jeudi 19 juillet 2018

Irresponsabilité



Irresponsabilité.
Faut-il en rire ou s'en désespérer ? La servilité face à leur maître des députés de la Macronie, qui vantent, après l'avoir combattue, la possibilité offerte demain au président-monarque d'avoir le dernier mot au congrès face aux représentants de la nation, montre le degré d'abaissement du Parlement auquel conduit le régime actuel des institutions. Nul besoin d'en rajouter en permettant de piétiner jusqu'au bout la séparation des pouvoirs. Après avoir contraint les élus à écouter aux gardes-à-vous le discours du trône, l'omnipotence du chef de l'État serait ainsi consacrée, en même temps que son irresponsabilité, puisque le congrès n'aurait nuls moyens de le censurer. C'est ce qui se profile si la bien nommée majorité présidentielle entraîne par son vote le Parlement tout entier à se saborder lui-même en cédant aux désirs de l'Élysée.

Dans quelle démocratie au monde le président de la République réunit-t-il le pouvoir législatif pour lui annoncer qu'il amende de son propre chef un projet de loi constitutionnelle en vue d'élargir ses pouvoirs ? À part, peut-être, dans la Turquie d'Erdogan, cela n'existe pas. Et Emmanuel Macron féminine de s'étonner du reproche qu'on lui ferait de « respecter la constitution » en convoquant le Parlement une fois l'an à Versailles. Qu'il n'enfreigne pas la loi fondamentale, c'est bien le moins ! Le problème est, bien entendu, ailleurs : il réside dans la fuite en avant présidentiel est entamé avec la constitution de 1958, et poursuivie par la réforme du quinquennat présidentiel en 2000, puis par la révision sarkozyste voter de justesse par le congrès, il y a 10 ans.
Au moins le texte fondateur de la Ve République avait-il été approuvé par référendum. Ce n'est pas la voie choisie par Emmanuel Macron qui, comme Sarkozy en 2008, préfère mener des tractations de couloirs au Parlement. Comme quoi, on peut aspirer à devenir monarque absolu et s'accommoder du « régime des partis » qu'on fustige quand il s'agit de contourner le peuple.
Sébastien Crépel, éditorial de l'Humanité du 19 juillet 2018.

lundi 9 juillet 2018

le défi



La réponse de l'attaché parlementaire de Madame Emilie Chalas 
députée de la 3e circonscription de l'Isère
Et mon défi 


Monsieur Cialdella, 

Nous avons bien reçu votre courrier et ne manquerons pas de le porter à la connaissance de votre députée. 

Nous avons bien noté vos remarques sur les sujets évoqués dans votre courrier et regrettons que vous n'ayez pas souhaité profiter de l'occasion de la réunion publique pour discuter sereinement de chacun de ces points avec Mme Chalas. Certainement cela aurait pu intéresser d'autres personnes présentes d'avoir des éléments concrets de réponses à vos questions.

Permettez-moi simplement de souligner qu'il n'est pas juste de dire que la députée ne vous a pas laissé vous exprimer, d'autant que vous l'avez interrompue à plusieurs reprises dès les premières phrases de son introduction. Vous avez ensuite fait le choix de partir sans attendre le temps de questions-réponses annoncé, ce qui est dommage puisque cela n'aura pas permis d'engager de véritable dialogue ni de dépasser les idées reçues.  

Nous ne manquerons pas d'organiser d'autres opportunités de rencontre pour que cela soit de nouveau possible, dans le cas où vous souhaiteriez discuter de manière constructive avec votre députée. 
Avec nos meilleures salutations, 
Bertrand BIJU-DUVAL
Collaborateur parlementaire auprès d'Emilie CHALAS, Députée de l'Isère
bertrand.biju-duval@clb-an.fr / 06 37 53 75 17 / 04 76 88 88 35
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Bonjour Monsieur Bertrand BIJU-DUVAL.

Dans sa lettre Madame la Députée de la troisième circonscription de l'Isère nous invitait à nous rencontrer et à échanger sur les thèmes de notre choix. En réalité c'était plutôt défense et illustration de la politique antidémocratique et antisociale d'Emmanuel Macron président des riches. Si il y a une chose dont je n'ai pas besoin c'est de l'explication de la politique mise en œuvre par cette majorité, car après 60 ans de militantisme syndical et politique ainsi que de formations syndicales et universitaires sur l'économie, je suis capable de décrypter et de plus je suis de ceux qui en subissent les méfaits.
J'étais donc venu dire ce qui objectivement ne va pas. Démontrer qu'au nom de la modernité l'actuel président de la République poursuit en l'aggravant la politique des quatre derniers présidents. Seulement le débat a été impossible d'où mon départ en colère.

