mercredi 6 décembre 2017

Réplique à Jean-Guy Noyer.
Dans un court article attribué à Jean-Guy Noyer intitulé « Sur ordre de Robespierre » ce monsieur trace un tableau effrayant de celui que les sans culottes nommaient "l'incorruptible".
En un an de "pouvoir" il aurait, entre autres, fait monter sur l'échafaud des milliers de citoyens, il serait responsable du massacre des Girondins et du génocide de 300 000 vendéens.



Décidément Jean-Guy n'a peur de rien ! Sauf de dire des énormités non étayées par des références historiques. En histoire c'est la moindre des choses.
Quelques exemples. Extrait du livre de Slavoj Zizek : Robespierre entre vertu et terreur. Éditions stock mars 2008.
Robespierre était un pacifiste : « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés… ». Voir les invasions coloniales de la France…
Robespierre sur les subsistances (2 décembre 1792)
 « Dans tous pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être qu'un imputer aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.
Les auteurs de la théorie (les libéraux de son époque) ont considéré les denrées les plus nécessaires à la vie que comme marchandises ordinaires et n'ont mis aucune différence entre le commerce du blé, par exemple, est celui de l'indigo ; ils ont plus disserté sur le commerce des grains, que sur la subsistance du peuple ;
Robespierre sur le procès du roi (3 décembre 1792).
« Louis a été détrôné par ses crimes ; Louis dénonçait le peuple français comme rebelle ; il a appelé, pour le châtier, les armes des tyrans ses confrères ; la victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle. : Louis ne peut donc être jugé ; il est déjà condamné ou la République n'est point absoute ».

