mercredi 18 octobre 2017

Vous avez dit jalousie.


Vous avez dit jalousie.

Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire 

« Il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux » (Emmanuel Macon).
Je suis d'accord avec lui, il ne faut pas les taxer il faut les virer à coup de pompe dans le train, et prendre les biens qu'ils nous ont extorqués. Comme l'écrit Jean-Luc Mélenchon « Le pays regorge de talents bloqués derrière le mur de l'argent. Les partants seront remplacés en 24 heures par meilleur qu'eux, plus soucieux des autres, plus inventifs, moins addicts au fric, plus loyaux avec leur patrie républicaine ». (1)
« J'affirme que tous ces gens peuvent s'en aller sans qu'il en coûte à la société. Tout au contraire, on fera des économies ». (1).
D'ailleurs il n'y a pas besoin de tout inventer, le programme du Conseil National de la Résistance avait prévu :
L'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie.
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous‑sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques.
La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale;
C'est toujours d'actualité, d'où la prise de position de Denis Kessler (ex numéro deux du Medef) dans la revue Challenges le 4 octobre 2007 : « La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Il nous faut reprendre la marche en avant. Il n'y a rien à attendre, l'alternative communiste ne viendra que par l'alternative communiste, et l'affermissement des prémices de cette alternative est l'unique chemin… il s'agit d'honorer en permanence le combat de nos anciens en le poursuivant. (2).
Ce qui caractérise le communisme, ce n'est pas l'abolition de la propriété en général, mais l'abolition de la propriété bourgeoise… à la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classe, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. (Karl Marx) (3).
Michel Cialdella




1) Qu'ils s'en aillent tous. Jean-Luc Mélenchon. Édition Flammarion. 2010.
2) Vaincre Macron. Bernard Friot au point éditions la dispute 2017.


3) Le manifeste du parti communiste. Karl Marx. 1848.

samedi 14 octobre 2017

Les allocations familiales sont un élément du salaire



Michel Cialdella, ex administrateur de la CPAM et du CHU de Grenoble.
6, rue Joseph Bertoin  38600 Fontaine.
lincorruptible77@gmail.com
Fontaine, le 14 octobre 2017
Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République française.


Monsieur le Président,
Votre gouvernement se prépare à une attaque contre les allocations familiales en instaurant un plafond de ressources. En 1977 Pierre Laroque, qui s'y connaissait, disait il est malsain de développer les prestations subordonnées à une condition de ressources, car cela aboutit à transformer la famille en assistée et a créer une espèce de clivage dans la population entre les pauvres et les nons pauvres ; cela me paraît socialement extrêmement mauvais. (1).
Plutôt que de dénigrer les Français (de préférence depuis l'étranger) qui seraient des fainéants, voire des extrémistes parce qu'ils ne sont pas d'accord avec vos contre-réformes, vous devriez plutôt vous intéresser à l'histoire sociale de nôtre pays afin de comprendre que les gens qui luttent ne foutent pas le bordel (selon vos propres mots). Victor Hugo disait  Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, et ceux qui luttent sont aussi les plus productifs, les fainéants il faut plutôt les chercher chez les déserteurs fiscaux. Ceux qui luttent sont aussi les meilleurs défenseurs des valeurs Liberté, Egalité, Fraternité proclamées par notre Constitution républicaine, et je puis vous assurer qu'ils ne sont pas en manque d'un roi(2)