À l'heure où se prépare une attaque (une de plus), contre la Sécurité sociale, qui risque d'être mortifère pour cette institution, je mets au défi Madame la Députée de me rencontrer en débat public sur le sujet.

Michel Cialdella


jeudi 5 juillet 2018

J'ai signé la pétition de l'Humanité pour la défense de la Sécurité sociale.





J'ai signé la pétition de l'Humanité 

pour la défense de la Sécurité sociale.

Il est vrai que l'amendement qui prévoit de remplacer « Sécurité sociale » par « Protection sociale » est mortifère pour notre Sécu. Depuis les ordonnances de 1967 la Sécurité sociale ne cesse d'être attaquée. Depuis plus de 50 ans nous luttons pour empêcher le déclin de cette grande conquête sans y parvenir. Force est de constater que ces luttes « contre » ne sont pas efficaces.
Il est donc grand temps de lutter pour une Sécurité sociale du XXIe siècle. À partir des fondamentaux mis en place en 1945. Comme l'a rappelé Alexandre Parodi (prédécesseur d'Ambroise Croizat au ministère du Travail et de la sécurité sociale) : « C'est bien dans la clandestinité, dans la résistance qu'il faut chercher l'origine de l'ensemble de la législation sociale que nous avons faite en 1945 et j'entends par là à côté de la Sécurité sociale, les Comités d'entreprise et la réforme des échelles de salaires. Dans cet ensemble c'est la Sécurité sociale qui est la pièce maîtresse… l'institution d'une sécurité sociale élargie et gérée par les intéressés et par les représentants de l'État… ».
C'est à Ambroise Croizat, ministre communiste, qu'il revient de mettre en place ce grand organisme. Quelques jours avant de mourir d'épuisement, il déclare à l'Assemblée nationale : « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine de progrès ». À l'époque il ne s'est pas posé la question : « est-ce qu'on a les moyens ? ». Dans un pays complètement dévasté, il a doublé le taux de cotisation et personne n'en est mort.
Pour être digne de lui, non seulement il faut empêcher que soit retiré de la constitution le beau mot de « Sécurité », mais il faut lutter pour qu'y soient inscrits les principes qui nous sont chers.
Tout d'abord remettre à l'ordre du jour l'unicité et l'universalité de la Sécurité sociale, avec la maladie, la famille et la retraite (pas aux points, mais comme salaire continué) intégrer le risque chômage et les mutuelles qui aujourd'hui, sont plus proches des assurances privées que de la Sécu. Il faut faire prendre en charge la "perte d'autonomie" par la branche maladie, car la perte d'autonomie, est due à la maladie et non pas à l'âge.
Ne nous laissons pas imposer le débat par l'adversaire de classe et sa vision comptable qui fait de l'équilibre financier une priorité, alors qu'ils ont eux-mêmes créé le « déficit ». Si les mots ont un sens, il conviendrait plutôt de l'appeler « besoin de financement ».
Il faut supprimer la CSG pour les retraités qui jadis dans un pays moins riche, ne payaient aucune cotisation. Pour les salariés en emploi, il faut remplacer la CSG par la cotisation sociale en augmentant la part dite "patronale" qui est une part de la valeur ajoutée produite par les travailleurs. Il s'agit d'un salaire socialisé qui légitime qu'il soit géré uniquement par les salariés qui représentent 91 % de la population active.
« La cotisation sociale n'est pas une ponction, mais un supplément de valeur. Il s'agit de reconnaître que la production de richesses économiques n'est pas réservée à ceux qui mettent en valeur du capital, les soignants, les enseignants, les chercheurs, tous ceux qui n'ont pas besoin d'actionnaires, produisent de la valeur économique ». (1) .
Si le PIB, cher aux capitalistes a été multiplié par 8,5 de 1949 à 2016 c'est en partie grâce à la protection sociale qui est constitutive de ce même PIB. Notre pays n'a jamais été aussi riche. C'est le pays qui distribue le plus d'argent aux actionnaires. Des milliardaires engrangent des fortunes sur le dos des travailleurs.
 Soyons ambitieux ! Le chercheur américain Henry C. Galant écrit que : « les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT ». (2). Cela devrait être toujours vrai.
Voilà ce que devrait selon moi contenir la pétition.