« Pour moi, j'abhorre la peine de mort prodiguée par vos lois ; et je n'ai pour Louis ni amour ni haine ; je ne vais que ces forfaits. J'ai demandé l'abolition de la peine de mort à l'assemblée que vous nommez encore constituante ; et ce n'est pas ma faute si les premiers principes de la raison lui ont paru des hérésies morales et politiques. Mais vous, qui ne vous avisâtes jamais de les réclamer en faveur de tant de malheureux dont les délits sont moins les leurs que ceux du gouvernement, par quelle fatalité vous en souvenez-vous seulement pour plaider la cause du plus grand de tous les criminels ? Vous demandez une exception à la peine de mort pour celui-là seul qui peut la légitimer. Oui, la peine de mort, en général est un crime, et par cette raison seule que, d'après les principes indestructibles de la nature, elle ne peut être justifiée que dans les cas où elle est nécessaire à la sûreté des individus ou du corps social ».
Robespierre sur les principes de morale politique. Discours du 5 février 1794.
« Dans le système de la révolution française, ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contre-révolutionnaire. La faiblesse, les vices, les préjugés sont le chemin de la royauté ».
« Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie ».
Discours du 8 thermidor an II.
« Il m'appelle tyran… si je l'étais, ils ramperaient à mes pieds, je les gorgerais d'or, je leur assurerais le droit de commettre tous les crimes, et ils seraient reconnaissants. Si je l'étais, les rois que nous avons vaincus, loin de me dénoncer (quel tendre intérêt ils prennent à nôtre liberté !) Me prêteraient leur coupable appui ; je transigerais avec eux. Dans leur détresse, qu'attendent-ils, si ce n'est le secours d'une faction protégée par eux, qui leur vende la gloire et la liberté de notre pays ? On arrive à la tyrannie par le secours des fripons ; où courent ceux qui les combattent ? Au tombeau et à l'immortalité. Quel est le tyran qui me protège ? Quelle est la faction à laquelle j'appartiens ? C'est vous-mêmes. Quelle est cette faction qui depuis le commencement de la révolution a terrassé les factions, a fait disparaître tant de traîtres accrédités ? C'est vous, c'est le peuple, ce sont les principes. Voilà la faction à laquelle je suis voué, et contre laquelle tous les crimes sont ligués…
il y a deux puissances sur la terre, celle de la raison est celle de la tyrannie ; partout où l'une domine, l'autre en est banni. Ce qui dénonce comme un crime la force morale de la raison cherche donc à rappeler la tyrannie.…
Qui suis-je, moi qu'on accuse ? En esclaves de la liberté, un martyr vivant de la république, la victime autant que l'ennemi du crime.
Peuple, souviens-toi que, si, dans la république, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l'amour de l'égalité et de la patrie, la liberté n'est qu'un vain nom ! Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise ; toi, souverain reconnu, compterait toujours un esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, ce sont les patients des magistrats, et que le peuple a changé de chaînes, et non de destinées !
Et Robespierre terminait ainsi son dernier discours : je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n'est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie ; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera ».
Dans ses études sur Robespierre, éditions sociales 1988. Albert Mathiez écrit ceci :
dans le chapitre pourquoi nous sommes Robespierriste ?
Il nous semblait difficile d'admettre que l'homme d'État, qui jouit de son vivant d'une popularité immense, tel qu'il n'y en eut peut-être jamais, et dont la mort laissa un tel vide que la République fut ébranlée jusqu'à la base, n'aurait été qu'un politicien médiocre presque dénué de talent ; il nous semblait impossible de croire que celui que les sans-culottes surnommés l'incorruptible n'aurait été qu'un ambitieux sans scrupule qui n'aurait eu de la vertu que le masque.
Connaissant les vices du parlementaire, Robespierre préconise pour les prévenir des remèdes énergiques : les élections seront fréquentes, les représentants ne pourront être réélus qu'après un long intervalle, ils ne pourront être appelés au ministère ni aux fonctions à la nomination de l'exécutif. Ainsi ils ne seront pas de tenter de faire de leur mandat un métier. Le politicien professionnel lui paraît la plaie de la démocratie. « Si parmi nous les fonctions de l'administration révolutionnaire ne sont plus des devoirs pénibles, mais des objets d'ambition, la république est déjà perdue » (Maximilien Robespierre).
En faveur de la brièveté du mandat législatif il faisait valoir cet argument de bon sens qui n'a rien perdu de sa valeur : « Il faut que les législateurs se trouvent dans la situation qui confond le plus leur intérêt et leur vœu personnel avec celui du peuple ; or, pour cela, il est nécessaire que souvent ils redeviennent peuple eux-mêmes. Mettez-vous à la place des simples citoyens, ou de celui qui est sûr de n'être bientôt plus qu'un citoyen, ou de celui qui tient encore à son pouvoir par l'espérance de le perpétuer ? ». Pour que la démocratie existe véritablement, il ne faut pas en effet que le parlementaire se distingue du citoyen et qu'au-dessus de la nation se constitue un corps de professionnels de la politique. Si les députés étaient assurés de rentrer dans la vie privée après chaque législature, assisterions-nous à cette ruée de surenchère qui mine et démoralise le pays ?
Robespierre n'a que du mépris pour les hommes d'État, dont tout le savoir-faire consiste à se saisir du pouvoir et à s'y maintenir, coûte que coûte, « je n'aime point, s'écriait-il, le 17 mai 1791 dans son mémorable discours contre la réélection des constituants, cette science nouvelle qu'on appelle la tactique des grandes assemblées ; elle ressemble trop à l'intrigue, et la vérité la raison doive seules régner dans les assemblées législatives ». C'est parce qu'il dédaignait les manœuvres savantes des couloirs qu'il fut si facile à ses ennemis de préparer dans l'ombre le coût du 9 thermidor.
Nous avons fait la preuve que les premières accusations qui conduisirent à l'échafaud Hérault de Séchelles et Chabot, puis les Hébert ist, puis par voie de conséquence des Dantonistes eux-mêmes, tous considérés comme agents de l'étranger, ont été l'œuvre de Fabre d'Églantine.
Nous avons fait la preuve que Danton était derrière toutes les intrigues d'agiotage comme derrière toutes les intrigues de contre-révolution.
À ces quelques citations nous pourrions en ajouter quelques-unes prises dans le livre d'Alexis Corbière et Laurent Maffeïs « Robespierre revient ! » (Édition Bruno Leprince : « oser le citer et le défendre, c'est prendre aussitôt le risque en retour des pires insultes. Et, comme toujours, à travers lui, c'est la grande révolution qui est visée » (*)
Toutes les mesures d'exception appliquées en 1793-1794 sont loin d'être imputables au seul Robespierre. Il est même étranger à la plupart d'entre elles. Par exemple, certains tentent parfois de lui imputer les 2585 condamnations à mort prononcées par le tribunal révolutionnaire de Paris. Savent-ils que ce n'est pas Robespierre, mais Danton qui a été son initiateur ?
Quand il est lui-même victime d'un attentat orchestré par une illuminée, il s'oppose aussi à son exécution pourtant demander à cor et à cri par le reste du comité des sans-culottes.
Le 24 septembre 1791, il est l'un des premiers à réclamer pour les hommes de couleur les mêmes droits que pour les autres citoyens et affirme que si l'on proclame la liberté pour le peuple français, on ne peut pas la refuser à tous les autres hommes. Cette affirmation de l'unité du genre humain fournira la base théorique et politique de l'abolition de l'esclavage proclamé par la convention en 1794. Une conquête montagnarde que Napoléon s'empressera d'annuler avant que la république ne confirme « définitivement » l'abolition de l'esclavage en 1848.
Le 30 mai 1791, il réclame l'abolition de la peine de mort en ces termes : « écoutez la voix de la justice et de la raison ; elle vous crie que les jugements humains ne sont jamais assez certains pour que la société puisse donner la mort à un homme condamné par d'autres hommes sujets à l'erreur ».
Le 1er août 1793 il s'oppose à la proposition de Danton d'ériger le comité de salut public en véritable gouvernement détaché de l'assemblée, comme à l'idée de le doter d'un budget discrétionnaire.
On lui doit l'invention de ce qui deviendra en 1848 la devise républicaine « liberté-égalité-fraternité ».
Pour terminer ce texte, rappelons qu'Adolphe Thiers, quand il réprime la commune de Paris en 1871 fait exécuter 23 000 personnes pour la seule semaine sanglante. Malgré cela, il existe une rue Thiers dans la plupart des grandes villes de France et notamment à Grenoble.
Avec Jean Ferrat je dirais que ma France est celle qui répond toujours du nom de Robespierre. Et surtout pas celle de Napoléon (entre 1 et 7 millions de morts selon les sources *), ni celle des guerres de religions, ni celle du colonialisme ni celle de Philippe Pétain** le soi-disant vainqueur de Verdun.
En m'excusant d'avoir été aussi long.
Michel Cialdella







