'emploi et dans le PIB américain ! (*)

Ce fait est délibérément passé sous silence.
Michel Cialdella



*) Le libéralisme n'a pas d'avenir. Guillaume Duval, éditions la découverte. 2003.

























Courageux les "anars" ils affichent des slogans provocateurs 
et ils se cachent !


mercredi 4 octobre 2017

Qui donc fout le bordel ?



Emmanuel Macron, président de la République s'est de nouveau distingué en insultant les travailleurs de GM&S qui défendent leur emploi : au lieu de f… le bordel il ferait bien(1)
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Dans son discours sur les subsistances le 2 décembre 1792, Robespierre déclarait :
« Des millions au ministre dont il était défendu de lui demander des comptes, des primes qui tournaient au profit des sangsues du peuple ; la liberté indéfinie du commerce, et des baïonnettes pour calmer les alarmes pour apaiser la faim, telle fut la politique volonté de nos premiers législateurs.
… la liberté du commerce est nécessaire jusqu'au point où la cupidité homicide commence en abuser ; l'usage des baïonnettes est une atrocité …
… les auteurs de la théorie (libérale) n'ont considérée les denrées les plus nécessaires à la vie que comme des marchandises ordinaires … ils ont plus disserté sur le commerce des grains que sur la subsistance du peuple….
Ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants des propriétaires et la vie des hommes à peu près pour rien. (2) »
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214 ans plus tard, l'économiste américain Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie écrit, à propos de la théorie du ruissellement : « Les économistes qui accordent le moins d’importance à la réduction de l’inégalité des revenus sont plutôt enclins à penser que les initiatives que pourraient prendre les Etats pour la réduire coûtent trop cher, ou même risque d’être contre-productives.
Ces économistes « du libre marché » ont aussi le sentiment que les marchés laissés à eux-mêmes, sans interférence de l’État, sont efficaces, et que le meilleur moyen d’aider les pauvres consiste à laisser se produire, tout simplement, la croissance économique : d’une façon ou d’une autre, ses bienfaits ruisselleront jusqu’en bas de l’échelle sociale et toucheront les pauvres. (Notons avec intérêt que ces croyances persistent bien que la recherche en économie les aient privées de tout fondement intellectuel) ». (3)

1) Entendu dans le 19/20 sur FR3 ce mercredi 4 octobre 2017.
2) Robespierre : discours sur les subsistances, le 2 décembre 1792
3) « un autre monde contre le fanatisme du marché » Joseph Stiglitz éditions Fayard 2006.


mardi 26 septembre 2017

Non madame la Ministre !

Non madame la Ministre !
Vos solutions ne sont pas le moyen de mieux prendre en compte les besoins sociaux. Car le marché est incompatible avec la qualité des soins.
Jusqu'en 1996 le parlement ne s'occupait pas du budget de la Sécu. Le financement par subvention grâce à la cotisation sociale a permis le développement des CHU et a fait de la France le meilleur système de santé au monde.
Depuis, les hôpitaux se financent en empruntant sur les marchés financiers est c'est la catastrophe ! En 1996 et en année pleine, les intérêts représentaient 35 millions de francs soit environ 7 millions € de 2016.
Toujours en 1996 Balladur augmente la TVA de 2%. Coût pour le CHU de Grenoble 5 à 6 millions de francs en année pleine (environ 1 million € de 2016). Vous avez dit "économie" ?
Notez au passage que les représentants des assurés (administrateurs CPAM) ne siègent plus dans les conseils d'administration des hôpitaux et que la Sécu est quasiment étatisée. Alors la solution est simple : rendez-nous la Sécu qui au départ est une propriété sociale gérée par les intéressés. Faites cotiser les entreprises et ne vous occupez plus de faire voter un budget qui met les hôpitaux à genoux.
Pierre Laroque qui n'était pas un bolchevik, écrivait en 1946 (*) : « Si l'on va au fond des choses, il n'y a pas de différence profonde entre la contribution de l'employeur et la contribution du bénéficiaire. En effet, la contribution de l'employeur est, en réalité la contribution de l'entreprise. Et toute l'évolution économique et sociale aujourd'hui tend à associer les travailleurs à la gestion des entreprises et par la même doit les conduire à considérer que les deniers de l'entreprise sont en même temps les leurs, et que ce qui est versé par l'entreprise est versé par eux, ce qui est d'ailleurs dans une certaine mesure, la vérité. Nous entendons ainsi réaliser le plan de sécurité sociale sans rien demander au budget en demandant tout à l'effort désintéressé et des entreprises ».
Michel Cialdella
ex-administrateur de la CPAM et du CHU de Grenoble

*) (Recueil d'écrits de Pierre Laroque, la documentation française mai 2005.

adressé par courriel le 26 septembre 2017 à 19 h 45

dimanche 17 septembre 2017

Que s'est-il passé depuis 2015 ?



