dimanche 29 mai 2016




« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits est le plus indispensable des devoirs ».
Article 35 de la Déclaration des droits de l'Homme de 1793.

Michel Cialdella, 6, rue Joseph Bertoin - 38600  Fontaine

Fontaine, le 29 mai 2016

 

Monsieur Manuel Valls, premier ministre
Hôtel Matignon
57 rue de Varenne - 75700 Paris SP 07

http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre

À propos du déchaînement médiatique haineux envers la CGT auquel vous participez sans modération.

Mercredi 25 mai 2016, vous avez encore perdu une occasion de vous taire. Vous avez déclaré devant l'Assemblée nationale que le syndicat (entendez la CGT) « ne fait pas la loi dans ce pays ». Visiblement, l'Assemblée nationale non plus ! En effet, l'utilisation du 49 - 3 permettant au gouvernement de faire passer une loi contre la volonté des parlementaires dont c'est pourtant le rôle. Pour défendre cette pratique vous invoquez le fait que le 49 - 3 est constitutionnel ce qui n'est pas une garantie de démocratie.

Je vous rappelle que les gouvernements les plus réactionnaires (Pétain, Pinochet, Franco, Ben Ali) avaient également des Constitutions. Cela ne rend pas cette pratique démocratique et elle déshonore ceux qui s'en servent.

Rappel historique : le 10 juillet 1940, parlementaires et sénateurs avec une large majorité votent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, instaurant en France un régime fasciste. Cela avec la complicité d'une large majorité de socialistes (seuls 36 ont voté contre).

Vous aurez beau invoquer le dialogue social et décréter que les actions des syndicats sont minoritaires, cette loi qui n'a pas la majorité ni dans votre propre camp ni dans le pays, n'a pas de légitimité.

"La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté générale ne se représente point .... Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi ". (1).

Il ne faut point faire qu'il convienne aux lois, il vaut mieux faire en sorte que les lois lui conviennent (Saint Just)

La Constitution que vous appelez au secours postule à l'article 3 « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum ».

Si vous êtes sûrs de vous, osez le référendum !

Vous avez dit minoritaire ? Mais vous êtes ministre par la grâce d'un président élu par 39,08 % des inscrits (Chiffres du ministère de l'Intérieur). C'est-à-dire que plus de 60 % des inscrits n'ont pas voté pour François Hollande, vous êtes très mal placé pour donner des leçons de démocratie. Certes la loi permet que ce candidat soit élu, mais l'on est en droit de s'interroger sur sa légitimité surtout lorsque ce candidat ne respecte pas ses engagements.

Il est grand temps de changer cette constitution monarchique pour instaurer une véritable démocratie qui permettrait notamment de démettre les élus qui ne respectent pas leurs engagements.

Après cela on peut toujours proclamer que les autres sont minoritaires ! Autre remarque si l'on considère que les syndicats, vu le nombre de leurs adhérents ne seraient selon certains, pas représentatifs. Il faut appliquer à toutes les organisations le même critère. La CGT avec près de 700 000 membres a plus d'adhérents que l'ensemble des partis politiques (dont le vôtre) qui pourtant prétendent à être représentatif et qu'une constitution antidémocratique autorise à gouverner. Cela fait beaucoup !

Dans une démocratie, le minimum c'est que les parlementaires soient élus à la proportionnelle intégrale, de façon à représenter le peuple le mieux possible. Notons qu'à l'Assemblée nationale il y a seulement 3 % d'ouvriers, bien que ceux-ci soient les plus nombreux dans notre pays.

La violence et inacceptable ! Mais de quelles violences parlons-nous ?

En France chaque année plus de 500 personnes meurent suite à des accidents de travail. Plus de 400 suicides sont liés au travail. Que dire des 100 000 morts dus à l'amiante, véritable crime industriel (2). 70 % de ces ouvriers que vous méprisez lorsqu'ils luttent pour leur dignité, travaillent en contact avec des produits cancérigènes.

