mercredi 28 juin 2017

La démocratie euthanasiée.


Lu dans l'Humanité du mardi 27 juin 2017.

La démocratie euthanasiée.

Par Guillaume Foutrier, doctorant et professeur d'histoire-géographie.

 « Vague Macron » pour La Croix, « Macron en marche » pour le Figaro « l'effet Macron » pour les Échos… les quotidiens ont rivalisé de titres ronflants pour qualifier les résultats du premier tour des législatives, mais aucun, hormis l'humanité, n'a fait sa une sur l'événement bien plus considérable dans notre histoire politique : le taux d'abstention de 51,29 % n'est pas seulement le plus élevé de la Ve République ; il bat en réalité-et de très loin tous les records d'abstention aux élections législatives depuis l'instauration du suffrage universel en 1848 !
Un tel chiffre n'est pas seulement l'énième illustration du malaise politique des dernières décennies. Il ne s'agit pas ici d'élections locales ou européennes, dont les taux de participation sont traditionnellement faibles, mais de ce qui fait le cœur des régimes démocratiques apparus au XIXe siècle : l'élection du Parlement, par laquelle le peuple souverain élit ses représentants pour voter les lois. On ne manquera pas, dans les prochains jours, de développer le niveau d'abstention et de gloser sur la « crise » de notre démocratie. Pourtant, ce qui se dessine aujourd'hui, ce n'est pas simplement une « crise », telle que la France en a connu à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930 ; c'est plus profondément une lente euthanasie de la démocratie et l'épuisement d'un cycle politique ouvert il y a près de 50 ans. Le Parlement, certes inchangé dans sa forme, n'est plus l'objet d'un investissement collectif, celui des citoyens qui sont censés lui donnés sa légitimité : ainsi meurent les institutions. Ce sont alors la démocratie parlementaire et, avec elle, la souveraineté du peuple qui disparaissent insidieusement sous nos yeux.
Beaucoup j'ai Miron, comme d'habitude, sur l'apathie des Français et leur manque de « sens civique ». Mais les abstentionnistes montrent en faite bien plus de raison qu'on n'en dit : pourquoi en effet aller voter pour élire un parlement dont on a compris désormais, sans le moindre doute possible, qu'il n'était qu'une caisse d'enregistrement des décisions du pouvoir exécutif, des cabinets ministériels et des directeurs d'administration ? Les Français ne font que tirer intuitivement les leçons d'un régime présidentialisé. Ils comprennent aussi que cette élection sans enjeu ne changera rien à leurs conditions de vie. Il est évident, au regard de la géographie des votes (des taux d'abstention de 60 à 70 % dans les quartiers populaires), que ce retrait du peuple de la politique est d'abord un retrait des couches populaires. Chemin faisant, sans bruit et sans coup férir, notre régime électoral et donc aussi devenu censitaire.
En transformant les législatives en une pâle validation du résultat des élections présidentielles, la réforme du quinquennat (en 2000) et l'inversion du calendrier électoral (en 2001) ont contribué directement à cette explosion du taux d'abstention et amplifier les logiques présidentielles liste de la Ve République : l'abaissement du pouvoir législatif et la boursouflure toujours plus monstrueuse du pouvoir exécutif.
Le scandale des assistants parlementaires, qui nourrit aujourd'hui les envolées présidentielles sur la « moralisation de la vie politique », au culte l'autre vrai problème : les moyens du Parlement sont faibles au regard de ce dont bénéficient les ministères, sur l'immense force de travail et d'expertise des administrations centrales. Aussi le souhait du nouveau président et de réduire d'un tiers le nombre des parlementaires devrait-t-il accentuer, sous l'argument fallacieux de la « modernisation politique », l'effacement complet de la démocratie parlementaire au profit d'une « démocratie exécutive » (1) qui n'a cessé de se renforcer depuis les guerres du XXe siècle et la constitution de 1958.
Plus que jamais, le suffrage universel tend à devenir un alibi et notre Parlement une institution croupion, le résidu d'un régime qui n'a de démocratique que le nom et n'a comme réalité que la loi de l'argent, le triomphe des riches et l'expertise des technocrates. Faut-il que 60 ans de présidentialisme est à ce point intoxiqué les esprits et perverti la culture démocratique pour qu'un tel crime politique ne soit pas dénoncé sans relâche ?




(1) Nicolas Roussellier, la force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècle. Gallimard 2015


mercredi 21 juin 2017

Vous avez dit « légitime » ?