Les allocations familiales font parties de la Sécurité sociale que les fondateurs voulaient universelle. À l'origine les allocations familiales étaient financées uniquement par des cotisations d'entreprise. La cotisation patronale destinée à financer la branche a constamment décru depuis 1946 ou son taux était fixé à 16,75 % des rémunérations sous plafond. Il a été progressivement abaissé pour se stabiliser à 9 % entre 1974 et 1989, avant que la cotisation ne soit déplafonnée et son taux ramené à 7 % en 1990 et à 5,25 % en 2014 sans que cela améliore aussi peu que ce soit les prestations pour les plus modestes. Rappelons, aux pleurnichards du Medef, qu'au départ les allocations familiales sont une création patronale. Généralisées par Ambroise Croizat, ministre communiste, les allocations sont devenues du salaire socialisé, elles reconnaissent le travail de la famille pour l'éducation des enfants. Lorsque les enfants sont confiés à une assistante maternelle elles perçoivent un salaire pour faire le même travail.
Même si Le patronat pendant longtemps refuse, contre toute évidence, de reconnaître à ces prestations le caractère d'un élément du salaire. C'est ce caractère cependant qui s'affirme … ». Pierre Laroque 
(1).
Elles ne sont pas un moyen de réduire les inégalités. Pour réduire les inégalités, il y a la fiscalité redistributive, dont la plus juste est l'impôt sur le revenu, à condition qu'il soit progressif et réparti sur un grand nombre de tranches (par exemple : 14 contre 5 aujourd'hui).
Vous faites le contraire, vous réduisez les impôts des riches sous prétexte qu'ils investissent, et que ce serait bon pour l'emploi. Or, s'ils investissent, (quand ils investissent) c'est avec de l'argent gagné sur notre dos et pas  toujours en France. Ce sont des prédateurs.
Les économistes qui accordent le moins d’importance à la réduction de l’inégalité des revenus sont plutôt enclins à penser que les initiatives que pourraient prendre les Etats pour la réduire coûtent trop cher, ou même risque d’être contre-productives. Ces économistes du « libre marché » ont aussi le sentiment que les marchés laissés à eux-mêmes, sans interférence de l’État, sont efficaces, et que le meilleur moyen d’aider les pauvres consiste à laisser se produire, tout simplement, la croissance économique : d’une façon ou d’une autre, ses bienfaits ruisselleront jusqu’en bas de l’échelle sociale et toucheront les pauvres. (Notons avec intérêt que ces croyances persistent bien que la recherche en économie les ait privées de tout fondement intellectuel). Joseph Stiglitz  (2)
Certes, vous avez été élu selon les règles de nôtre Constitution. Mais même inscrite dans nôtre constitution l'élection présidentielle est une élection antidémocratique car une seule personne ne peut prétendre représenter la diversité du peuple de France. De même l'Assemblée nationale par son mode d'élection (scrutin uninominal à deux tours) ne peut être représentatif du peuple que seule une élection à la proportionnelle intégrale peut réaliser.
De plus votre programme n'a eu le soutien que de 18,2 % des inscrits au premier tour et avec des records d'abstention. Cela rend illégitime la casse des conquêtes ouvrières.
Le droit et la loi, telles sont les deux forces ; de leur accord naît l'ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes…La persistance du droit contre l'obstination de la loi toute l'agitation sociale vient de là. (Victor Hugo 1875).
« Il ne faut point faire qu'il (le peuple) convienne aux lois, il vaut mieux faire en sorte que les lois lui conviennent ». St Just.
« Les riches se croient fort nécessaire aux malheureux ; et lorsqu’ils en occupent un grand nombre à leurs ateliers ils disent avec une sorte de jactance qu’ils font vivre beaucoup de monde. Ils devraient dire qu’il faut beaucoup de monde pour les faire vivre dans leur opulent loisir »
Pierre Dolivier, curé, 1793.
« Le capitalisme sur lesquels les sociétés modernes se sont engagées, nous savons maintenant que c’est une voie sans issue. Il nous faut réfléchir à d’autres formes de fonctionnement du marché, que les capitaux servent à ce que le plus grand nombre profite de la richesse générale, loin de la domination de l’argent… C’est très dangereux de privatiser. Le CNR a marqué la nécessité de laisser dans le domaine public ce qui relève du bien commun.».
Stéphane Hessel, Résistant, Déporté, Diplomate, co-auteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’Humanité du 4 novembre 2009.
« Les malheureux sont les puissances de la terre. Ils ont le droit de parler en maître aux gouvernements qui les négligent » Saint-Just.
Michel Cialdella

1) Recueil d'écrits de Pierre Laroque, p. 88. Publié en 2005 par le Comité d'histoire de la sécurité sociale.
2) Vos propos

3) « Un autre monde contre le fanatisme du marché ». Joseph Stiglitz, Éditions fayard septembre 2006

mardi 10 octobre 2017

Et si les libéraux arrêtaient le délire antifonctionnaires.