Bibliographie sélective.
Étude sur Robespierre par Albert Mathiez. Éditions sociales 1988.
Robespierre revient ! Alexis Corbière, Laurent Maffeïs - Préface de Claude Mazauric. Édition Bruno Leprince. 2012.
Robespierre : entre vertu et terreur. Slavoj Zizek. Éditions stock 2008.
Robespierre. Discourt sur la religion, la république, l'esclavage. Éditions l'aube. 2006.
Robespierre. La fabrication d'un monstre. Jean Clément Martin. Éditions Perrin. 2016.
Robespierre. Pour le bonheur et la liberté. Discours. Éditions la fabrique.2004.
Robespierre. Écrits. Présenté par Claude Mazauric. Éditions sociales. 1989.
Robespierre. Hervé Leuwers. Éditions fayard. 2014.
Maximilien. Le tribun de la constituante. Histoire de Robespierre. Marianne Becker. Édition le temps des cerises. 1998.
* Wikipédia.
** La vérité sur l'affaire Pétain. Henri Guillemin. Editions utovie / h.g. - 2012


lundi 4 décembre 2017

Dominique Tian rattrapé par sa fraude fiscale






L'Humanité du 4 décembre 2017.

Justice. Dominique Tian rattrapé par sa fraude fiscale.

L'ex débuté (LR) et premier adjoint au maire de Marseille a écopé de 12 mois de prison avec sursis, 300 000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité lors de sa comparution, vendredi dernier, en correctionnelle pour « omission dans sa déclaration de patrimoine » de 2012 et « blanchiment de fraude fiscale ». Celui qui se targuait de figurer parmi les 50 meilleurs députés de France et finalement rattrapée par la réalité. Celle de 2 millions d'euros placés dans 3 banques suisses, hors de portée de leur contribution à la solidarité nationale. Ces placements ont été dévoilés par la régularisation de sa situation fiscale dans le cadre de la circulaire Cazeneuve de 2013 et pour laquelle il a dû préalablement payer une amende de 664 000 €. Dominique Tian, qui se faisait remarquer en commission des affaires sociales avec son rapport zélé sur les fraudeurs aux ASSEDIC et « aux faux chômeurs qui coûtent 200 millions d'euros d'impôts », s'est vu interpeller par la présidente du tribunal : « ne trouvez-vous pas qu'il y a une forme de schizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et à dissimuler parallèlement des comptes en Suisse pour échapper à l'impôt ? ». Le jugement a été mis en délibéré au 26 janvier.


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Le député Tian et son compte en Suisse : déjà une semaine, ne les oubliez pas
24 AVR. 2015 PAR MATHILDE MATHIEU
Voilà déjà une semaine que le député UMP Dominique Tian a reconnu publiquement, contraint et forcé, avoir planqué un compte en Suisse pendant des années. Voilà déjà une semaine que ce pourfendeur patenté de la fraude sociale (celle des autres, celle des « gagne-petit » qui grugent le RSA ou les allocs) a confessé avoir soustrait plus de 1,5 million d’euros au fisc français, avant de profiter d’une circulaire indulgente pour rapatrier discrètement ses billes en 2014. Et rien ne se passe ou presque.