Trop peu de gens remettent en cause la légitimité du président de la République.
Je suis de ceux-là. En effet au premier tour seuls 18,3 % des inscrits ont voté "pour" Emmanuel Macon. Au deuxième tour , il a recueillis 43,61 % des inscrits dont beaucoup ont surtout voté contre Marine Le Pen et il y a eu 22,23% d'abstention.
L'élection du président de la République au suffrage universel direct est une élection antidémocratique. Comment un seul individu (homme ou femme) peut-il représenter la diversité du peuple de France ?
Nous avons un président dont seulement 18,19 % des inscrits et 24,01% des exprimés ont voté pour lui au premier tour, et au deuxième tour il est élu avec 25,44 % des inscrits.
Ce Président ainsi mal élu, nomme un gouvernement…
Viennent les élections législatives. Au premier tour où "La République en marche",  le parti du président "Malélu", obtient 28,21 % des inscrits et l'abstention s'élève à 51,30 %.
Au second tour des législatives La République en marche recueille  16,55 % des inscrits et 43,06 % des exprimés, mais obtient quand même 53 % des sièges (sans aucun ouvrier), avec 57,36 % d'abstention !
Avec ce score Emmanuel Macron va entreprendre une démolition du code du travail (déjà bien entamée sous le gouvernement Hollande) et de la Sécurité Sociale.
Rappelons ce qu'écrivait Jean-Jacques Rousseau dans « Du contrat social » : « Le peuple soumis aux lois doit en être l’auteur…la puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui ». Nous en sommes loin !
Il faut remettre en cause la Constitution qui permet cela. Cette constitution qui postule que le « peuple est souverain » mais permet à un quasi monarque d'avoir des pouvoirs étendus, comme par exemple déclencher une guerre sans même en référer à la représentation parlementaire.
« Toute la vie politique est, aujourd'hui en France, déterminée par l'élection présidentielle. Il s'ensuit un appauvrissement considérable du débat politique et une perversion de la démocratie, objet de manipulation à grande échelle ».(Anicet Le Pors) (1).
C'est donc cela qu'il nous faut changer. Il faut convaincre autour de nous que ce gouvernement n'a pas la légitimité pour détruire les conquêtes ouvrières. De ce point de vue, le gouvernement légitime les luttes du peuple.
Comme l'écrivait déjà Gracchus Babeuf : « Nos députés ne pourront avoir aucun Droit qu'ils ne détiennent de nous, ne devront jamais s'en arroger de leur propre autorité…Ils ne pourront jamais s'écarter de la lettre de leurs mandats…; ils ne pourront pas substituer leur volonté individuelle à celle de leurs commettant ».
Je suis d'accord avec Anicet le Pors lorsqu'il dit :
« La légitimité populaire émane du corps législatif, élu selon un scrutin égal c’est-à-dire à la proportionnelle, car c’est à la politique et non à la technique de faire les majorités. Il ne saurait en effet y avoir de légitimité concurrente émanant du même suffrage universel. L’argument selon lequel il faudrait tenir compte de l’idée que l’on se fait de la prétendue adhésion du peuple français à l’élection du président de la République au suffrage universel n’est que l’expression d’une résignation politique, indigne de notre histoire ».
Notre système organise l’intronisation d’un individu par le suffrage universel afin de lui conférer le maximum de pouvoir ! En guise de modernité, c'est le retour au 18e siècle !
« En tout état de cause, si c’est cela, la « modernité » d’un système – élire un guide à suivre en toute circonstance – alors nous plaiderions volontiers pour un peu d’archaïsme dans nos institutions ». (P. Brunet et A. Le Pillouer). (2)
Michel Cialdella

1) les racines et les rêves. Anicet le Pors. Éditions "le télégramme". 2010.

2) http://www.laviedesidees.fr/Pour-en-finir-avec-l-election.html

mercredi 14 juin 2017

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir nous redresser !




En cette période de campagne électorale, les candidats, en commençant par ceux de « la république en marche », censés faire de la politique autrement utilisent les mêmes mots et les mêmes recettes qui ont fait la preuve de leur inefficacité depuis plus de 40 ans. Bel exemple de marche arrière !

En effet, Raymond Barre, premier ministre de Chirac en 1976, sans doute le premier nous a saoulés avec « La compétitivité des entreprises » censée être le dogme absolu dans un pays pourtant champion du monde de la productivité du travail. 