À Grenoble ils étaient nombreux à manifester contre la politique du gouvernement. Pour la revalorisation des salaires, contre la suppression de postes. Le mépris ça suffit !

Que cela plaise ou non aux libéraux, les fonctionnaires ne sont pas un coût. Il crée de la valeur économique reconnue dans le PIB. Bernard Friot cite souvent l'exemple suivant :
Pour la classe dirigeante si un particulier ton son propre gazon : c'est du loisir. Si il fait appel à une entreprise privée c'est du travail. Si un fonctionnaire territorial-t-on un gazon municipal c'est un coût. Pourtant il s'agit du même travail. Seulement voilà, derrière le travail d'un fonctionnaire il n'y a pas le profit.

Les États-Unis champion du libéralisme ont besoin de secteurs ne recherchant pas le profit. D'où l'importance  de ce que les Américains appellent les non-profit organisations. Elles rassemblent 11 millions de salariés, 7 % de la population active, et pèsent même, depuis 1993, davantage que l'État fédéral dans l'emploi et dans le PIB américain ! (*)

Ce fait est délibérément passé sous silence.
Michel Cialdella



*) Le libéralisme n'a pas d'avenir. Guillaume Duval, éditions la découverte. 2003.

























Courageux les "anars" ils affichent des slogans provocateurs 
et ils se cachent !


mercredi 4 octobre 2017

Qui donc fout le bordel ?



Emmanuel Macron, président de la République s'est de nouveau distingué en insultant les travailleurs de GM&S qui défendent leur emploi : au lieu de f… le bordel il ferait bien(1)
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Dans son discours sur les subsistances le 2 décembre 1792, Robespierre déclarait :
« Des millions au ministre dont il était défendu de lui demander des comptes, des primes qui tournaient au profit des sangsues du peuple ; la liberté indéfinie du commerce, et des baïonnettes pour calmer les alarmes pour apaiser la faim, telle fut la politique volonté de nos premiers législateurs.
… la liberté du commerce est nécessaire jusqu'au point où la cupidité homicide commence en abuser ; l'usage des baïonnettes est une atrocité …
… les auteurs de la théorie (libérale) n'ont considérée les denrées les plus nécessaires à la vie que comme des marchandises ordinaires … ils ont plus disserté sur le commerce des grains que sur la subsistance du peuple….
Ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants des propriétaires et la vie des hommes à peu près pour rien. (2) »
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214 ans plus tard, l'économiste américain Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie écrit, à propos de la théorie du ruissellement : « Les économistes qui accordent le moins d’importance à la réduction de l’inégalité des revenus sont plutôt enclins à penser que les initiatives que pourraient prendre les Etats pour la réduire coûtent trop cher, ou même risque d’être contre-productives.
Ces économistes « du libre marché » ont aussi le sentiment que les marchés laissés à eux-mêmes, sans interférence de l’État, sont efficaces, et que le meilleur moyen d’aider les pauvres consiste à laisser se produire, tout simplement, la croissance économique : d’une façon ou d’une autre, ses bienfaits ruisselleront jusqu’en bas de l’échelle sociale et toucheront les pauvres. (Notons avec intérêt que ces croyances persistent bien que la recherche en économie les aient privées de tout fondement intellectuel) ». (3)

1) Entendu dans le 19/20 sur FR3 ce mercredi 4 octobre 2017.
2) Robespierre : discours sur les subsistances, le 2 décembre 1792
3) « un autre monde contre le fanatisme du marché » Joseph Stiglitz éditions Fayard 2006.


mardi 26 septembre 2017

Non madame la Ministre !