Retenez-moi ou je fais un malheur !

Dans l'hebdomadaire l'"Humanité Dimanche" Jean-Claude Mailly,  secrétaire général de Force ouvrière, accordait un entretien à l'hebdomadaire l'Humanité Dimanche du 29 au 4 février 2015. Au cours de cet entretien il déclarait :
« l'austérité est triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement. On l'a vu avec l'ANI ou l'allongement de la durée de cotisation des retraites : l'austérité conduit à la remise en cause de droits sociaux. Essai politique libéral que l'on nous présente comme nécessaire réduire les déficits publics ne font qu'aggraver la situation ».
« L'économie n'est pas une science, c'est une politique, et il n'y a pas qu'une politique possible ».
« Comme l'ANI et la loi Macron, la négociation sur le dialogue social était inspirée de la même logique libérale : « laissez-nous licencier, après on embauchera » un syndicat qui aurait signé ça n'aurait plus qu'à adhérer au Medef. Comment peut-on accepter de remettre en cause les CHSCT et le monopole syndical sur la négociation collective ? »
En 2017 c'est pire et il est satisfait ! On ne comprend plus…ou alors que nous cache-t-il ?


Michel Cialdella

















mercredi 6 septembre 2017

"Anxiogène" vous dis-je !


Le journal L'Humanité du 4 septembre 2017 nous apprend que le CAC 40 est en passe de battre tous les records de profits avec 52 milliards au premier semestre, en hausse de 26,5 %, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés.

Pour Sanofi le profit est en hausse de 200 % ! Et cela malgré un code du travail anxiogène, comme dirait Gattaz qui n'a pu s'offrir qu'une demeure et un vignoble à 11 millions d'euros.
Ne changez rien pour eux ! Mais pour nous il faut tout changer !

Le 12 septembre tout dans la rue.

Michel Cialdella

vendredi 1 septembre 2017

Vous avez dit "dialogue social" ?


Pratiqué depuis déjà plusieurs gouvernement il s'apparente plutôt à "cause toujours je n'en ait rien à faire". Les gouvernements Sarkosy,  Hollande / Macron ont souvent "dialogué" à l'aide des matraques…
Selon le RAIDH - (Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme), la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France pour torture et traitements inhumains commis par des policiers à plusieurs reprises.
… le respect par la France de son obligation de protéger ses citoyens contre les violences policières n’est toujours pas devenu une réalité. Notre pays est donc tristement responsable de torture et de traitements inhumains commis par ses représentants...
La Convention européenne des droits de l’Homme souligne, en effet, à son article 3 que : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ».
Le phénomène des violences policières en France est donc largement connue de la Cour européenne des droits de l’Homme. La France, « patrie des droits de l’Homme », fait figure de mauvaise élève en la matière. A ce petit jeu, dépassera-t-elle un jour la Turquie ? (1)
Selon Libération du 30 juin 2016.
Fin avril, une Mission civile d’information a été décidée par un ensemble de journalistes, citoyens et députés afin d’évaluer les violences policières lors des manifestations contre la loi travail. Leur rapport, long de 80 pages, et publié mercredi sur le site de Reporterre, énumère de nombreux témoignages et entretiens réalisés à Rennes, Paris, Toulouse et Nantes.(2)
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Violences policières : l’ONU met la France à l’amende

Un rapport du Comité contre la torture des Nations unies fustige l’usage « excessif » de la force employée par les représentants de l’ordre ces derniers mois. (3)






Sources :
2) Libération du 30 juin 2016
3) Le Point.fr le 15/05/2016

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Quel est l'intérêt pour les travailleurs de "dialoguer" avec les ennemis de classe même baptisés partenaires sociaux ? L'Histoire nous montre qu'aucune avancée sociale n'émane d'un quelconque "dialogue" mais toutes les conquêtes sociales sont le résultat de luttes et de rapport de force qui débouchent sur une négociation.
On a souvent entendu les représentants patronaux clamer ne pas vouloir "négocier à chaud"…cette bonne blague ! Parce que là nous gagnons.
A bon entendeur, salut.
Michel



mercredi 30 août 2017

L'enfer du miracle allemand..



