lundi 12 février 2018

à propos d'un échange épistolaire avec Yves Montand




Fontaine, le 11 octobre 1981.

Lettre ouverte à Monsieur Yves Montand.

Monsieur.
J'ai eu l'occasion d'écouter vos propos, hier, sur France Inter. Ça n'est pas la première fois que je vous entends donner des leçons sur les antennes de radio et de télévision.
Mais cette fois c'en est trop ! Vous traitez les salariés d'"assistés". Mais qui êtes-vous pour vous permettre cela ? Vous n'êtes pas qualifiés, avec vos millions pour critiquer ceux qui pour quelques milliers de francs par mois, transpire, se blesse, et parfois meurt au travail pour que les "Montand" puissent vivre dans l'opulence. Alors un peu de pudeur, et du respect pour les salariés. Ils ne sont pas des assistés, mais des exploités. Que connaissez-vous des conditions de travail sur les chantiers, dans les mines, les cadences sur les chaînes, des 3x8 qui détruisent la santé de ceux que vous appelez les assistés ? À l'évidence, rien !
Les assistés ce sont les patrons qui accumulent les profits grâce à la surexploitation des salariés.
Vous plaignez les petits patrons… ils ne dormiraient pas la nuit… le souci… mais c'est dans les petites entreprises que le degré d'exploitation est le plus élevé. Bien sûr c'est à cause des gros ! Mais ce sont les travailleurs qui en pâtissent. C'est un petit patron qui m'a licencié parce que je suis un militant de la CGT (comme votre frère). Je vous rassure tout de suite, cela ne l'a pas empêché de dormir la nuit, il continue de bien gagner sa vie grâce au travail des autres.
Vous défendez toujours cette vieille théorie réactionnaire : « je me suis fait tout seul ». Certes vous avez "réussi "comme on dit, avec énormément de talent et encore plus de chance. Mais je voudrais vous dire : « tout seul, vous n'êtes rien ! ». En effet, sauf de vous produire devant votre glace, vous avez besoin des autres. En ce moment vous avez besoin d'une salle de music-hall (construite par des assistés), de musiciens, de compositeurs, de spectateurs (parmi eux un grand nombre d'assistés). On pourrait continuer comme cela s'agissant du cinéma, des disques. Cela devrait susciter de votre part un peu de respect pour ces gens que vous semblez mépriser.
Je vous ai entendu approuver l'installation des fusées américaines en Europe. Une fois installée et seulement à ce moment, vous descendrez dans la rue pour leur demander qu'ils les enlèvent des deux côtés. Comme le ferait n'importe quel partisan de l'escalade nucléaire, vous invoquez « la menace soviétique » notamment avec leurs fusées "SS 20". Je pourrais vous rétorquer, ainsi que tous ceux qui évoquent le surarmement et l'agressivité soviétique : « s'ils ont une telle supériorité militaire et une telle agressivité, qu'est-ce qu'ils attendent pour nous attaquer ? ». Toutefois, vous semblez oublier les 20 millions (*) de morts soviétiques dans la lutte contre le nazisme. Ce qui suffirait déjà à les rendre méfiants et peu plus désireux de faire la guerre. La menace ne viendrait-elle pas de l'impérialisme américain ? Les États-Unis refusent toujours de ratifier les accords SALT 2 qui pourtant consacraient l'équilibre des forces (les SS 20 existaient déjà). Cet équilibre était constaté par le président Mitterrand au cours de sa première conférence de presse. S'agissant de menaces, je vous signale que les SS 20 sont disposés sur le territoire soviétique, tandis que les Pershing ne sont pas disposées sur le territoire américain, mais en Europe. Les menaces et l'agression ne viennent pas de l'URSS.
Qui donc, à maintes reprises, ces dernières années est passé de la menace à l'agression ?
Les États-Unis sont intervenus (**) :
1.     En 1954 Guatemala.
2.     En 1958 au Liban.
3.     En 1961 à Cuba.
4.     En 1964 au Panama.
5.     En 1965 à Saint-Domingue.
6.     En 1978 au Zaïre.
Ce n'est pas l'URSS, mais les USA qui ont fait la guerre de 1100 61515 Vietnam, et au la hausse, puis au Cambodge.
Ce n'est pas l'URSS, mais les États-Unis qui ont quelque 2500 bases militaires sur le territoire de plus de 100 pays étrangers.
Qui est à l'origine de la course aux armements ?
1.     La bombe atomique est apparue aux USA en 1945 et en URSS 5 ans plus tard.
2.     La bombe à hydrogène américaine date de 1953, la soviétique de 1954.
3.     Les bombardiers américains à grands rayons d'actions datent de 1953. Les soviétiques de 1957.
4.     Les fusées américaines de portée intermédiaire de 1953, les soviétiques 2159.
5.     Les armes nucléaires tactiques américaines de 1955, les soviétiques de 1956.
6.     Les missiles intercontinentaux américains (ICBMM) de 1955. Les soviétiques 2157.
7.     Les sous-marins atomiques américains de 1956, les soviétiques de 1962.
8.     Les fusées américaines à ogives multiples à trajectoires indépendantes (MIRV) de 1970, les soviétiques de 1975.
9.     Qui aujourd'hui, fabriquent la bombe à neutrons ? « Les États-Unis ».
Si l'on suivait votre raisonnement nous devrions attendre que l'URSS la fabrique à son tour pour qu'on demande à tous les deux « de se les mettre quelque part » pour reprendre votre expression.
·       Qui augmente le budget militaire de façon considérable ? : Les USA.
·       Qui soutient les dictatures en ce monde ? : Les USA
Le bilan de l'impérialisme est lourd ! Bien évidemment, il n'y a pas en URSS 250 millions de petits saints, mais la course aux armements nuit au développement du socialisme, tandis qu'elle assure des profits considérables aux capitalistes.
Je crois qu'il était utile de rappeler un certain nombre de faits. Vous souhaitez la contradiction, voici une modeste contribution. Seulement, moi, on ne me tend pas les micros.
En somme ce samedi 10 octobre 1981, l'assisté c'était vous ! Longtemps j'ai cru que vous vous trompiez, car, et ce serait humain, vous n'avez plus la même vision du monde que lorsque vous étiez pauvres, vu votre situation financière, vos relations.
Mais aujourd'hui, j'ai le sentiment que vous avez choisi votre camp celui de la grande bourgeoisie. Peut-être que les projecteurs du music-hall vous éblouissent et vous empêche de voir le monde tel que je le vois.
À la télévision je vous ai entendu dire : « les anciens combattants emmerdent ». Moi, c'est les donneurs de leçons !