Pourtant le code de procédure pénale, article 221 – 5 énonce que « le fait d'attenter à la vie d'autrui par l'emploi ou l'administration de substances de nature à entraîner la mort constitue un empoisonnement. L'empoisonnement est puni de 30 ans de réclusion criminelle ».
La sociologue Annie Thébaud - Mony note dans son livre (2) : ceux qui ont une position de responsabilité dans les choix d'organisation du travail et de sécurité, conduisant à l'atteinte physique ou psychique du salarié ne font guère l'objet de comparution immédiate. Les mots qui désignent la mort les blessures au travail sont lourds de sens : on parle d'un accident et non d'un homicide ou de coups ou blessures. Et pourtant

De ces violences cela, il semble que vous vous en souciez moins que de la chemise d'un DRH.
Qui peut ignorer que la classe ouvrière et plus largement les salariés, n'ont d'autres choix que la lutte pour se défendre et conquérir de nouveaux droits. Dans cette France qui n'a jamais été aussi riche grâce à eux, où est-il écrit qu'ils ne devraient que subir ? Les intéressés savent lire et ont bien compris que, la loi dite "El Khomri était un recul de civilisation, n'en déplaise à la CFDT.

Votre projet de loi d'inspiration patronale a été élaboré par des gens qui comme vous même, n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, voudraient-ils subir ce qu'ils veulent pour les autres ?

Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent disait Saint-Just. J'ajouterai : nous vous payons, et plutôt bien. Cela nous donne des droits, que dis-je, des exigences.

Michel CIALDELLA

 

1 - Du contrat social - Jean-Jacques Rousseau

2 - Travailler peut nuire gravement à votre santé (sous-traitance des risques, mise en danger d'autrui, atteinte à la dignité, violences physiques et morales, cancer professionnel.-Annie Thébaud - Mony, sociologue, directrice de recherche à l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

dimanche 8 mai 2016

La vérité sur Pétain


Ceux qui pensent encore que Philippe Pétain est le vainqueur de Verdun devrait lire
« La vérité sur l'affaire Pétain ». De l'historien Henri Guillemin.
Éditions utovie/h.g. 220 pages. 19 €

Ce livre, révélé par Philippe Guillemin, fils de l'historien, avait été publié à l'origine sous un pseudonyme pour des raisons de sécurité professionnelle, a été oublié pendant 50 ans ! Au moment où on banalise certaines thèses révisionnistes, où la complaisance pour une attitude douteuse le dispute à la servilité face aux montées de l'extrême droit en France, il est essentiel de bien comprendre que celle-ci n'arrive jamais par hasard au pouvoir. Mais qu'au contraire, c'est le résultat d'un long travail de préparation des esprits, de sa, de gangrène.
L'éclairage que nous apporte ici Henri Guillemin est plus qu'important : salubre.
(Quatrième de couverture).

Quelques extraits :

La chose est demeurée à peu près inconnue du grand public ; elle n'en est pas moins hors de discussion : par deux fois, en 1916, Pétain conseilla l'abandon de la rive droite de la Meuse ; par deux fois Joffre fut obligé de lui interdire ce repli désastreux. On comprend mieux alors ces lignes trop ignorées mais catégoriques du Maréchal Joffre dans ses mémoires : « Si l'histoire me reconnaît le droit de juger des généraux qui opèrent sous mes ordres je tiens à affirmer que le vrai sauveur de Verdun fut Nivelle ».

1918 maintenant. Pétain est entièrement opposé à toute stratégie offensive.… Au début de cette année 1918, on voit le général Pétain s'employer de toute son énergie à contrecarrer les desseins offensifs de Foch ; ...

Le 26 mars 1918, Poincaré consigne dans ses carnets ce que Clémenceau vient de lui apprendre : « il (Pétain) m'a dit une chose que je voudrais confier à aucun autre qu'a vous ; c'est cette phrase : « les Allemands battront les Anglais en rase campagne, après quoi ils nous battront aussi ».…

Pétain préparait un vaste repli des armées françaises vers le sud…

Toujours selon Poincaré dans ses carnets du 26 mars 1918 : « Foch me confirme ce dernier renseignement et me communique l'ordre de retraite donnée par Pétain » Foch est intervenu en hâte pour annuler ces instructions ruineuses. Mieux même. En cette fin de mars 1918, Pétain parle autour de lui de cesser le combat ; il estime la guerre perdue, la victoire, du moins, impossible. Du journal de Poincaré encore, sous la date du 27 mars 1918 : « Pétain a déclaré à Loucheur : il faudrait entamer des pourparlers de paix. Loucheur a consulté Foch, lequel a répondu : "c'est de la folie" ».

Le 31 mai suivant, attaques de Champagne n'ayant pas donné les résultats qu'on en attendait, Pétain, de sa propre initiative, prescrit un recul ; il est prêt à laisser à l'ennemi Verdun, la Lorraine, Nancy, la ligne des Vosges ; il fait donner par Franchet d'Esperey ordre d'évacuer Reims, ordre que Foch, de nouveau, devra annuler, et auquel, du reste, le général Micheler a refusé d'obéir....