Les thuriféraires du modèle allemand feraient bien de lire l'article d'Olivier Cyran dans
Le Monde diplomatique de septembre 2017.
Sous le titre L'enfer du miracle allemand..
La population allemande… n'a jamais compté aussi peu de demandeurs d'emploi. Ni autant de précaires. Le démantèlement de la protection sociale au milieu des années 2000 a converti les chômeurs en travailleurs pauvres. Ces réformes inspirent la refonte du Code du travail que le gouvernement français cherche à imposer par ordonnance.
Tout va pour le mieux en Allemagne : retraite inférieure à 500 € par mois, jobs à un euro de l'heure… 4 millions d'actifs survivent aujourd'hui encore avec un mini job plafonné à 450 € par mois.
Monsieur Hartz ministre qui a donné son nom à ses lois rétrogrades jouit d'une réputation flatteuse en France. Mais en Allemagne on n'a pas oublié sa condamnation en 2007, à deux ans de prison avec sursis et à 500 000 € d'amende pour avoir acheté la paix sociale chez Volkswagen en arrosant des membres du comité d'entreprise de pots-de-vin, de voyages sous les tropiques et de prestations de prostituées. De sorte que plus personne ne veut entendre parler de lui. Pour trouver un auditoire toujours disposé à l'applaudir, l'ex-directeur des ressources humaines se réfugie en France.
Le Mouvement des entreprises de France (Medef ) l'invite régulièrement, et Monsieur François Hollande, qui l' a reçu lorsqu'il était président, aurait songé à l'inclure parmi ses conseillers.
C'est désormais à Monsieur Macon qu'il réserve ses oracles, par presse interposée *
Victor Hugo avait bien raison "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches".


*Peter Hartz : « lettre à Emmanuel Macon », Le Point, Paris 21 juin 2017

mardi 29 août 2017

Sondage



Selon une enquête Odoxa pour RTL (l'Humanité du 29 août 2017) 63% des sondés la réforme par ordonnance du droit du travail est une mauvaise idée. Cependant pour 56% le Code du travail tel qu'il est reste un frein à l'embauche.
Il faut dire à ces 56% que le frein à l'embauche c'est le capitalisme qui n'assume plus sa fonction d'employeur…..( auto entrepreneur, Ubérisation…travail dissimulé…etc)


Travail dissimulé, c’est un nouveau record : en 2011, les Urssaf, les organismes chargés de collecter les cotisations sociales, ont enregistré 220 millions d’euros de redressement pour des fraudes concernant le travail illégal. 7,3% des entreprises pratiquent la fraude au travail illégal.

lundi 28 août 2017

Il y en a marre des "emplois aidés" !




Cette expression qui n'a aucun sens, est pour le moins choquante. Qui dit emploi sous-entend travail. Et nous sommes quelques-uns à savoir que c'est le travail humain n'est pas un coût. Il est créateur de valeur économique et c'est même le seul moyen. Par contre, celui qui a décidé de les supprimer ne créé pas de valeur économique et pour le coup c'est un emploi aidé. Va-t-il supprimer son emploi qui nous coûte si cher ? Pas sûr !

Alors ne revendiquons pas des "emplois aidés" mais des emplois publics pérennes.

dimanche 27 août 2017

À propos de l'impôt : ne racontons pas n'importe quoi.