Une brève par-ci, par-là. Aucune manchette nulle part. Pas la moindre déclaration outrée d’un de ses collègues à l’Assemblée. En une semaine, le système politique et médiatique a digéré l’information comme si de rien n’était. Mithridatisé.
C’est la sixième fois –il est vrai- que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) saisit la justice d’un cas de parlementaire ayant « omis » de signaler des avoirs à l’étranger dans sa déclaration de patrimoine. Après un an et demi d’exercice, on confine déjà à la routine.
L’affaire semble pliée. Faute de villa cachée tape-à-l’œil (style Balkany) ou de démenti théâtral « en bloc et en détail » (façon Cahuzac dans l’hémicycle), l’histoire du député Tian ne mérite pas le JT de « 20 heures ». De toutes façons, son nom est inconnu au bataillon en dehors de sa circonscription -marseillaise qui plus est, ça relèverait presque du folklore.
Ce type de comportement instille pourtant un véritable poison. Comment les citoyens peuvent-ils accepter ce silence organisé, alors qu’un parlementaire, de ceux qui votent l’impôt, les barèmes et les crédits pour lutter contre l’évasion fiscale, a siégé pendant des années en se dérobant à ses obligations fiscales ?
« La fraude (…) ne constitue pas seulement une perte de ressources très importante et une masse considérable de dépenses injustifiées pour nos finances (…), elle est aussi source d’injustice, de déséquilibre économique et plus fondamentalement elle sape la confiance des assurés dans notre système de protection sociale, résumait récemment un député, dans un rapport sur la fraude sociale. Nos concitoyens, à juste titre en ces temps de crise, ne l’acceptent plus. » Ce député, c’était Dominique Tian.  
Avec lui-même, l’élu se montre aujourd’hui beaucoup plus indulgent. « C’est un problème familial et personnel », a-t-il relativisé lundi sur les ondes de France Bleue Provence, affirmant qu’il avait hérité cet argent de son père, se cherchant mille excuses. « C’est un problème européen parce que les banques suisses ont été extrêmement persuasives, c’est des comptes qui ont 40  ans ou 50 ans, a-t-il ajouté. J’ai régularisé ma situation comme 35 000 autres français. Vous savez, Bercy a ouvert une cellule spéciale qu’ils ont renforcée tellement y a de Français qui ont régularisé leur situation [via la circulaire dite Cazeneuve]. Tant mieux, ça veut dire qu’on résout un problème extrêmement empoisonnant pour beaucoup de gens. » Les Français doivent aujourd’hui le comprendre : détenir plus de 1,5 million d’euros outre-Léman, c’est un « problème extrêmement empoisonnant ».
Assez vite, le journaliste a enchaîné avec une question sur la création de la « prime d’activité » annoncée par François Hollande le week-end dernier, censée inciter les Français à travailler davantage. « C’est plutôt une bonne mesure que de récompenser les gens qui travaillent », a osé tranquillement Dominique Tian.
Au moins France Bleue a-t-elle interviewé le député. A part une dépêche AFP faiblement relayée sur les sites internet des journaux (et réduite à quatre phrases sur celui du Monde), c’est en effet le seul média, à notre connaissance, à l’avoir publiquement titillé.
L’avantage de cette sous-médiatisation, c’est qu’aucun collègue de Dominique Tian ne s’est senti obligé de répliquer en attaquant le travail de la HATVP. En novembre dernier, la précédente saisine de la justice relative à Bernard Brochand (UMP), Bruno Sido (UMP) et Lucien Degauchy (UMP), également détenteurs de comptes en Suisse pendant des années, avait déclenché des réactions outrées.
« On ne va pas tomber dans un régime de Gestapo quand même », avait lancé le sénateur Christian Cambon (UMP), remonté contre « cette espèce d’hallali qu’on lance contre les parlementaires »« J’ai bien compris que la Haute autorité et M. Nadal [son président] voulait se payer les parlementaires. Mais qu’on respecte la procédure et la présomption d’innocence ».
Quand les intéressés reconnaissent avoir dupé le fisc pendant des années, pourquoi attendre de savoir s’ils ont en plus commis un délit pénal en falsifiant leurs déclarations de patrimoine auprès de la HATVP ? Les épargner, c’est risquer de désespérer encore un peu plus les citoyens.