De redressement en redressement, d'allégements de cotisations en allégements d'impôts, nous avons 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres. Des entreprises délocalisent après avoir touché des fonds publics. Les plus grosses fortunes refusent de contribuer au développement du pays et pratiquent l'exil fiscal privant la nation de 80 milliards d'euros chaque année.

Alors qu'entre 1949 et 2015 le PIB a été multiplié par 7,96 (valeur 2010).

Que disent alors "Les républicains "et autres "marcheurs": « bla-bla la compétitivité des entreprises, bla-bla faut redresser la France bla-bla il faut libérer les entreprises ». Ah bon ! Je ne savais pas qu'elles étaient en prison….

Tous ces perroquets qui répètent en boucle : « baisse des charges ! » feraient bien de réviser (ou d'apprendre) l'histoire récente.

Dès 1948, le CNPF, à peine organisé, soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays »

le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris affiche un diagnostic sans appel : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie une charge considérable. »

En 1949, Paul Reynaud (président du conseil, aujourd'hui on dirait premier ministre) dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ».
Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux, car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont eux-mêmes appelé  les « Trente glorieuses ».

Ce qui faisait dire à ce bolchevik de Pierre Laroque : pendant ces 30 années, on a redressé l'économie permettant des progrès considérables, ce qui prouve bien d'ailleurs que les dépenses sociales n'ont pas nui à l'effort économique. La France s'est enrichie, les salaires se sont élevés et il est rentré de l'argent dans les caisses. Donc, on n'a pas eu de difficultés financières réelles pendant toute cette période. (1)

Quant à Catherine Mills, économiste de la protection sociale : « Au lieu de faire des économies sur les dépenses sociales, sur le travail vivant, la revalorisation de la place des dépenses pour les hommes serait une source de rentabilité sociale bien supérieure et finalement permettrait des économies sur les dépenses liées aux gâchis sociaux capitalisme et de sa crise ».

« Il nous semble qu'une issue réelle à la crise et la marche vers un autre type de développement impliquent d'en finir avec la coupure économique-sociale, avec la primauté de l'économie sur le social. À notre avis, le nouveau type de développement n'est possible que si le progrès social devient le moteur » (2).

Un autre bolchevik, Joseph Stiglitz, écrit dans le triomphe de la cupidité : «Toutes les dépenses n'ont pas le même multiplicateur : si l'argent sert à payer des contractants étrangers … si l'on réduit les impôts des riches, ils épargnent une grande partie de ce qu'ils reçoivent. Si l'on augmente les indemnités de chômage, le multiplicateur est élevé, parce que ceux qui se trouvent soudain à court de revenus vont dépenser pratiquement chaque dollar qu'on leur versera ». (3)
Michel CIALDELLA

Notes
1) Pierre Laroque, entretien avec la revue le "Droit ouvrier" en octobre 1995.
2) l'économie de la sécurité sociale ; par Catherine Mills - 1981
3) Le triomphe de la cupidité ; Joseph Stieglitz-2010



samedi 10 juin 2017

Une amie écris au candidat FI de sa circonscription

Raymonde Bièvre
Retraitée
05190 Remollon
bievrer@gmail.com


Lettre ouverte à monsieur Joël Giraud
Candidat La République en marche
2ème circonscription des Hautes-Alpes


Remollon, le 9 juin 2017

Monsieur le député, candidat aux législatives, 11 et 18 juin 2017

Monsieur,

 Vous avez décidé de nous représenter avec la République en marche au nom du renouveau politique, contre la professionnalisation de la vie politique et pour sa moralisation si j’en crois le clip de campagne de votre mouvement que vous avez rallié en tant que Radical de gauche, apparenté au groupe socialiste à l’Assemblée nationale.
Vous êtes entré en politique en 1986, maire de l’Argentière-la-Bessée depuis 1989 et député depuis 2002. Vous avez de nombreuses casquettes et il me  semble que vous représentez plus l’opportunisme que le renouveau. Le non renouvellement des mandats, c’est pour les autres.