Je salue l'artiste

Michel Cialdella

* aujourd'hui nous savons que c'est plus proches de 26 millions.
** Source le journal L'HUMANITE


Réponse d'Yves Montand


Réponse d'Yves Montand sur carte postale le 26 octobre 1981.

On peut remarquer que l'adresse a été formulée de la façon suivante :

6, rue Joseph Staline  Berthoin.         Il a rayé  Staline en le laissant lisible

Recopié tel que Yves Montand l'a écrit.

Non Monsieur je n'ai jamais dit que les travailleurs étaient des assistés (sa c'est vous qui le dites…) j'ai dis moi : qu'il ne fallait pas leur donner une mentalité d'assistés par de démagogiques surenchères !… Comprenez-vous cela ?… Bien-pour l'instant je m'aperçois que le donneur de leçons c'est vous-peut importe - sachez pour votre gouverne que j'étais à l'usine a l'âge de 11 ans 1/2, et oui ! Vous avez bien lu 11 ans 1/2 et que les "cadences infernales" les "luttes syndicales" la charge de la "mobile" comme on disait à l'époque je connais (se n'est pas une façon suffisante pour croire qu'il n'y a qu'UNE vérité…). Pour votre gouverne l'argent que je gagne je "me" le gagne tout seul. Je veux dire sans exploiter personne. Ce qui me donnerait par conséquent le droit de vous dire d'aller vous faire foutre ! Ce que je ne ferai pas par courtoisie et pour rester poli.
Yves Montand




dimanche 11 février 2018

Un modèle allemand dont nos élites ne nous rebattent jamais les oreilles.