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samedi 25 novembre 2017

L'Histoire est riche d'enseignement pour l'avenir



« La vie ouvrière » Numéro 104 du 6 mars 1944.(*)
La lutte contre la déportation et le travail forcé plus intérieur que jamais. Victorieusement, les chaque entreprise vos milices patriotiques et vos groupes de francs-tireurs.
Les profiteurs de la défaite
Une vieille connaissance : le Comité des forges.
Par Julien Racamond, secrétaire de la CGT.
Nous avons en main la composition pour 1944 du « comité d'organisation de la sidérurgie » qui siège 7, rue de Madrid. Il suffit de lire la liste de ses membres, de voir ce qu'il représente dans l'industrie et la banque pour être définitivement fixé sur la « révolution nationale » de Vichy et sur le socialisme des nazis.
Jamais depuis son existence, le comité des forges, c'est État dans l'État, n'avait été doté d'une puissance plus grande. Jamais autorité plus insolente ne s'était affirmée que celle des organisateurs de la défaite et de ses profiteurs.
Il a fallu la pourriture soigneusement entretenue par les trusts dans les milieux munichois qui s'étaient introduits dans la CGT, pour que des Belin, des Dumoulin, Froideval et autres traîtres en arrivent à affirmer, sur l'ordre de leur maître, que les organisations patronales étaient dissoutes en même temps que la CGT.
La CGT a été effectivement dissoute et c'est clandestinement qu'elle a repris sa tâche et qu'elle dirige la classe ouvrière dans le combat. Les hommes du comité des forges n'ont pas eu besoin de se mettre martel en tête pour conserver et accroître leurs prérogatives. Belin, Pucheu, Laval, Bichelonne, Pétain ! Des marionnettes qu'ils animent à leur gré. Il leur fallait la peau de la CGT, on la leur a donnée. Du moins, on a cru la leur donner. Ils voulaient davantage. Les moyens et petits industriels les gênaient. Par les moyens ordinaires, leur élimination était trop lente. Grâce à la dictature des « comités d'organisation » leur étranglement s'accélère. Petits patrons, vous avez travaillé toute une vie à mettre debout votre petite entreprise, vous êtes un anachronisme. Un patron qui travaille encore, qui sait ce qu'est une usine, qui met la main à la pâte ! Qu'est-ce que cela vient faire au XXe siècle. Disparaissez, devenez vous aussi des salariés, des esclaves. Faites place aux rois des conseils d'administrations. De Wendel, Laurent, Petiet, le baron Ampin s'y connaît mieux que vous dans la gestion des affaires. Et puis, ils ont une « qualité » que vous ne possédez pas : l'absence de scrupules dans la conduite des affaires.
Vous auriez pu, comme eux, vous roulez roupiller des bourreaux de la France. L'argent gagné en fric autant avec l'ennemi vous eut brûlé les mains. Regardez vos fossoyeurs. Ils prospèrent là où vous auriez végété par scrupules patriotiques. Ils reçoivent des mains des nazis, des milliards que ceux-ci volent à notre peuple. Il faut être un coffre-fort pour faire cela. Vous ne l'êtes pas, mais eux le sont. Lisez plutôt la liste de ses personnages :
le président et Jules Aubrun, il représente 5 sociétés, l'électricité, les pétroles, les constructions mécaniques, les sociétés coloniales, les transports, il représente aussi 910 millions. Les membres sont : Fernand Balthazar, deux sociétés 268 millions ; Noël Baugrand, une société, 180 millions ; Joseph de Beco, une société 105 millions ; Pierre Cholat, une société 37 millions ; René Damiens, une société 82 millions ; Marcel Dumuis ; 2 sociétés 121 millions ; André Grandpierre, une société 175 millions ; baron Pierre Hely d'Oissel, 10 sociétés 502 millions ; Jules Lange, 2 sociétés 40 millions ; Théodore Laurent, 16 sociétés 2067 millions ; Georges Lenormand, 2 sociétés 243 millions ; Jacques lente, 4 sociétés 150 millions ; Jean Maroger, 10 sociétés 1444 millions ; Paul Morand, 2 sociétés 110 millions ; Jacques de Nervo, 3 sociétés 101 millions ; Paul Nicou, 2 sociétés 760 millions ; G.J. Painvain, 2 sociétés 340 millions ; baron Ch. Petiet, 3 sociétés 340 millions ; Hector Petin, 5 sociétés 480 millions ; Jean Haty, une société 156 millions ; baron X. Reille, 3 sociétés 90 millions ; Charles Schneider, une société 15 millions ; Jules Simon, une société 1 million ; Jacques Taffanel, 2 sociétés 63 millions ; André Vicaire, 2 sociétés 148 millions ; François de Wendel, 2 sociétés 54 millions ; Humbert de Wendel, 4 sociétés 552 millions.
Le tout représente la bagatelle de plus de 9 milliards, mais ce sont 9 milliards d'avant-guerres. Chacun sait que ces messieurs ont augmenté le capital de leur entreprise, en se distribuant gratuitement des actions nouvelles, chacun sait que des sommes formidables, destinées à masquer les bénéfices, ont été versées aux réserves. C'est sans doute, actuellement, une centaine de milliards que représente le Comité d'organisation de la sidérurgie, alias Comité des forges. On n'y trouve de tout dans ce comité. La banque, les assurances, la métallurgie, les mines, les transports, l'électricité etc.…
nous y trouvons aussi de vieilles connaissances, les dirigeants de la confédération du patronat français comme un Petiet. Nous y trouvons aussi ses sinistres individus qui, récemment, jugeant que l'Allemagne nazie était battue, dresser un plan de guerre civile ayant comme objectif de s'insinuer dans la résistance, de s'arranger pour faire refuser des armes aux francs-tireurs et de les accumuler en vue de les utiliser contre le peuple. N'est-ce pas que c'est vrai, monsieur le baron Petiet, Messieurs de Wendel et compagnie ?
Cette puissance ténébreuse n'a plus beaucoup de temps à subsister. Le peuple de France se rappellera qu'elle fût un instrument de la défaite et que les hommes qui la composent ont ignoblement servi les envahisseurs et se sont enrichis dans la trahison. Il n'hésitera pas à détruire les trusts et a confisqué les biens des traîtres. Mais il faut, dès aujourd'hui, s'unir contre les trafiquants de la patrie qui demain, quand les nazis seront chassés, ne manqueront pas d'essayer de s'adapter aux conditions nouvelles et qui sont capables de tout pour conserver leur monstrueux privilège.
Ouvriers qu'on traque et qu'on déporte, que Darnand massacre à la grande joie des Hitler rien et des traîtres, à qui l'on refuse des salaires suffisants, unissez-vous, rentrer dans vos syndicats. Organisez des grèves revendicatives, organisez vos milices patriotiques et préparez-vous à la grève générale insurrectionnelle.
Julien Racamond


* « La vie ouvrière » clandestine 1940-1944. Les « VO » de la nuit


jeudi 16 novembre 2017

Manif du 16 novembre à Grenoble

A Grenoble beaucoup de monde à la manif contre les ordonnances rétrogrades de Macron.
Mais ça n'est pas encore au niveau. Il va falloir pousser plus fort.
















mardi 14 novembre 2017

Le SMIC, prochaine victime du quinquennat ?



Lu dans l'humanité du 14 novembre 2017.
Le SMIC, prochaine victime du quinquennat ?
Le nouveau « Groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance », nommé par décret est en charge de conseiller le gouvernement, est soigneusement choisi. Son président, Gilbert Cette, a rappelé Alternatives économiques, jugeait en 2014 le salaire minimum « trop élevé ». L'un de ses membres, André Zylberberg, écrit que « Si l'État continu d'accroître le SMIC, certains travailleurs finiront par coûter plus qu'il ne rapporte ». Une autre nouvelle membre, Isabelle Méjean juge qu'« une politique de salaire minimum élevé réduit l'attractivité du pays en augmentant les coûts de production et en réduisant la demande globale ».