Michel Cialdella
le 5 juillet 2018




1 - La cotisation est un supplément de valeur. Bernard Friot. L'Humanité du 16 janvier 2014.
2 - Histoire politique de la sécurité sociale française 1945 - 1952. Henry C. Galant




mardi 26 juin 2018

VOS PAPIERS


"VOS PAPIERS !"
En 1923, lorsque mon grand-père et ma grand-mère arrivent en France avec 5 enfants (dont mon père), fuyant la montée du fascisme en Italie, je ne suis pas sûr qu'ils aient eu des "papiers".
Cela s'est fait après. Mon père avait 3 ans et n'est devenu Français qu'en 1940 à l'âge de 20 ans pour pouvoir s'engager dans l'armée française. Après la débâcle de l'armée française (trahison de la bourgeoisie française (1) ) il prend contact avec la Résistance et échappe de peu au STO grâce au Commandant Nal ( héros de la Résistance ) qui lui fournira des "faux papiers"…Des policiers français (qui avaient sûrement des papiers en règle… eux) étaient venus le chercher à l'entreprise dans laquelle il travaillait (PERMALI à Fontaine).
Un policier français accompagnait un soldat allemand lorsqu'en pleine nuit ils frappèrent ( au hasard ? ) à la porte au deuxième étage du 15 de la rue de la Mutualité à Grenoble. Pendant que le soldat allemand mettait la baïonnette sur le ventre de mon père, le policier français fouillait les deux pièces où nous habitions, à la recherche d'armes… Ne trouvant aucune arme, et pour cause le révolver, mon père l'avait dans sa poche…ils allaient quitter l'appartement lorsque le policier français revint sur ses pas pour s'emparer d'une chevalière et d'une gourmette en or (des bijoux de famille). Comme mon père protestait, le flic français (qui devait avoir ses papiers en règle), injuria mon père : "Ta gueule !".
Mon père est décédé en 2002. Je peux donc raconter la fin de cette "petite" histoire. À la Libération mon père a rencontré par hasard le voleur de bijoux et lui a flanqué une magistrale raclée…
Avec des camarades communistes,  il imprimera, dans la cave de l'un d'entre eux, "Les Allobroges",  journal communiste de la Résistance et participera à sa distribution au risque de sa vie.
Dans la même période un "voisin" au nom bien français, qui avait sûrement un tas de papiers, devient chef de la milice de Pétain et plus tard des Waffen SS, un nommé Esclach qui assassinera entre autres, Paul Vallier et sera, avec son équipe, responsable de la mort de 200 résistants (2).
En 1943, en pleine occupation, mon père adhère à la CGT dans la clandestinité. À la libération il participera à la mise en place des Comités d'entreprise, initiés par Ambroise Croizat. Il adhérera également au Parti Communiste Français.
Comme des milliers d'immigrés, notamment italiens, il participera au développement économique de la France par son travail. Aux avancées sociales par l'action syndicale et politique.
Aujourd'hui, les immigrés contribuent toujours à la création de richesses. Une étude publiée en 2010 le confirme :
"Les travailleurs immigrés en France s'acquittent chaque année de 60 milliards d'euros d'impôts et de cotisations sociales, alors qu'ils reçoivent dans le même temps 48 milliards d'allocations publiques, soit un solde positif de 12 milliards € au bénéfice de l'Etat, de la Sécurité sociale et du financement des retraites ".(3)
Ces faits accentuent  mon dégoût pour la politique sarkozyste de stigmatisation de l'immigré qui serait responsable de tout nos maux. Nicolas Sarkozy est le fils d'un aristocrate Hongrois qui en 1944, à l'approche des troupes soviétiques s'est enfuit en Allemagne. Il s'établit en France en 1948 malgré que la Hongrie ait participé à la guerre au coté de l'Allemagne nazie et contre les alliés…..Et il est malgré cela président de la République française. Cela devrait le rendre un peu plus reconnaissant vis-à-vis des immigrés qui "construisent des maisons qu'ils n'habiteront jamais" comme le chante son copain Enrico Macias. Sarkozy et son clan, non seulement ils ne créent pas de richesse mais ils nous coûtent cher…