Dans l'humanité dimanche du 8 février 2018, on peut lire un article sur la conquête des 28 heures hebdomadaires obtenues par 3,9 millions de métallos. Et le mouvement pourrait rebondir dans la fonction publique et les services ou se mènent des négociations salariales.



Cela n'est pas obtenu sans lutte. Les patrons ne renoncent pas plus en Allemagne qu'en France. Signe de l'escalade du conflit, des entreprises ont intenté des recours auprès des tribunaux pour réclamer des dommages et intérêts, une démarche très inhabituelle outre-Rhin dans le secteur de la métallurgie. La lutte des classes passe aussi par les tribunaux.

mardi 6 février 2018

UN DIRECTEUR D'EHPAD TEMOIGNE


Pour Thomas, directeur d’établissement, ce système d’œillères sur les dysfonctionnements majeurs que rencontrent les EHPAD est« intolérable »

Il témoigne :
La ministre a essayé de sortir ses vieilles recettes consistant à opposer les catégories de personnel pour mieux masquer la réalité. Les directeurs contre les soignants, les établissements contre les aidants, les médecins contre les paramédicaux etc. etc. Diviser pour mieux régner. Faire diversion et désigner des boucs émissaires pour mieux noyer le débat.
Aujourd’hui, en tant que directeur, je suis venu dire à la ministre que je suis fier d’être un mauvais professionnel, je suis fier de lui dire avec de plus en plus de mes collègues que je ne veux plus mettre mes capacités managériales au service de ses objectifs d’austérité.
Je suis fier de lui dire que je ne veux plus être le lampiste qu’on fait sauter quand on prend la peine de se pencher sur les Ehpad et qu’on découvre, oh stupeur !, qu’ils dysfonctionnent par un manque criant de moyens.
Je suis fier de dire aujourd’hui, même si cela peut déplaire à madame la ministre ou ses sbires à la tête de l’ARS, que mon métier n’est pas d’être un gestionnaire de coûts, un « cost killer » selon la terminologie managériale.
Je suis fier de dire que je ne veux pas être le petit caporal d’un pouvoir politique dont les desseins sont la destruction du service public et pas le service rendu à la population.
Ce qui fait au contraire mon honneur professionnel, c’est de dire « haut et fort » que je suis le témoin des politiques qui nous conduisent à la catastrophe car elles vont à l’encontre de l’intérêt général de la population.
La vérité, c’est qu’on fait bosser des gens dans des conditions de merde là où on n’a même pas 0,6 personnels / résident et qu’il nous faudrait impérativement 1 soignant pour 1 résident.. Ça fait des années qu’on le sait et des années qu’on ne fait rien.
on fait bosser des gens dans des conditions de merde
La vérité, c’est que la réforme de la tarification issue de la loi ASV de décembre 2015 a fait perdre en moyenne 40 000 € à chaque Ehpad donc concrètement un à deux emplois qu’on supprime. Sans compter les contrats aidés qui disparaissent alors qu’ils devraient être embauchés en contrat pérenne. `
La vérité, c’est qu’on n’a plus le temps de se réunir en équipe, de partir en formation, de se réserver tous ces temps qui sont pourtant si essentiels pour garantir la qualité des prises en charge.
La vérité, c’est que des investissements essentiels ne sont plus réalisés faute de moyens et qu’on ouvre aussi grand les portes au secteur lucratif qui veut faire main basse sur les revenus des personnes âgées qui restent solvables.
La vérité, c’est que pour raboter les prix, on en vient à supprimer les animations, les sorties, les soins esthétiques, tout ce qui fait le supplément d’âme indispensable pour les personnes qui sont pourtant de plus en plus dépendantes.
La vérité, c’est aussi que rien n’est prévu pour faire face au choc démographique d’une population de personnes dépendantes qui augmentent de 20 000 par an en France.
La vérité, c’est qu’on nous ment quand on instrumentalise le maintien à domicile pour faire soi-disant face au choc démographique en faisant mine de respecter le souhait des personnes vieillissantes.
La vérité, c’est qu’on a mis 50 ans pour mettre fin aux hospices mouroirs et que les mesures mortifères imposées par nos gouvernants ne mettront pas 10 ans avant de les recréer.
Dans ces conditions, je suis plutôt fier de décevoir madame la ministre mais je veux aussi lui dire toute la colère que nous avons aujourd’hui.
Car pendant qu’on perd notre temps à trouver des bouc-émissaires, on fait diversion, on nous empêche de parler des vraies difficultés, on nous prive en quelque sorte de débat public et de démocratie.
Nous sommes en colère mais nous sommes aussi déterminés. Car cette fois-ci, les tours de passe-passe ne suffiront plus à éteindre le feu social qui couve depuis trop longtemps.
Aujourd’hui, nous avons atteint un point de non-retour. Nous sommes dos au mur, il n’y a plus de petites poires pour la soif, plus de petits budgets annexes à grignoter, de patrimoine à vendre ou de meilleure gestion à mettre en œuvre. Rien de tout cela, nous sommes à l’os. Et face à un gouvernement ATTILA qui veut réduire en cendres tous nos conquis sociaux, il n’y a plus 36 solutions, il faut donner du volume au mouvement qui s’est enclenché aujourd’hui. Face à un tel gouvernement, seule une négociation sous la pression du rapport de force, peut changer radicalement la donne.
Faute de quoi, la ministre se bornera à quelques annonces et on sera repartis pour des années de souffrance et de régression.
Aujourd’hui, j’ai plus que jamais la conviction que nous pouvons gagner.
La ministre a dû la semaine dernière commencer à lâcher du lest, sentant bien que nous serions au rendez-vous.
Il faut continuer ainsi, faire en sorte que chacun trouve sa place dans la lutte décisive qui s’engage, quelle que soit sa position professionnelle, son métier ou son parcours. Face aux manipulations et aux logiques de division de nos gouvernants c’est de plus de solidarité, de cohésion et de rassemblement dont nous avons. Car c’est ni plus, ni moins que notre modèle de société qui est en jeu, celle que nous voulons pour nos aînées mais aussi pour nous mêmes.