Les auto-proclamés de la société civile dont vous faites  partie, ne vont représenter qu’eux-mêmes. Ils se disent retraités, mathématiciens, étudiants, salariés. Ils oublient de préciser que s’il y a bien un mathématicien, un chômeur, trois infirmières, un fonctionnaire de l’État civil, un gardien de la paix, aucun ouvrier, 75 % des candidats représentent les couches intellectuelles supérieures (CSP +), 15,5 % les chefs d’entreprise. Quand on ajoute les deux catégories, on constate que 90 % des investis ne représentent que 9,5 % et 3,5 %  des actifs français. Parmi ces investis de la société civile, on compte des médecins, des avocats, des hauts fonctionnaires, des lobbyistes (17) des consultants (16), des communicants (12). Voir Marianne, n° 1053, 26 mai 2017, page 39.
Donc, rien de bien nouveau dans ce bas monde : les CSP +  avec le patronat vont être représentées par des élus CSP+ et le patronat qui vont défendre leurs intérêts de classe  au détriment de l’intérêt général. Ils se font élire dans ce but. La présence renforcée des lobbies au sein même du gouvernement (assureurs, MEDEF, etc) est un mauvais signe pour les travailleurs .Pour preuve les documents publiés par le Parisien et Libération sur la réforme du Code du travail. le patron maître chez lui, les syndicats déclarés hors jeux et ringards, sécurité pour le patronat curieusement rebaptisé entreprise, flexibilité pour les salariés, surtout les ouvriers. C’est le rêve du gouvernement Hollande réalisé par le gouvernement Macron.
J’apprends l’existence de soupçons de sous-notation forcée chez Sanofi. Des salariés seraient sous-évalués pour atteindre des quotas de mauvais collaborateurs fixés par la hiérarchie. Modèle de new management à la Macron, Sanofi avec des évaluations à tous les niveaux, la délation encouragée donne une piètre image de la société dite civile.

Et votre République, comment la définissez-vous ?

     La République des inégalités ?
    Inégalités entre salariés suivant le paternalisme plus ou moins soft des employeurs,
    Inégalité entre écoliers qui pourront avoir ou non des rythmes scolaires adaptés selon les ressources des communes.
     Inégalité entre collèges et lycées dont les enseignants seront choisis par les directeurs d’établissement selon des critères vraisemblables de servilité   et de performance,
    Inégalité entre universités autonomes .dontles financements dépendent du privé
    Inégalité d’accès aux soins. Je ne vois guère de solutions pour sauver l’hôpital public.
     Inégalité d’accès au services publics donc entre les territoires dont l’affairiste monsieur Ferrand est en charge.

    La République pas sociale 

     En attendant les ordonnances contre les salariés, le gouvernement vient d’imposer aux chauffeurs de camions citernes par décret ministériel de travailler deux heures de plus par jour en levant la limite des 10 h par jour et également en levant les limites de leurs congés, au prétexte de réapprovisionner les stations services. Ces méthodes en disent long sur ce qui nous attend.

     La baisse du coût du travail par la baisse ou la suppression des cotisations sociales compensées par l’augmentation de la CSG, est la pire attaque contre les salariés et les retraités.

     La mort de la Sécu programmée fait frétiller les assurances privées. La masse d’agent de la Sécurité sociale qui échappe aux profits constitue pour eux un véritable scandale.

    Qui peut croire à une augmentation du pouvoir d’achat sans hausse de salaire, à commencer par l’augmentation du salaire minimum ? Grâce à la baisse des cotisations sociales employeurs, ceux-ci économiseront  1800 euros par an et par salarié au SMIC . Vont - ils en faire cadeau aux salariés ?

    J’aimerais vous poser une question : en quoi faciliter les licenciements favoriserait-il l’emploi ? Je me trouve ici devant un vide conceptuel. Ou bien est-ce une métaphore pour cacher l’augmentation des profits ?

     Silence radio sur le sort des réfugiés.

    Votre République est-elle  laïque ?

    Ce thème n’intéresse pas les candidats de votre mouvement, mais les positions de la youtoubeuse, ministre de l’égalité des femmes et des hommes (où est passé le droit?) sont très inquiétantes : n’a-t-elle pas signé un appel lancé par les organisations islamistes au titre de « je ne suis pas Charlie » ?

    Votre République est-elle démocratique ?
    9 millions de pauvres, ceux qui n’ont pas la capacité d’adaptation requise par un monde libéral (Laeticia Strauch-Bonnart, La France des oubliés, citée dans le Figaro) sont abandonnés à leur sort. Ils seront peu ou pas représentés à l’Assemblée nationale. Le slogan, élections, piège à cons reprend avec vous toute sa vigueur.
    Le renforcement de l’état d’urgence se fait au détriment des libertés publiques et individuelles. S’il renforce le contrôle de la population, il semble inefficace pour combattre le terrorisme. Certains pensent (attention danger) que le renforcement de la démocratie, le développement de l’esprit critique (et non de l’esprit d’entreprise) par l’éducation et la culture seraient les armes efficaces contre le terrorisme.
    Le renforcement du pouvoir personnel par Macron, promu leader du monde libre par le Point, est lui bien en marche, bien éloigné de la démocratie participative accommodée à toutes les sauces et de la démocratie sociale réduite à des consultations avec les syndicats.