Selon le journal "Les Echos.fr" du 18 juillet 2017 : 42,8% des ménages paient l'impôt sur le revenu. Si l'on en reste là, on n'est soit mal informé soit malhonnête. En effet  l'impôt sur le revenu en France il est étalé sur 5 tranches.
C'est-à-dire que personne ne paie d'impôt jusqu'à la première tranche.
Exemple pour l'année 2015 pour un couple (2 parts) 26 277 nets imposables. Cela c'est pour tout le monde. Les plus aisés ne paieront l'impôt sur le revenus qu'au-dessus de cette somme.
Les plus modestes sont exonérés de l'impôt sur le revenu et seulement de l'impôt sur le revenu. Or l'impôt le plus important et le plus injuste c'est la TVA qui proportionnellement aux revenus coûte plus cher aux ménages les plus modestes.
En 2015 l'impôt sur le revenu c'est 77 milliards €, la TVA c'est 193 milliards € (deux fois et demie plus), et l'impôt sur les sociétés 58 milliards € (3,3 fois moins).
Ajoutons à cela que des grandes entreprises comme Total de ne paient pas d'impôts sur les sociétés en France ! Que l'évasion fiscale (les plus riches) fait perdre 80 milliards d'euros à l'État !
Ceci étant précisé, le calcul de l'impôt sur le revenu est injuste car il favorise les plus riches qui disposent de "niches fiscales" leur permettant de diminuer leur contribution au budget de l'État (Hôpitaux, école, stades, services publics, etc…).
Pour une meilleure justice fiscale, il faut augmenter le nombre de tranches (en France nous en avons eu jusqu'à 14) afin de faire payer plus ceux qui gagnent beaucoup plus et de répartir plus équitablement l'impôt sur le revenu. Aux États Unis à l'époque du président Roosevelt la dernière tranche était imposée à 90% , personne n'en est mort et le pays a connu un essor sans précédent !
Il y a encore mieux c'est la socialisation du PIB, mais cela fera l'objet d'un autre texte.
En ce qui concerne les députés, ils ont voté la suppression de leur indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) avec en remplacement un nouveau système de remboursement sur justificatifs. Ce changement amène une suppression de la cotisation sociale généralisée (CSG) pour les parlementaires dans un contexte où elle devrait augmenter d'1,7 point pour l'ensemble des Français en 2018. Un député y voit là une "exonération d'impôt inexplicable" (c'est aussi mon avis)
Dans l'ancien système, l'IRFM*, les députés touchaient une indemnité de 5.840 € bruts par mois de laquelle étaient déduits 438€ de CSG et 29,20€ de CRDS*. Soit 467,20€ mensuels d'impôt sur les frais de mandat.
En matière de fiscalité c'est comme pour tout,  il faut savoir de quoi on parle.

Michel Cialdella
le 27 août 2017

mercredi 28 juin 2017

La démocratie euthanasiée.


Lu dans l'Humanité du mardi 27 juin 2017.

La démocratie euthanasiée.

Par Guillaume Foutrier, doctorant et professeur d'histoire-géographie.

 « Vague Macron » pour La Croix, « Macron en marche » pour le Figaro « l'effet Macron » pour les Échos… les quotidiens ont rivalisé de titres ronflants pour qualifier les résultats du premier tour des législatives, mais aucun, hormis l'humanité, n'a fait sa une sur l'événement bien plus considérable dans notre histoire politique : le taux d'abstention de 51,29 % n'est pas seulement le plus élevé de la Ve République ; il bat en réalité-et de très loin tous les records d'abstention aux élections législatives depuis l'instauration du suffrage universel en 1848 !
Un tel chiffre n'est pas seulement l'énième illustration du malaise politique des dernières décennies. Il ne s'agit pas ici d'élections locales ou européennes, dont les taux de participation sont traditionnellement faibles, mais de ce qui fait le cœur des régimes démocratiques apparus au XIXe siècle : l'élection du Parlement, par laquelle le peuple souverain élit ses représentants pour voter les lois. On ne manquera pas, dans les prochains jours, de développer le niveau d'abstention et de gloser sur la « crise » de notre démocratie. Pourtant, ce qui se dessine aujourd'hui, ce n'est pas simplement une « crise », telle que la France en a connu à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930 ; c'est plus profondément une lente euthanasie de la démocratie et l'épuisement d'un cycle politique ouvert il y a près de 50 ans. Le Parlement, certes inchangé dans sa forme, n'est plus l'objet d'un investissement collectif, celui des citoyens qui sont censés lui donnés sa légitimité : ainsi meurent les institutions. Ce sont alors la démocratie parlementaire et, avec elle, la souveraineté du peuple qui disparaissent insidieusement sous nos yeux.
Beaucoup j'ai Miron, comme d'habitude, sur l'apathie des Français et leur manque de « sens civique ». Mais les abstentionnistes montrent en faite bien plus de raison qu'on n'en dit : pourquoi en effet aller voter pour élire un parlement dont on a compris désormais, sans le moindre doute possible, qu'il n'était qu'une caisse d'enregistrement des décisions du pouvoir exécutif, des cabinets ministériels et des directeurs d'administration ? Les Français ne font que tirer intuitivement les leçons d'un régime présidentialisé. Ils comprennent aussi que cette élection sans enjeu ne changera rien à leurs conditions de vie. Il est évident, au regard de la géographie des votes (des taux d'abstention de 60 à 70 % dans les quartiers populaires), que ce retrait du peuple de la politique est d'abord un retrait des couches populaires. Chemin faisant, sans bruit et sans coup férir, notre régime électoral et donc aussi devenu censitaire.
En transformant les législatives en une pâle validation du résultat des élections présidentielles, la réforme du quinquennat (en 2000) et l'inversion du calendrier électoral (en 2001) ont contribué directement à cette explosion du taux d'abstention et amplifier les logiques présidentielles liste de la Ve République : l'abaissement du pouvoir législatif et la boursouflure toujours plus monstrueuse du pouvoir exécutif.
Le scandale des assistants parlementaires, qui nourrit aujourd'hui les envolées présidentielles sur la « moralisation de la vie politique », au culte l'autre vrai problème : les moyens du Parlement sont faibles au regard de ce dont bénéficient les ministères, sur l'immense force de travail et d'expertise des administrations centrales. Aussi le souhait du nouveau président et de réduire d'un tiers le nombre des parlementaires devrait-t-il accentuer, sous l'argument fallacieux de la « modernisation politique », l'effacement complet de la démocratie parlementaire au profit d'une « démocratie exécutive » (1) qui n'a cessé de se renforcer depuis les guerres du XXe siècle et la constitution de 1958.
Plus que jamais, le suffrage universel tend à devenir un alibi et notre Parlement une institution croupion, le résidu d'un régime qui n'a de démocratique que le nom et n'a comme réalité que la loi de l'argent, le triomphe des riches et l'expertise des technocrates. Faut-il que 60 ans de présidentialisme est à ce point intoxiqué les esprits et perverti la culture démocratique pour qu'un tel crime politique ne soit pas dénoncé sans relâche ?