samedi 3 février 2018

Bannir les expressions patronales



Merci Michel pour ta ténacité et ton refus de te taire.




Peux-être as-tu lu dans l'Huma en dernière page il y a deux ou trois jours que mon courrier accompagnant ma contribution financière avait été publié......très partiellement!! Je demande, (en fait je redemande comme il y deux ou trois ans!!) et à partir d'exemples concrets pris dans des articles de l'Huma, que les mots anglais ne soient utilisés que lorsqu'il n'y a pas l'équivalent en français. Et surtout de bannir toute expression patronale du genre "coût du travail" "charges sociales" et, tout récemment cette nouvelle merveille, "inflation des coûts du travail". Expressions qui utilisées dans un journal communiste contribuent à entretenir le camouflage de la réalité de l'exploitation et à culpabiliser les salariés (la main d'œuvre chinoise est moins exigeante, moins flemmarde que la française) : le capitaliste achète (salaire et cotisations) l'usage de la force de travail des salariés et, au nom du droit lié à la propriété privée des moyens de production, il s'accapare toutes les richesses produites par cette force de travail, ne lui reversant que la part  arrachée par le rapport des forces "classe salariale/classe capitaliste". Si le patron "payait le travail" il ne gagnerait rien. Le travail n'est pas une charge, c'est une nécessité humaine et sociale sans laquelle aucune richesse n'est produite et donc aucune plus-value, aucune valeur ajoutée (accaparée). J'ai envoyé 6 courriers, gentils mais fermes, et personnels à chacun des journalistes ayant utilisé anglicismes et expressions patronales. Aucune réponse, voire poursuite de l'emploi que je condamne par certains dont Maurice Ulrich rédacteur 1 fois sur 3 de l'édito de l'Huma journalière.


Je n'en ai rien à f....., je continue à leur envoyé mes remarques, critiques mais aussi félicitations pour les articles qui m'ont beaucoup plu. J'ai l'impression que la formation marxiste des journalistes de l'Huma n'est pas top!!