En même temps, Pétain suggère à Clémenceau que le gouvernement, selon lui, doit se préparer à quitter Paris. Le 4 juin 1918, Pétain propose d'abandonner nos positions entre Dunkerque et Amiens et d'établir le front entre Amiens et la mer, sur la Somme ; ainsi commente Chadebec de Lavalade « le 4 juin 1918, exactement 44 jours avant la date où Foch va jeter les armées alliées dans une offensive irrésistible qui, en quatre mois, les conduira à la victoire, il s'est trouvé un général en chef français pour proposer l'abandon spontané des dernières parcelles de la Belgique libre, de Dunkerque, d'Arras, de Doullens, de toute la côte française au nord de la Somme, et pour envisager l'abandon, à la première alerte, de Verdun, de Nancy, des Vosges et de toute l'Alsace ».

Le 15 juillet, les Allemands attaquent. « Pétain…, concède aussitôt la victoire à l'adversaire ». Le même jour, en effet, 15 juillet 1918, à 10 heures, malgré les instructions formelles de Foch interdisant de modifier la répartition des réserves en vue de l'opération offensive qu'il méditait, Pétain donne à Fayolle l'ordre d'arrêter la préparation de l'entreprise. Et encore une fois Foch doit réparer cette intervention déplorable....

En septembre 1918 enfin, à deux mois du triomphe, on verra Pétain s'efforcer de peser sur l'esprit de Foch pour interrompre l'offensive en cours et la suspendre au moins jusqu'au printemps.

En résumé on peut conclure… qu'à quatre reprises, en 1918, le général Pétain a failli faire perdre aux alliés la guerre-
-une première fois, au début de l'année, lorsqu'il s'opposa à toute idée d'offensive dans les mois à venir et combattit le projet d'un commandement unique
-une seconde fois, à la fin de mars, lorsqu'il se résignait très aisément, à la rupture du front franco-britannique
-une troisième fois, quand il proposait (31 mai) l'évacuation de Paris et (4 juin) l'abandon de Dunkerque, d'Arras
-une quatrième fois le 15 juillet, quand il s'efforça d'arrêter net la contre-offensive prévue est ordonnée par Foch.

Sa gloire majeure, s'il faut en croire Paul Valéry dans le discours qu'il lui adressa lors de sa réception à l'Académie française, le 22 janvier 1931, serait moins encore d'avoir « sauvé Verdun » que d'avoir rétabli l'ordre dans l'armée après les mutineries du désespoir qui marquèrent la dure année 1917. On sait qu'en effet, à cette date Pétain fit fusiller un certain nombre de soldats (français). Ils étaient coupables de penser comme lui..

Vous avez dit " vainqueur de Verdun !"

samedi 23 avril 2016

Les conquêtes du Front populaire ont 80 ans ctte année

Cette année on fêtera (peut-être) les conquêtes de 1936.
Mon père nous disait...


" Si l'on écoute le patronat et les forces conservatrices, le progrès social, ça n'est jamais possible, ça n'est jamais le moment ".
Voici son témoignage :

...
« Avant les grandes luttes de 1936, il y avait un chômage massif Mon père travaillait 5 heures par jour chez Bouchayet-Viallet à Grenoble. Son salaire horaire était de 2,50 francs. La vie était dure et le patronat pleurait misère. Puis ce furent les grandes grèves ( 5 millions de grévistes ) avec occupations d'usines, la CGT réunifiée et puissante, le front populaire...
L'impossible devint réalisable, ce fut la semaine de 40 heures, des augmentations de salaire de 15 à 20%. Mon père vit son salaire horaire passer à 3,35 francs soit plus 30%. Il travailla alors 8 heures par jour ! Il y eut les 15 jours de congés payés, les délégués du personnel élus par les travailleurs.
Toutes ces avancées, inscrites dans la mémoire collective des militants de la CGT, ont été obtenues sans contrepartie pour le patronat. Cependant les congés payés qui, selon le patronat, devaient provoquer la faillite du pays ont permis le développement de l'industrie du tourisme.
Lorsque les salariés prendront de nouveau confiance en leur force de nouvelles avancées deviendront possibles. »


Nicolas CIALDELLA
en 2000, il a alors 80 ans

samedi 16 avril 2016

Lettre à F. Hollande du 15 avril


Michel Cialdella
6, rue Joseph Bertoin
38600  Fontaine.