Et un expert « autoproclamé », un ministre, un président de la république très bien payé, ça rapporte quoi ?

LES MIGRANTS



ÉDITO - Jean-Marie Gustave Le Clézio a lu à l'antenne un texte inédit dans lequel l'écrivain prend position pour les migrants. Un texte extraordinaire à découvrir ici.


Un texte inédit de Jean-Marie Le Clézio

La vérité, c'est que chaque drame de la migration en provenance des pays pauvres pose la question qui s'est posée jadis aux habitants de Roquebillière, lorsqu'ils ont offert l'asile à ma mère et à ses enfants : la question de la responsabilité.
Dans le monde contemporain, l'histoire ne répartit plus les populations entre factions guerrières. Elle met d'un côté ceux qui, par le hasard de leur situation géographique, par leur puissance économique acquise au long des siècles, par leur expériences, connaissent les bienfaits de la paix et de la prospérité. Et de l'autre, les peuples qui sont en manque de tout, mais surtout de démocratie.
La responsabilité, ce n'est pas une vague notion philosophique, c'est une réalité.
Car les situations que fuient ces déshérités, ce sont les nations riches qui les ont créées. Par la conquête violente des colonies, puis après l'indépendance, en soutenant les tyrannies, et enfin aux temps contemporains, en fomentant des guerres à outrances dans lesquelles la vie des uns ne vaut rien, quand la vie des autres est un précieux trésor.
Bombardements, frappes ciblées depuis le ciel, blocus économiques, tous les moyens ont été mis en œuvre par les nations puissantes pour vaincre les ennemis qu'elles ont identifiées. Et qu'importe s'il y a des victimes collatérales, des erreurs de tirs, qu'importe si les frontières ont été tracées à coups de sabre par la colonisation sans tenir compte des réalités humaines.
La migration n'est pas, pour ceux qui l'entreprennent, une croisière en quête d'exotisme, ni même le leurre d'une vie de luxe dans nos banlieues de Paris ou de Californie. C'est une fuite de gens apeurés, harassés, en danger de mort dans leur propre pays.
Pouvons-nous les ignorer, détourner notre regard ?Accepter qu'ils soient refoulés comme indésirables, comme si le malheur était un crime et la pauvreté une maladie ?
On entend souvent dire que ces situations sont inextricables, inévitables. que nous, les nantis, ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Qu'il faut bien des frontières pour nous protéger, que nous sommes sous la menace d'une invasion, comme s'il s'agissait de hordes barbares montant à l’assaut de nos quartiers, de nos coffre-forts, de nos vierges.
Quand bien même nous ne garderions que l'argument sécuritaire, n'est-il pas évident que nos murs, nos barbelés, nos miradors sont des protections illusoires ?
Si nous ne pouvons accueillir celles et ceux qui en ont besoin, si nous ne pouvons accéder à leur demande par charité ou par humanisme, ne pouvons-nous au moins le faire par raison, comme le dit la grande Aïcha Ech Chenna qui vient en aide aux enfants abandonnés du Maroc : "Donnez, car si vous ne le faites pas, un jour ces enfants viendront vous demander des comptes".
L'histoire récente du monde nous met devant deux principes contradictoires mais non pas irréconciliables.
D'une part, l'espoir que nous avons de créer un jour un lieu commun à toute l’humanité. Un lieu où régnerait une constitution universelle et souvenons-nous que la première constitution affirmant l'égalité de tous les humains, fut écrite non pas en Grèce, ni dans la France des Lumières, mais en Afrique dans le Royaume du Mali d'avant la conquête.
Et d'autre part, la consolidation des barrières préventives contre guerres, épidémies et révolutions.
Entre ces deux extrêmes, la condition de migrants nous rappelle à une modestie plus réaliste. Elle nous remet en mémoire l'histoire déjà ancienne des conflits inégaux entre pays riche et pays sous équipé c'est le maréchal Mobutu qui, s'adressant aux Etats-Unis proposa une vraie échelle de valeur établie non pas sur le critère de la puissance économique ou militaire d'un pays mais sur sa capacité au partage des richesses et des services afin que soit banni le mot de "sous-développement" et qu'il soit remplacé par celui de "sous-équipement".
Nous nous sommes habitués progressivement, depuis les guerres d'indépendances, à ce que des centaines de milliers d'être humains, en Afrique, au Proche Orient, en Amérique latine, naissent, vivent et meurent dans des villes de toiles et de tôles, en marge des pays prospères. Aujourd’hui avec l’aggravation de ces conflits, et la sous-alimentation dans les pays déshérités, on découvre que ces gens ne peuvent plus être confinés. Qu'il traversent forêts, déserts et mers pour tenter d'échapper à leur fatalité.
Ils frappent à notre porte, ils demandent à être reçus.
Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ?