(1) Nicolas Roussellier, la force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècle. Gallimard 2015


mercredi 21 juin 2017

Vous avez dit « légitime » ?



Trop peu de gens remettent en cause la légitimité du président de la République.
Je suis de ceux-là. En effet au premier tour seuls 18,3 % des inscrits ont voté "pour" Emmanuel Macon. Au deuxième tour , il a recueillis 43,61 % des inscrits dont beaucoup ont surtout voté contre Marine Le Pen et il y a eu 22,23% d'abstention.
L'élection du président de la République au suffrage universel direct est une élection antidémocratique. Comment un seul individu (homme ou femme) peut-il représenter la diversité du peuple de France ?
Nous avons un président dont seulement 18,19 % des inscrits et 24,01% des exprimés ont voté pour lui au premier tour, et au deuxième tour il est élu avec 25,44 % des inscrits.
Ce Président ainsi mal élu, nomme un gouvernement…
Viennent les élections législatives. Au premier tour où "La République en marche",  le parti du président "Malélu", obtient 28,21 % des inscrits et l'abstention s'élève à 51,30 %.
Au second tour des législatives La République en marche recueille  16,55 % des inscrits et 43,06 % des exprimés, mais obtient quand même 53 % des sièges (sans aucun ouvrier), avec 57,36 % d'abstention !
Avec ce score Emmanuel Macron va entreprendre une démolition du code du travail (déjà bien entamée sous le gouvernement Hollande) et de la Sécurité Sociale.
Rappelons ce qu'écrivait Jean-Jacques Rousseau dans « Du contrat social » : « Le peuple soumis aux lois doit en être l’auteur…la puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui ». Nous en sommes loin !
Il faut remettre en cause la Constitution qui permet cela. Cette constitution qui postule que le « peuple est souverain » mais permet à un quasi monarque d'avoir des pouvoirs étendus, comme par exemple déclencher une guerre sans même en référer à la représentation parlementaire.
« Toute la vie politique est, aujourd'hui en France, déterminée par l'élection présidentielle. Il s'ensuit un appauvrissement considérable du débat politique et une perversion de la démocratie, objet de manipulation à grande échelle ».(Anicet Le Pors) (1).
C'est donc cela qu'il nous faut changer. Il faut convaincre autour de nous que ce gouvernement n'a pas la légitimité pour détruire les conquêtes ouvrières. De ce point de vue, le gouvernement légitime les luttes du peuple.
Comme l'écrivait déjà Gracchus Babeuf : « Nos députés ne pourront avoir aucun Droit qu'ils ne détiennent de nous, ne devront jamais s'en arroger de leur propre autorité…Ils ne pourront jamais s'écarter de la lettre de leurs mandats…; ils ne pourront pas substituer leur volonté individuelle à celle de leurs commettant ».
Je suis d'accord avec Anicet le Pors lorsqu'il dit :
« La légitimité populaire émane du corps législatif, élu selon un scrutin égal c’est-à-dire à la proportionnelle, car c’est à la politique et non à la technique de faire les majorités. Il ne saurait en effet y avoir de légitimité concurrente émanant du même suffrage universel. L’argument selon lequel il faudrait tenir compte de l’idée que l’on se fait de la prétendue adhésion du peuple français à l’élection du président de la République au suffrage universel n’est que l’expression d’une résignation politique, indigne de notre histoire ».
Notre système organise l’intronisation d’un individu par le suffrage universel afin de lui conférer le maximum de pouvoir ! En guise de modernité, c'est le retour au 18e siècle !
« En tout état de cause, si c’est cela, la « modernité » d’un système – élire un guide à suivre en toute circonstance – alors nous plaiderions volontiers pour un peu d’archaïsme dans nos institutions ». (P. Brunet et A. Le Pillouer). (2)
Michel Cialdella