Souvenons nous des résistants immigrés membres des FTP - MOI, ceux de l'Affiche rouge. Ils luttaient contre le nazisme. Ils furent fusillés par l'occupant et sont morts en criant "VIVE LA FRANCE". Vingt-trois résistants communistes et immigrés de qui on n’avait pas exigé des papiers, effectuèrent 229 actions armées contre l’occupant allemand avant d’être arrêtés grâce à la traque de la police française qui avait mis 200 limiers (4) pour ce "travail". Un héroïsme dont Aragon fit un poème (5) et Léo ferré une extraordinaire chanson, qui renvoie les pourfendeurs de l’immigration à leur crétinerie.
Le 21 février 1944, dans une lettre à son épouse, Missak Manouchian leur chef écrivait « Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps.  Bonheur ! A tous ! »   « …je meurs en soldats réguliers de l’armée française de la libération ».
Alors que Papon envoyait hommes, femmes et enfant juifs dans les camps de la mort. De Gaulle le fit : Préfet de police poste où il joua un rôle capital dans la répression sanglante des manifestations du 17 octobre 1961 et celle du 8 février 1962 (Charonne). Ministre du Budget de Giscard et il est mort dans son lit avec des papiers en règle.
Pour en terminer provisoirement avec les papiers :
Peu après la libération, mon père se fait arrêter en sortant du travail, le feu rouge de son vélo ne fonctionne pas.
Le policier lui demande ses "papiers". Il vérifie la carte d'identité (en règle) et s'exclame : "Et ce n’est même pas français !". N'ayant pas cette fois une baïonnette sur le ventre le direct du gauche est parti sur le pif de l'indélicat…
À transmettre sans modération.
Michel Cialdella
Septembre 2011







(1) On lira avec intérêt les livres d'Annie Lacroix-Riz : "De Munich à Vichy" et "Le choix de la défaite".
(2) "Grenoble 40-44, Pierre Giolitto, éditions Perrin.2001.
(3) étude cité dans le document "Le Front national ou l'imposture sociale".
(4) La traque de l'affiche rouge. Denis Peschanski, l'Humanité hors série Février 2007.


(5) L'affiche rouge ( Aragon )




Vous n'avez réclamé la gloire les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'a prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur pour les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en n'étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dits calmement
« Bonheur à vous bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir, adieu les roses
Adieu la vie la lumière et le vent
Marie-toi, sois heureuse et pense pas moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant »

Ils étaient vingt et trois dans les fusils fleurirent
vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
vingt et trois amoureux de vivre en mourir
vingt et trois qui criaient et la France en s'abattant.





lundi 18 juin 2018

Lettre ouverte à Emmanuel Macron.


54 personnalités appellent Emmanuel Macron à reconnaître la responsabilité de l'État français dans l'assassinat du mathématicien communiste le 11 juin 1957, « disparu », comme des milliers d'Algériens, après avoir été torturé par l'armée française.



Lettre ouverte à Emmanuel Macron.

Pour la reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans la mort de Maurice Audin.
Le 11 juin 1957, pendant la bataille d'Alger, Maurice Audin, mathématicien communiste de 25 ans, était arrêté par les parachutistes du général Massu devant sa famille, avant d'être torturé. Le jeune assistant à la faculté d'Alger n'en est jamais revenu, et l'armée française a fait disparaître son corps.
Plus de 60 ans ont passé et Josette Audin, sa femme, attend « toujours que la France, pays des droits de l'homme, condamne la torture, ceux qui l'ont utilisé et ceux qui l'ont autorisé ». Car Maurice Audin ne s'est pas évaporé dans la nature après une évasion, comme l'a trop longtemps soutenu la « version officielle ». À la suite de Pierre Vidal-Naquet, tout ce qui ont travaillé sur cette « affaire » ont établi que Maurice Audin avait été torturé et assassiné par l'armée française, agissant dans le cadre des pouvoirs spéciaux votés par le pouvoir politique. Mais, de lois d'amnistie en non-lieu, tout a été fait au plus haut sommet de l'État pour camoufler la vérité sur les crimes perpétrés par l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Et toute une génération d'appelé a été marquée à vie, muré dans le silence et la honte.
Des deux côtés de la Méditerranée, les mémoires algériennes et françaises resteront enter par les horreurs qui ont marqué cette guerre, tant que la vérité n'aura pas été dite et reconnue, comme le relevait déjà l'appel des 12 grands témoins contre la torture, publié en octobre 2000 dans l'humanité. Il est aujourd'hui grand temps d'apaiser cette mémoire pour aller de l'avant.
En 1999, l'État français reconnaissait officiellement la « guerre » d'Algérie, qui ne fut ni de simples « événements », ni des « opérations de maintien de l'ordre », mais bien « une sale guerre », dont les plaies peinent encore à cicatriser. En 2014, le président de la république, François Hollande, reconnaissait que la thèse de l'évasion de Maurice Audin était un mensonge d'État et qu'il était bien mort au cours de sa détention.
Monsieur le président de la république, vous avez promis « des actes forts sur cette période de l'histoire ». La reconnaissance des sévices subis par Maurice Audin, puis de son assassinat par l'armée française serait cet acte fort. Le moment est venu. Pour sa famille d'abord, qu'il attend depuis plus de 60 ans, mais aussi pour les milliers d'Algériens « disparus » comme Maurice Audin de l'autre côté de la Méditerranée.
Il y a quelques semaines, l'« affaire Audin » est réapparue dans le débat public.
Un espoir s'est levé qui ne doit pas être déçu.