Dans son beau livre, le docteur Pietro Bartolo cite cette phrase de Martin Luther King, qui n'a jamais sonné aussi vraie : 

"Nous avons appris à voler comme des oiseaux et à nager comme des poissons, mais nous n'avons pas appris l'art tout simple de vivre ensemble comme des frères".


samedi 11 novembre 2017

Le congrès de l'UD CGT 38 de 2017


Du 8 au 10 novembre s'est déroulé le congrès de l'Union Départementale CGT de l'Isère.
Sans doute le dernier auquel je participais.



Le point de vue du dessinateur  humoristo-satirique et talentueux Larage...





Celui du photographe


Sous l'oeil de mon pote Bernard


Ils s'en vont et ça les fait rire !!!!

Avec mon pote Maurice que j'ai contribué à
(dé)former



L'institut d'histoire sociale de la CGT



On mange pour reconstituer sa force de travail


Je suis venu vous dire que je m'en vais


On vote



A Voté


Le nouveau secrétariat


Le nouveau secrétaire général


Le passage de relais entre l' "ancienne" et le "nouveau"


mardi 7 novembre 2017

Éditorial. Les paradis de la honte. Par Maurice Ulrich.



On lira avec intérêt dans le journal l'Humanité du 7 novembre 2007, l'éditorial de Maurice Ulrich : « les paradis de la honte ».
Certes, il faut lutter pour récupérer ces sommes phénoménales pour les investir dans des dépenses socialement utiles, pour l'intérêt général.
Ceci dit ces pratiques sont inhérentes au capitalisme. Depuis Karl Marx nous savons que lorsque les capitalistes ne trouvent plus de débouchés dans la production, qu'ils réalisent un taux de profit jugé insuffisant, ils trouvent dans la spéculation (voir ce qu'il se passe à propos du beurre et qui nous rappelle ce qu'il s'est passé sur le sucre il y a quelques années) et l'évasion fiscale, véritable désertion, une façon de faire du profit sans passer par la production. Il me semble donc que le dépassement du capitalisme n'est pas une notion appropriée. Il faut l'abattre.
Michel Cialdella




Éditorial.
Les paradis de la honte. Par Maurice Ulrich.

Que font les premiers de cordée quand ils sont au sommet ? L'enquête du consortium international de journalistes dont on parle depuis hier est claire. Disons-le vulgairement, tant ces pratiques révoltantes donnent la nausée, tant cette cupidité cynique est à vomir, ils se gavent, tant et plus, toujours plus, et pour cela ils planquent les magots, ils trichent, ils manipulent, ils mentent, ils méprisent les lois qu'ils instrumentalisent. Les sommes annoncées sont énormes. Elles sont sans doute en deçà de la réalité. Le député communiste Éric Bocquet, qui, avec son frère, à enquêter depuis plusieurs années sur l'évasion fiscale, parle de 60 à 80 milliards d'euros pour la France, plus de 1000 milliards pour les 28 pays de la zone euro, de 5800 milliards dans le monde. Des sommes énormes volées au travail des autres, de centaines de millions d'hommes et de femmes, des enfants d'Asie aux cadres d'Europe, et une nouvelle fois volait en échappant à l'impôt, en se dérobant à toute solidarité, en tournant le dos sciemment à toute notion de partage et de biens publics. Premier de cordée ! Quelle supercherie intellectuelle chez celui qui connaît très bien la chanson des cimes financières et qui osait inviter, comme une véritable provocation morale à bien y réfléchir, les jeunes à entreprendre pour devenir milliardaires. Il n'est pas d'accord, disait-il il y a 3 semaines à la télévision, avec l'idée du ruissellement. Mais ce sont des fleuves qui coulent vers l'océan des paradis fiscaux. Alors, non et non, la richesse des plus riches n'enrichit pas les plus modestes, les couches moyennes. Les cordées restent au pied des murs de l'argent. La majorité parlementaire s'est rendue à l'idée que, peut-être, il fallait tout de même taxer un peu les signes ostensibles de richesse. Mais qu'attendent-ils, ces députés et députées de cette prétendue nouvelle politique, pour joindre leurs voix à celle de la ou des gauches pour exiger que cessent les scandales. Car la France n'est pas à l'écart. Il y aura bien dans les jours à venir quelques déclarations vertueuses, mais en attendant on sert les riches, on diminue l'impôt sur le capital et les sociétés, on alimente les paradis de la honte.

vendredi 3 novembre 2017

la fable du marché qui s'autorégule !





Fontaine, le 30 octobre 2017
Monsieur Carlos Ghosn
PDG de Renault France
13 quai Alphonse Le Gallo
92100 Boulogne Billancourt


Recommandée avec AR.


Monsieur le Président Directeur Général.