1) les racines et les rêves. Anicet le Pors. Éditions "le télégramme". 2010.

2) http://www.laviedesidees.fr/Pour-en-finir-avec-l-election.html

mercredi 14 juin 2017

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir nous redresser !




En cette période de campagne électorale, les candidats, en commençant par ceux de « la république en marche », censés faire de la politique autrement utilisent les mêmes mots et les mêmes recettes qui ont fait la preuve de leur inefficacité depuis plus de 40 ans. Bel exemple de marche arrière !

En effet, Raymond Barre, premier ministre de Chirac en 1976, sans doute le premier nous a saoulés avec « La compétitivité des entreprises » censée être le dogme absolu dans un pays pourtant champion du monde de la productivité du travail. 

De redressement en redressement, d'allégements de cotisations en allégements d'impôts, nous avons 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres. Des entreprises délocalisent après avoir touché des fonds publics. Les plus grosses fortunes refusent de contribuer au développement du pays et pratiquent l'exil fiscal privant la nation de 80 milliards d'euros chaque année.

Alors qu'entre 1949 et 2015 le PIB a été multiplié par 7,96 (valeur 2010).

Que disent alors "Les républicains "et autres "marcheurs": « bla-bla la compétitivité des entreprises, bla-bla faut redresser la France bla-bla il faut libérer les entreprises ». Ah bon ! Je ne savais pas qu'elles étaient en prison….

Tous ces perroquets qui répètent en boucle : « baisse des charges ! » feraient bien de réviser (ou d'apprendre) l'histoire récente.

Dès 1948, le CNPF, à peine organisé, soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays »

le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris affiche un diagnostic sans appel : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie une charge considérable. »

En 1949, Paul Reynaud (président du conseil, aujourd'hui on dirait premier ministre) dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ».
Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux, car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont eux-mêmes appelé  les « Trente glorieuses ».

Ce qui faisait dire à ce bolchevik de Pierre Laroque : pendant ces 30 années, on a redressé l'économie permettant des progrès considérables, ce qui prouve bien d'ailleurs que les dépenses sociales n'ont pas nui à l'effort économique. La France s'est enrichie, les salaires se sont élevés et il est rentré de l'argent dans les caisses. Donc, on n'a pas eu de difficultés financières réelles pendant toute cette période. (1)

Quant à Catherine Mills, économiste de la protection sociale : « Au lieu de faire des économies sur les dépenses sociales, sur le travail vivant, la revalorisation de la place des dépenses pour les hommes serait une source de rentabilité sociale bien supérieure et finalement permettrait des économies sur les dépenses liées aux gâchis sociaux capitalisme et de sa crise ».

« Il nous semble qu'une issue réelle à la crise et la marche vers un autre type de développement impliquent d'en finir avec la coupure économique-sociale, avec la primauté de l'économie sur le social. À notre avis, le nouveau type de développement n'est possible que si le progrès social devient le moteur » (2).

Un autre bolchevik, Joseph Stiglitz, écrit dans le triomphe de la cupidité : «Toutes les dépenses n'ont pas le même multiplicateur : si l'argent sert à payer des contractants étrangers … si l'on réduit les impôts des riches, ils épargnent une grande partie de ce qu'ils reçoivent. Si l'on augmente les indemnités de chômage, le multiplicateur est élevé, parce que ceux qui se trouvent soudain à court de revenus vont dépenser pratiquement chaque dollar qu'on leur versera ». (3)
Michel CIALDELLA

Notes
1) Pierre Laroque, entretien avec la revue le "Droit ouvrier" en octobre 1995.
2) l'économie de la sécurité sociale ; par Catherine Mills - 1981
3) Le triomphe de la cupidité ; Joseph Stieglitz-2010