Parmi les signataires de l'appel :

Patrick Boucheron (historien), Patrick Chamoiseau (écrivain), Simone de Bollardière (femme du général qui s'opposa à la torture), Aurélie Filippetti, Robert Guédiguian, Pierre Laurent, Benjamin Stora (historien), Françoise Vergès (historienne), Cédric Villani (mathématicien et député LREM), Ernest Pignon-Ernest (plasticien), Alain Ruscio (historien), Ludivine Bantigny (historienne), Benjamin Stora (historien) Danielle Tartakowsky (historienne) Alain Ruscio (historien)…

insupportable

Michel Cialdella 6, rue Joseph Bertoin 38600 Fontaine
Fontaine le 18 juin 2018

Lettre ouverte à Madame Emilie Chalas
députée de la 3e circonscription de l'Isère
Permanence parlementaire 2, rue de Bellegrade 38000 Grenoble
emilie.chalas@assemblee-nationale.fr/www.emiliechalas.fr
Madame la députée.
Lors de votre passage à Fontaine, salle Marat, où, ouverte aux critiques constructive et aux suggestionsvous invitiez à échanger sur les thèmes de nos choix, selon les termes de votre lettre d'information.
En fait vous êtes venus nous conter une fable concoctée par les conseillers de l'Elysée, avec les éléments de langage en vigueur chez les réactionnaires : "la France bloquée", "le coût du travail" etc.
Comme vous ne m'avez pas laissé m'exprimer, j'ai quitté la salle au grand plaisir d'un LR et d'un PS…
Je vous écrit donc ce que je n'ai pas pu vous dire.
Vous avez évoqué le "coût du travail" comme élément de "blocage" de notre société. Il ne suffit pas de répéter bêtement « notre société est bloquée » pour que cela soit une réalité. En fait ce qui est présenté comme un blocage par les tenants du capitalisme ce sont les conquêtes ouvrières qui, certes, sont une gêne pour l'exploitation capitaliste. Mais dans notre pays tous les jours des chercheurs font avancer la science, des ouvriers produisent, des services publics fonctionnent malgré le "blocage" gouvernemental en matière de financement.
Pour les coûts horaires, la France arrive en cinquième position derrière le Danemark, la Belgique, la Suède, le Luxembourg (Eurostat 9 avril 2018). Vous vous gardez bien de dire que les français sont champions du monde de la productivité. Plus fondamentalement le travail n'est pas un coût, mais le seul moyen de créer de la valeur économique.
Pour les coûts il convient de regarder du côté des plus haut revenus qui ne sont pas champions du monde de la productivité :
Comme l'a révélé l'hebdomadaire Marianne, l'ancienne directrice générale chargée de SNCF Voyageurs, Florence Parly, aujourd'hui ministre des Armées, a touché 52 569 euros par mois durant les six premiers mois de 2017, soit une somme totale de plus de 300 000 euros.
Au total, le gouvernement compte 12 ministres millionnaires. Ce qui n'est pas représentatif de la société française.
Ce sont ces gens-là qui imposent l'austérité à ceux qui n'ont que leur seul travail pour vivre, quand ils ont un emploi. L'économiste Joseph Stiglitz prix Nobel d'économie, fait remarquer qu' « Il n'y a au monde pas un seul exemple qui montre qu'il est possible d'assainir un Etat malade en réduisant les salaires , les rentes et les prestations sociales » et que  « L'incapacité du marché à créer des emplois pour tant de citoyens est le pire échec du marché, la plus grande source d'inefficacité et une cause majeure de l'inégalité ». (Joseph Stiglitz, Le prix de l'inégalité).
Vous dites que vous aidez les entreprises, mais l'entreprise c'est d'abord les salariés qui la font fonctionner ! Les actionnaires, qui parfois investissent en fonction de la rentabilité, avec de l'argent qu'ils ont gagné sur notre dos, ne font qu'encaisser et plutôt beaucoup (3% du PIB dans les années 1980 et 9% aujourd'hui).
En proportion, les entreprises du CAC 40 sont les plus généreuses avec leurs actionnaires, selon un rapport publié lundi 14 mai par l’ONG Oxfam. Les actionnaires français touchent beaucoup plus de dividendes que leurs homologues des groupes américains et allemands comme l’explique encore ce rapport (toujours ce fameux blocage !).
On peut également s'interroger sur les pratiques du groupe La République en Marche.
Eclaboussé par l'affaire des ristournes (jusqu'à 75%) accordées à l'association de financement de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Ses ministres, la main sur le cœur rappellent que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a validé les comptes de campagne d'Emmanuel Macron. Hasard du calendrier le président de ladite commission François Logerot, perçoit une augmentation de 57 % ses indemnités passent de 4 574 euros par mois à 7 182 euros nets mensuels, à quoi s’ajoutera désormais une indemnité annuelle de 9 500 euros bruts. Bonus : cette augmentation a un effet rétroactif au 1er janvier 2017. Troublant non ?
Selon le blog Atlantico, la déclaration de patrimoine d‘Emmanuel Macron ressemble un peu à un mensonge. Monsieur Macron a gagné 2 748 065 € chez Rothschild entre 2010 et 2012. Lors de l’entrée en vigueur de la loi sur la transparence, il déclare, le 24 octobre 2014, à la Haute Autorité un patrimoine net de moins de 156 160 €. (http://www.atlantico.fr). Re-troublant, non ?
Vous avez versé quelques larmes de crocodile sur les migrants exagérant l'ampleur de l'accueil. Pour l'Aquarius vous avez évoqué les règlements maritimes pour justifier l'inaction du gouvernement français.  Mais lorsque des personnes sont en danger de mort, la première des règles c'est de les secourir même si cela est illégal. Force est de constater qu'en France certains préfèrent regarder ailleurs.