Je suis propriétaire d'une Renault Clio achetée en 2009 au garage Renault de Fontaine Isère.
Jusqu'ici pas de problème. J'ai eu un accident le 31 juillet 2017 dans la vallée de la Clarée à Névache. Depuis ce jour ma voiture est dans le garage Blanc et Fils, 6, rue Georges Bermond Gonnet à Briançon. Suite à un avis d'expert, j'ai signé un ordre de réparation le 10 août 2017.
Sans voiture j'ai du être rapatrié à mon domicile par l'assistance mutualiste. Depuis la fin du mois d'août je téléphone régulièrement au garage et j'ai la réponse suivante : la réparation est faite nous n'attendons plus que la lunette arrière et la vitre latérale, mais, Renault est en rupture de stock.
Je trouve inadmissible qu'une grande entreprise comme Renault ne soit pas capable de fournir des pièces de rechange aussi basiques.
Je m'adresse à vous, car vous êtes le 1er responsable de cette stratégie lamentable. Renault était une entreprise nationalisée efficace, elle a été vendue au prétexte que le marché aurait des vertus supérieures… nous voyons aujourd'hui les résultats : le marché n'est pas foutu de fournir des pièces de rechange à des voitures courantes.
En attendant, je suis sans voiture et mon épouse a du mal à se déplacer. Cette situation complique notre vie, car 77 ans nous devons nous rendre régulièrement chez les médecins, faire des courses. Nous serons en droit d'exiger des dommages et intérêts, car nos problèmes viennent de l'incapacité de l'entreprise que vous dirigez à fournir un service après-vente correct.

Il est de votre responsabilité de régler ce problème dans l'urgence est d'évaluer un préjudice important qui pourrait avoir pour base le prix d'une location de voiture pour la durée d'immobilisation de mon véhicule.

En espérant un règlement rapide de cette situation qui m'exaspère.
Michel Cialdella.
Citoyen en colère.





Copie à           Mon assureur, au Garage Blanc et Fils,
                        mon association de consommateur (INDECOSA - CGT)

lundi 23 octobre 2017

Louis Viannet nous a quittés.


Louis Viannet nous a quittés.


J'avais eu le plaisir d'animer avec lui un débat sur la Sécu à la suite du film de Gilles Perret "La sociale" à Péage de Roussillon" le 14 janvier 2017. À la fin de la projection, il s'était exclamé, "Qu'est-ce que ça fait du bien !".


Il était très attaché aux conquêtes sociales. Un jour, alors qu'il était secrétaire général de la CGT, en réponse à une question d'un journaliste de télévision il dit "Je me battrai jusqu'au bout, je veux pouvoir regarder mes petits enfants dans les yeux et leur dire : la CGT a fait tout ce qu'elle pouvait pour vous laisser un monde meilleur".



à Péage de Roussillon


Article du Dauphiné Libéré

samedi 21 octobre 2017

La sécurité sociale une institution pour l'avenir.




Les éditions syndicalistes publient un rapport de la CGT présentée au comité confédéral national les 14 et 15 janvier 1947 par Henri Raynaud, cheville ouvrière de la mise en place de la sécurité sociale. Un document historique préfacé par Bernard Friot.

« Une telle transformation administrative et sociale accomplie en six mois et sans doute un fait sans précédent dans notre pays (…). La façon heureuse dans les conseils d'administration s'en sont sortis témoigne de ce qu'ils sont aptes à réaliser demain ».
Henri Raynaud.

Au départ c'est une institution non-étatique gérée majoritairement par les travailleurs, avec la CGT majoritaire, pendant 15 ans jusqu'au décret du 12 mai 1960 (De Gaulle) organise la mainmise de l'État sur la Sécurité sociale.

« Ce qu'institue le régime général, ce n'est pas l'affectation d'une partie de « la valeur » à des improductifs utiles, c'est une production de valeur salariale contradictoire à la valeur capitaliste ». Bernard Friot.

En vente sur le site de réseau salariat.

http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr 

http://www.reseau-salariat.info/dcfe14efeeca53d8fd4872bc3a6916f7?lang=fr 





mercredi 18 octobre 2017

Vous avez dit jalousie.


Vous avez dit jalousie.

Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire 

« Il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux » (Emmanuel Macon).
Je suis d'accord avec lui, il ne faut pas les taxer il faut les virer à coup de pompe dans le train, et prendre les biens qu'ils nous ont extorqués. Comme l'écrit Jean-Luc Mélenchon « Le pays regorge de talents bloqués derrière le mur de l'argent. Les partants seront remplacés en 24 heures par meilleur qu'eux, plus soucieux des autres, plus inventifs, moins addicts au fric, plus loyaux avec leur patrie républicaine ». (1)
« J'affirme que tous ces gens peuvent s'en aller sans qu'il en coûte à la société. Tout au contraire, on fera des économies ». (1).
D'ailleurs il n'y a pas besoin de tout inventer, le programme du Conseil National de la Résistance avait prévu :
L'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous‑sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques.
La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale;
C'est toujours d'actualité, d'où la prise de position de Denis Kessler (ex numéro deux du Medef) dans la revue Challenges le 4 octobre 2007 : « La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Il nous faut reprendre la marche en avant. Il n'y a rien à attendre, l'alternative communiste ne viendra que par l'alternative communiste, et l'affermissement des prémices de cette alternative est l'unique chemin… il s'agit d'honorer en permanence le combat de nos anciens en le poursuivant. (2).
Ce qui caractérise le communisme, ce n'est pas l'abolition de la propriété en général, mais l'abolition de la propriété bourgeoise… à la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classe, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. (Karl Marx) (3).
Michel Cialdella




1) Qu'ils s'en aillent tous. Jean-Luc Mélenchon. Édition Flammarion. 2010.
2) Vaincre Macron. Bernard Friot au point éditions la dispute 2017.


3) Le manifeste du parti communiste. Karl Marx. 1848.