Non madame la Ministre !
Vos solutions ne sont pas le moyen de mieux prendre en compte les besoins sociaux. Car le marché est incompatible avec la qualité des soins.
Jusqu'en 1996 le parlement ne s'occupait pas du budget de la Sécu. Le financement par subvention grâce à la cotisation sociale a permis le développement des CHU et a fait de la France le meilleur système de santé au monde.
Depuis, les hôpitaux se financent en empruntant sur les marchés financiers est c'est la catastrophe ! En 1996 et en année pleine, les intérêts représentaient 35 millions de francs soit environ 7 millions € de 2016.
Toujours en 1996 Balladur augmente la TVA de 2%. Coût pour le CHU de Grenoble 5 à 6 millions de francs en année pleine (environ 1 million € de 2016). Vous avez dit "économie" ?
Notez au passage que les représentants des assurés (administrateurs CPAM) ne siègent plus dans les conseils d'administration des hôpitaux et que la Sécu est quasiment étatisée. Alors la solution est simple : rendez-nous la Sécu qui au départ est une propriété sociale gérée par les intéressés. Faites cotiser les entreprises et ne vous occupez plus de faire voter un budget qui met les hôpitaux à genoux.
Pierre Laroque qui n'était pas un bolchevik, écrivait en 1946 (*) : « Si l'on va au fond des choses, il n'y a pas de différence profonde entre la contribution de l'employeur et la contribution du bénéficiaire. En effet, la contribution de l'employeur est, en réalité la contribution de l'entreprise. Et toute l'évolution économique et sociale aujourd'hui tend à associer les travailleurs à la gestion des entreprises et par la même doit les conduire à considérer que les deniers de l'entreprise sont en même temps les leurs, et que ce qui est versé par l'entreprise est versé par eux, ce qui est d'ailleurs dans une certaine mesure, la vérité. Nous entendons ainsi réaliser le plan de sécurité sociale sans rien demander au budget en demandant tout à l'effort désintéressé et des entreprises ».
Michel Cialdella
ex-administrateur de la CPAM et du CHU de Grenoble

*) (Recueil d'écrits de Pierre Laroque, la documentation française mai 2005.

adressé par courriel le 26 septembre 2017 à 19 h 45

dimanche 17 septembre 2017

Que s'est-il passé depuis 2015 ?



Retenez-moi ou je fais un malheur !

Dans l'hebdomadaire l'"Humanité Dimanche" Jean-Claude Mailly,  secrétaire général de Force ouvrière, accordait un entretien à l'hebdomadaire l'Humanité Dimanche du 29 au 4 février 2015. Au cours de cet entretien il déclarait :
« l'austérité est triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement. On l'a vu avec l'ANI ou l'allongement de la durée de cotisation des retraites : l'austérité conduit à la remise en cause de droits sociaux. Essai politique libéral que l'on nous présente comme nécessaire réduire les déficits publics ne font qu'aggraver la situation ».
« L'économie n'est pas une science, c'est une politique, et il n'y a pas qu'une politique possible ».
« Comme l'ANI et la loi Macron, la négociation sur le dialogue social était inspirée de la même logique libérale : « laissez-nous licencier, après on embauchera » un syndicat qui aurait signé ça n'aurait plus qu'à adhérer au Medef. Comment peut-on accepter de remettre en cause les CHSCT et le monopole syndical sur la négociation collective ? »
En 2017 c'est pire et il est satisfait ! On ne comprend plus…ou alors que nous cache-t-il ?


Michel Cialdella

















mercredi 6 septembre 2017

"Anxiogène" vous dis-je !


Le journal L'Humanité du 4 septembre 2017 nous apprend que le CAC 40 est en passe de battre tous les records de profits avec 52 milliards au premier semestre, en hausse de 26,5 %, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés.

Pour Sanofi le profit est en hausse de 200 % ! Et cela malgré un code du travail anxiogène, comme dirait Gattaz qui n'a pu s'offrir qu'une demeure et un vignoble à 11 millions d'euros.
Ne changez rien pour eux ! Mais pour nous il faut tout changer !

Le 12 septembre tout dans la rue.

Michel Cialdella