A Valence en Espagne des milliers de citoyens se sont rassemblés pour accueillir les réfugiés 


abandonnés en mer par les dirigeants d'une Europe xénophobe et meurtrière.

Vous semblez  ignorer qu'en France, la solidarité envers les migrants est sanctionnée (à l'instar de Cédric Herrou), tandis qu'un groupes de fascistes se permet d'interdire l'accès à notre territoire au col de l'Echelle sans que cela ne choc le gouvernement. Quelle honte !


Notez que le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s'est alarmé à propos des conditions de vie "inacceptables" des migrants installés dans un nouveau campement sauvage à Paris.

Vous prétendez qu'aujourd'hui la France est en marche, oubliant de préciser "en marche arrière".
En effet, casse du code du travail, casse des services publics, casse des statuts protégeant (insuffisament) les salariés, fermetures de lits dans les hôpitaux.
Pourtant, le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie préconise, a contrario de la tendance actuelle, de créer des établissements de santé de proximité, au nombre de 600 !
Vous dites aussi que grâce au président de la république la France a regagné son rang de puissance crédible et de force de proposition sur la scène internationale. Je ne le crois pas. Ce président est le plus mal élu de l'histoire de la Ve République.
Au premier tour, seuls 18% des inscrits on voté pour son programme. C'est-à-dire que 82% n'était pas pour. Cela le rend illégitime pour casser un siècle de conquêtes sociales.

Ce monarque républicain a prétendu que la France était en manque d'un roi (Saint-Just disait tout roi est un usurpateur)
Il est méprisant pour le Peuple :
Il a traité les salarié de Gad d'illettrés…ceux qui ne sont pas d'accord avec ses réformes sont des fainéantsau lieu de foutre le bordel ils feraient mieux de chercher du travail…etc…
Pour la grandeur de la France vous repasserez !


Imagine-t-on le général De Gaulle subir une telle humiliation ?