Sur le plan local, 
    Vous promettez d’améliorer les routes, c’est une nécessité absolue dans les Hautes Alpes mais comment comptez-vous améliorer la vie des villages traversés par des routes fréquentés de façon intense par d’énormes camions dont très peu respectent les limitations de vitesse sans jamais être pénalisés ? (Prenez l’exemple de Remollon)
    Vous vous engagez dans la transition énergétique, mais quelle est votre position sur la construction d’une ligne à très haute tension qui va passer par Réallon, petit village de montagne et station de ski familiale ?
    Vous voulez maintenir et encouragée l’agriculture et l’élevage dans les Hautes Alpes (prime à l’installation, abattage des loups) très bien, mais pour produire quoi ? Un rapport de Greenpeace de 2015 pointait la teneur importante de produits appelés pudiquement phytosanitaires dans les vergers de France et des Hautes Alpes,7 % de la production française. Pendant des mois, tous les jours de la semaine, nous subissons le bruit des moteurs de tracteurs qui inlassablement répandent leur poison sur les pommes, les poires, les vignes. Vous comprendrez que manger local dans ces conditions soulève le cœur.. L’air, l’eau, la terre sont pollués, jusqu’aux lacs de montagne.  La justice a confirmé le rapport de Greenpeace : les pommes sont bien empoisonnées par des cocktails de pesticides. A quand une production qui réponde aux besoins de la population ?
Vous l’avez compris, je ne voterai pas pour vous, comme des millions d’électeurs qui vont soit s’abstenir, soit voter pour un autre candidat. J’ai la certitude que les oubliés de la nation, retraités ou actifs, immigrés ou pas, ne vont pas se laisser exploiter sans rien dire. L’humiliation comme moteur de gouvernance est à l’origine de nombreuses révoltes et luttes qui vont s’organiser. Avancer masqué, par l’utilisation de subterfuges comme la moralisation et la transparence (pour les autres) pour mieux attaquer et faire reculer les droits des travailleurs, arrachés par la lutte, à coup d’ordonnances et satisfaire ainsi le MEDEF n’est que de la basse politique au service des nantis.
Je termine en vous conseillant une lecture, puisque vous vous présentez pour un dernier mandat, dites-vous avant de prendre une confortable retraite. Il s’agit du livre de Michel Cialdella, militant CGT, ex-administrateur de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Grenoble.
La Sécurité sociale, une conquête en danger
16 euros + 5 euros de frais de port
A commander à Michel Cialdella
6 rue Joseph Bertoin
38600 Fontaine.
Vous y apprendrez l’histoire de la Sécu et n’oublierez plus que la Sécu nous appartient.
Raymonde Bièvre





jeudi 27 avril 2017

Élection piège à cons ?


Ce slogan gauchiste doit nous interpeller. L'histoire est riche d'enseignements. Michel Rocard à l'époque où il était au PSU reprenait ce slogan. Dans la préface au manifeste du PSU (1972) il écrit « les forces socialistes s'attacheront à la construction d'une société réellement libre sous la direction des travailleurs eux-mêmes ». Plus loin « la social-démocratie est ainsi devenue une gérante parfois médiocre comment France… du capitalisme ». Et puis, premier ministre, il est passé à la réalisation du "piège": il détricote le statut de la régie Renault qui devient une entreprise "comme les autres". Il invente la CSG qui instaure la fiscalisation de la Sécurité sociale. Il insulte les militants de la CGT en les traitant d'"encagoulés". Le 11 janvier 1990, devant un parterre de patrons, il dira : « Le monde salarial a pris de mauvaises habitudes historiques. Il veut la sécurité de son pouvoir d’achat. Mais j’entends le combattre ».

En 2002, pour faire barrage au Front National nous avons voté Chirac, lequel n'a tenu aucun compte du fait qu'il était élu avec des voix de gauche. Sa politique a largement contribué à faire progresser le Front National.