Salut et à la prochaine manif ce qui ne va pas tarder.
Fraternellement;                                               
Roger BRIOT, le 5 septembre 2008

dimanche 31 décembre 2017

Non au PUB débile


Fontaine le 31 décembre 2017
Posté ce jour sur son site.
Bonjour Monsieur Stéphane Bern
Une pub débile vous fait présenter Robespierre comme un tyran sanguinaire.
Puis-je vous conseiller de lire de véritables historiens pour une approche plus juste du premier homme politique à avoir demander l'abolition de la peine de mort, de l'esclavage.
A avoir le premier employé LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ.
Le 7 mai 1794 il déclarait avec lucidité :
Voici un article de la monarchie :"Tu ne voleras pas, à moins que tu ne sois le Roi, ou que tu n'aies obtenu un privilège du roi. Tu n'assassineras pas , à moins que tu ne fasses périr, d'un seul coup, plusieurs milliers d'hommes"
Napoléon pour ses conquêtes a fait tuer un million d'hommes (Henri Guillemin). 
J'attends une critique de votre part.
Michel Cialdella

vendredi 29 décembre 2017

Liberté, égalité, fraternité



Liberté, égalité, fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont les trois marches du perron suprême. La liberté, c'est le droit, l'égalité, c'est le fait, la fraternité, c'est le devoir. Tout l'homme et là.
Victor Hugo

À lire dans l'humanité du 29 décembre 2017.



Un texte de Cédric Herrou, citoyen de la vallée de la Roya, solidaire des migrants.

Au cours de l'année, mon domicile est devenu une terre d'asile, « la terre de l'homme fou qui aide sans réfléchir », disait Ousman, venus du Tchad. Seulement 3 ha de terres protégeant des hommes et des femmes poussés par la volonté de vivre. Un « camp » pour certains, une utopie pour d'autres. Le préfet n'est pas la justice, seule la justice peut entrer en propriété privée. Ici les Noirs pourchassés devenaient des hommes ayant des droits, et le préfet n'en voulait pas. Cette terre de paix s'est transformée au fil des mois en camp retranché. Ce refuge s'est vu encercler par les forces armées de l'État français. Jour et nuit, ils étaient des dizaines d'hommes à se relayer pour épier, surveiller, traquer. Sur les routes, les hommes armés ont encerclé le havre de paix, empêchant femmes hommes et enfants d'accéder aux droits fondamentaux de notre République. L'État est devenu la terreur des faibles. Ici ce n'est plus la France. Ici c'est le Soudan, l'Érythrée, le Tchad, la Somalie, ici, c'est la Libye.
Ça fait peur parfois, surtout la nuit, quand on entend la porte grincer. C'est la nuit qu'on imagine le pire, les rêves font resurgir les émotions de la journée. Les pas du Chat Noir sur le parquet deviennent des pas de gros gaillards aux crânes rasés. Le bruit du vent dans les arbres devient une perquisition musclée. Le glapissement enroué du renard se transforme en hurlement d'une jeune femme perdue dans la forêt. Nous étions comme des marins sur un bateau se battant contre le vent violent. Le bateau gîtait à la limite de dessaler : vues du bateau nous avancions, vu de la terre nous recueillons. Les courants nous trompaient. Deux mondes se battaient, le nôtre, sans arme ni violence, est celui orchestré par le préfet. Mais quand on a pas d'armes, on utilise ce qu'on a de plus fort en soi, le bon sens, l'amour et la fraternité.
Briser le bateau d'un marin ne le tue pas, mais lui donne la rage. Pas la rage à laquelle vous pensez, celle qui rend le monde est gris, mais celle qui fait qu'on se sent envie, celle qui donne envie de se battre pour l'amour de naviguer où bon nous semble.
En début d'année, ma volonté été que l'État prenne le relais, qu'il était de son devoir de protéger toute personne en danger. Puis il est mort à la frontière franco-italienne se sont banalisés, la police et la justice sont devenus les bras armés d'une politique dérivante et discriminante. Le pas a été franchi, je ne pourrais plus rien attendre de cet état, mais je garde confiance en vous, acteurs de notre société. Que l'année 2018 soit l'année de convergence des luttes, pour que la France redevienne celle des droits des femmes et des hommes, pour que la politique redevienne au service du peuple. Nous nous décourageant pas, la lutte restera belle tant que nous aurons confiance en elle.
Cédric Herrou