Vous n'aviez pas pour but d'échanger avec les électeurs de votre circonscription mais de tenter de les enfumer. Comme "réussite" vous évoquez le déficit réduit de la Sécurité sociale. Mais la Sécu n'est pas une épicerie ! A l'origine elle (Maladie, Famille, Vieillesse) a été conçue comme un formidable moyen d'émancipation gérée par les intéressés. Pour la branche maladie à combien évaluez-vous les millions de personnes à qui elle a permis de se soigner, d'avoir la vie sauve ?
Comme nous étions dans une salle qui portait le nom de Jean-Paul Marat, voici ce qu'écrivait l'ami du peuple : "Pour enchaîner les peuples on commence par les endormir".
Mais le Peuple Français, héritier des révolutions de 1789 et 1848, des grandes luttes de 1936, 1945 et 1968 ne se laissera pas endormir. Les cheminots vaincront même si la loi est votée.
Victor Hugo disait avec raison : "La persistance du droit contre l’obstination de la loi; toute l’agitation sociale vient de là"…"on a toujours raison de lutter contre une mauvaise loi"

Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maître au gouvernement qui néglige. (Saint-Just).
Michel Cialdella



















lundi 4 juin 2018

Michel Onfray ou Lénine ?




Michel Onfray ou Lénine ?

Dans l'émission « On n'est pas couché » Laurent Ruquier a interrogé Michel Onfray au sujet du portrait de Lénine présent dans l'appartement de Raquel Garrido et Alexis Corbière.
Déjà, de quoi je me mêle ?
Michel Onfray justifie son indignation en affirmant que Lénine et le communisme en URSS ont fait environ "100 millions de morts" (???). Je ne sais pas si Michel Onfray intègre dans les 100 millions les 26 millions de morts soviétiques dans la guerre contre le régime nazis avec lequel la France de Pétain collaborait. Et, puisqu'il en est au chiffrage, il devrait s'interroger sur les millions de morts du capitalisme (esclavage, colonialisme, guerre permanente…). Dans les millions de morts attribués aux soviétiques est-ce que Michel Onfray compte les victimes de l'intervention des 18 pays capitalistes, dont la France, pour soutenir la contre-révolution en Russie ?
En 1915, dans « L'impérialisme stade suprême du capitalisme », Lénine écrit :
« Le capitalisme arrivé à son stade impérialiste conduit aux portes de la socialisation intégrale de la production ; il entraîne en quelque sorte les capitalistes, en dépit de leur volonté et sans qu'ils en aient conscience, vers un nouvel ordre social, intermédiaire entre l'entière liberté de la concurrence et la socialisation intégrale.
La production devient sociale, mais l'appropriation reste privée. Les moyens de productions sociaux restent la propriété privée d'un petit nombre d'individus. Le cadre général de la libre concurrence nominalement reconnue subsiste, et le jour exercé par une poignée de monopolistes sur le reste de la population devient 100 fois plus lourds, plus tangible, plus intolérable ».
Avait-il tort ?
Aujourd'hui nous vivons la dictature de l'argent, qui n'est certes pas exercée par un seul individu (quoi que…) mais par une petite minorité. Des syndicalistes sont mis en prison, la misère augmente, le capitalisme néolibéral guerroie dans les pays où il y a des matières premières, c'est la faute à Lénine ?
Dès son arrivée au pouvoir, porté par la formidable mobilisation des masses russes pour une société nouvelle, le gouvernement issu de la révolution russe d'octobre 1917 a immédiatement dépossédé la noblesse terrienne en accordant la terre aux paysans, a fait la paix et à annulé la dette accumulée auprès des banques par le régime tsariste (fait unique dans l'histoire) ».
Il a également pris diverses mesures telles que :
-la séparation de l'église de l'État (laïcité), la libéralisation des mœurs, le combat contre l'emprise réactionnaire de l'église orthodoxe.
-La reconnaissance des droits des femmes en simplifiant le mariage et en introduisant le droit au divorce par consentement mutuel notamment.
-La reconnaissance du droit des nationalités à l'indépendance.
-L'école obligatoire et gratuite pour les filles et les garçons pour lutter contre l'analphabétisme.
-La liberté artistique et la fin de la censure.
-Le contrôle ouvrier sur l'économie et les entreprises.
-La rupture avec l'impérialisme.
En effet, quelle horreur !
Et bien, Alexis Corbière, tu sais quoi ? Laisse bien le portrait de Lénine dans ton appartement. Mais fait pas le con, n'y accroche pas le portrait de Michel Onfray.
Michel Cialdella