En 2012, pour virer Sarkozy, nous avons voté François Hollande, lequel reniant ses engagements a poursuivi la politique mise en œuvre par Sarkozy. Nous avons eu la loi El Khomri passée en force à l'Assemblée nationale (avec le 49-3), des violences policières et des syndicalistes condamnés à la prison pour avoir défendu l'emploi. La Sécurité sociale a été mise à mal. C'était somme toute logique car ils étaient d'accord avec les traités européens. Conséquences prévisibles le Front National a progressé. (16,8 % en 2002, 18,5 % en 2012, 21,3 % en 2017)

En 2017, toujours dans la même logique, certains voudraient nous faire voter pour Emanuel Macron, l'instigateur des lois régressives. S'il est élu, des l'été il entend faire passer par ordonnance la poursuite et l'amplification de la loi travail et particulièrement l'inversion de la hiérarchie des normes. À force de voter pour le moins pire, le pire est assuré.

En France, la classe ouvrière a choisi (et je pèse mes mots) d'affaiblir le parti communiste français. Certes celui-ci porte une partie de la responsabilité, mais pas toute.

À force de ne plus désigner clairement l'ennemi de classe (le capitalisme) le fascisme en a trouvé un : « l'immigré ». Pourtant il faut que ce soit un milliardaire, Warren Buffet qui nous rappelle à la réalité : « La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter » (1). Alors je m'interroge, en quoi l'homme des banquiers serait-il un rempart contre le fascisme, alors qu'historiquement ce sont les banquiers et les industriels qui l'ont "fabriqué".

Souvenons-nous que la Confédération Générale de la Production Française (CGPF), organisation patronale créée en 1919 a collaboré avec le régime de Vichy et l’Allemagne nazie. La CGPF a même soutenu financièrement le parti fasciste de Doriot le P.P.F. Dans son livre industriel et banquiers français sous l'occupation, Annie Lacroix riz écrit « La haute banque soutenait… la Cagoule » (2) organisation fasciste dont le chef suprême s'appelait Philippe Pétain (3).
Michel Cialdella
 

1) cité par François Ruffin dans « la guerre des classes » éditions fayard. 2008.

2) Industriels et banquiers français sous l'occupation. Nouvelle édition entièrement refondue. Annie Lacroix riz. Éditions Armand Colin. 2013.

3) De Munich à Vichy. Annie Lacroix riz. Éditions Armand Colin. 2008.

lundi 24 avril 2017

LES MODERNES

Le discours des puissants est inspiré du 19e siècle !

En mars 1837, à Lyon, on dénombre 1006 familles de tisseurs (chef d'atelier) prise en charge par le comité pour l'organisation des secours. Les pouvoirs publics ouvrent la chasse aux mendiants. Dans une brochure publiée en 1829, le futur préfet de Lyon Bouvier-Dumolart, condamne les « erreurs » inspirées par la charité chrétienne, ces aumônes qui « sont le plus souvent une prime d'encouragement donné à la fainéantise et à tous les vices qui lui servent de cortèges ».

L'aide à la vieillesse ? « Lorsque ses besoins ne sont que la conséquence nécessaire de ses vices et de son imprévoyance, elle est plus digne de blâme que de secours ».

Il avance comme solution de renvoyer dans leur commune d'origine « les faux pauvres qui mendient », ce qui, dit-il, en réduirait de moitié le nombre. Quant au reste, il le divise en deux catégories : les vrais indigents, trop vieux ou trop malades pour travailler, recevraient des secours à domicile ; les autres seraient embrigadés pour œuvrer dans le bûcheronnage, l'assainissement, le curage des fossés, l'entretien des routes. Les filles pourraient être employées à filer, ce qui leur procurerait de faibles ressources, mais « il faut si peu de choses à la campagne lorsqu'il ne s'agit que de vivre » !… Il conviendrait enfin d'enfermer dans des maisons de correction départementale les étrangers exclus des travaux et les vagabonds volontaires « qui ne doivent exciter aucune pitié » (1)
1) Bouvier-Dumolart , Essai sur les moyens d'éteindre la mendicité, Paris 1829

samedi 22 avril 2017

La Sécurité sociale une conquête en danger


Tous les gouvernements depuis près de 40 ans sous prétexte de sauver notre Sécu, s'acharnent à la réduire pour la rendre inefficiente afin qu'on ne la défende plus.
Pour comprendre et lutter pour son amélioration, ce livre est plus que jamais d'actualité !
 
Ouvrage réalisé par Michel Cialdella