*******
Le droit et la loi, tels sont les deux forces ; de leur accord naît l'ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes. Victor Hugo

********
« J'aime beaucoup le président, vu de dos, quand il s'en va ». Victor Hugo.


jeudi 28 décembre 2017

LE CHÔMAGE A BAISSÉ ?



LE CHÔMAGE A BAISSÉ ?
Le nombre d'inscrits à pôle emploi en novembre et publié mercredi 27 décembre 2017 est en baisse de 0,2 % sur un mois toutes catégories confondues. (Cris de victoire). Sauf qu'il augmente de 0,7 % sur un an et qu'il se situe au-dessus des 6,6 millions. En ajoutant les "bénéficiaires" du RSI, ceux qui sont rayés des listes pour raisons diverses nous arrivons à 9 millions de personnes hors emploi. Il n'y a pas de quoi pavoiser.

Le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, premier mendiant de France qui vient de s'offrir un château à 11 millions d'euros (l'Obs du 23 août 2017), a estimé ce mardi 26 décembre, qu'il fallait mieux contrôler les chômeurs dans leur recherche d'emploi, évoquant un "contrôle journalier". Lui qui a toujours la sébile  à la main. Sa famille qui contrôle le groupe fait valser les dividendes : ils ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros !....même pas honte.



L’ensemble des cadeaux faits au patronat sous forme d’aides directes et de crédit d’impôt se monte annuellement maintenant à prés de 250 milliards d’euros (le Grand soir du 13 mars 2015). Que fait le patronat de cette manne financière accordée sans aucun contrôle ? Il délocalise, pour accroître ses profits dans les pays à bas salaires et dont les contraintes étatiques sont moindres. 

Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’ aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger . Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. (L'Humanité du 1 juillet 2014)


La fraude et l'évasion fiscale font perdre 80 milliards d'euros par an au budget de l'État. Et les salariés qu'ils soient fonctionnaires chômeurs ou retraités n'y sont pour rien.
Il est plus facile de sanctionner les chômeurs que de créer des emplois. Et pourtant si l'on veut réduire le chômage c'est bien cela qu'il faut faire. Plutôt que d'attendre une éventuelle croissance qui créerait mécaniquement des emplois, il faut créer des emplois là où il y a des besoins criants : enseignants, soignants, aides à la personne. Il faut rappeler au gouvernement et au patronat que ce ne sont pas les chômeurs qui sont la cause du chômage, mais bien le chômage qui produit des chômeurs.

Joseph Stiglitz prix Nobel d'économie et qui n'a rien d'un bolchevik écrit : « dépenser pour renflouer les banques sans rien obtenir en retour ces données de l'argent aux plus riches. Et dans ce cas le multiplicateur est pratiquement nul. Les stabilisateurs automatiques, les dépenses qui augmentent automatiquement quand l'économie s'affaiblit, sont l'une des formes de stimulation les plus efficaces parce qu'ils « calibrent » le niveau des dépenses en fonction des besoins de l'économie : il donne davantage d'argent quand il en faut plus ils comprennent, par exemple, les indemnités de chômage : le volume payé s'accroît automatiquement quand le taux de chômage augmente. Si l'économie se rétablit plus vite que prévu, les dépenses d'indemnisation du chômage diminuent automatiquement ». (Le triomphe de la cupidité éditions les liens qui libèrent. Février 2010)

« À ceux qui, au plus fort de la grande crise, conseiller la patience, puisqu'à long terme les marchés ramèneraient l'économie au plein-emploi, John Keynes, le grand économiste du milieu du XXe siècle, a répondu oui, mais « à long terme nous serons tous morts ». (Un autre monde contre le fanatisme du marché. Joseph Stiglitz. Éditions fayard. 2006).