 

« Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui c'est possible. Les législateurs et les gouvernements doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli ».


Victor Hugo, le 9 juillet 1849.

 

 

A monsieur François Hollande
Président de la République Française
Palais de l'Elisée
55, rue du Faubourg St Honoré
75008 Paris

http://www.elysee.fr/ecrire/

 

Fontaine, le 15 avril 2016

 

Monsieur le Président de la République

Hier soir j'ai pris sur moi de regarder l'émission, car au bout de quatre ans de réformes catastrophiques pour les salariés. Je ne m'attendais pas à un quelconque miracle. L'émission intitulée Dialogue Citoyen a invité ce qu'ils ont appelé un panel de quatre personnes loin d'être représentatives du peuple. Nadine Hourmant, déléguée Force Ouvrière chez Doux avait été choisie pour vous poser des questions. Elle a été retirée de la liste des invités. L'Élysée n'y est pour rien ? Les syndicalistes ne sont-ils pas considérés comme des citoyens ?

D'emblée vous avez déclaré avoir affronté des choses terribles. Que devraient dire tout ceux que votre politique a plongés dans le chômage, la précarité et la misère ?

Vous prétendez moderniser le pays et conserver notre modèle social. Selon vous aujourd'hui ça va mieux. Franchement, le chômage est au plus haut, les salaires sont au plus bas, la sécurité sociale ne permet plus l'égalité des soins puisque 30 % de la population renoncent à tout ou partie des soins. Vous avez fait reculer l'âge de la retraite.  Les fermetures d'hôpitaux, les privatisations de services publics, les entreprises qui délocalisent, etc.....Et cela dans un pays qui n'a jamais été aussi riche !

Selon les branches professionnelles, à qualification égale les femmes ont des salaires inférieurs de 18 à 27% à ceux des hommes. Elles occupent majoritairement les emplois à temps partiel non choisis.

Vous avez placé les allocations familiales sous condition de ressources, ce qui n'est pas une mesure de justice sociale. Pierre Laroque ancien directeur général de la Sécurité sociale et non pas le père de celle-ci disait : « avec les conditions de ressources, on a introduit dans la législation un élément d’assistance qui répugnait aux législateurs de 1945 – 1946 » .

De plus, cela n'a rien rapporté aux familles les plus modestes. À l'origine les allocations familiales étaient prises en charge par des cotisations d'entreprise. Vous avez poursuivi une fiscalisation des recettes. C'est-à-dire que comme pour la prime d'activité ce sont les impôts qui financent ce qui était un salaire socialisé. Il faut rappeler ici que le budget de l'État est financé à 80 % par les seuls salariés.

Vous avez décidé de l'instauration obligatoire d'une complémentaire santé, prise en charge à parts égales entre l'entreprise et le salarié. Sous des apparences de justice sociale, c'est une atteinte de plus à la Sécurité sociale. Rappelons ici que la Sécurité sociale est beaucoup plus performante et économique que les complémentaires dont le coût de fonctionnement est au moins trois fois supérieur à celui de la Sécurité sociale.

Dans les entreprises où il n'y a pas de syndicat ce sont des patrons qui choisissent la complémentaire qui leur convient le mieux, c'est-à-dire la plupart du temps, une assurance privée bien que plus coûteuse et moins efficace que la Sécurité sociale que vous prétendez défendre. Après ces quelques exemples, déclarer que "ça va mieux" est pour le moins scandaleux, d'autant que vous ajoutez : « je vais poursuivre ». Alors là je dis non, arrêtez le massacre !

Selon vous, les aides aux entreprises seraient des aides aux salariés. En réalité ce genre d'affirmation ne trompe pas grand monde et il relève de l'enfumage. Ceux qui ont fait un peu d'économie savent que les milliards déversés sans contrôle aux entreprises, au nom de l'emploi, n'ont en réalité qu'un seul but remonter le taux de profit, et engraisser les actionnaires. En France, les sociétés du CAC 40 versent bon an mal an 40 % de leurs bénéfices aux actionnaires. Sur l'ensemble des entreprises non financières, les dividendes représentent 13 % de la masse salariale en 2009, contre 4 % au début des années 1980 (1).

Pour les actionnaires tout va bien, pour eux, ne changez rien.

Source : Blog de Christian Chavagneux, le 10 mars 2014.

Comme si tout cela ne suffisait pas, vous et votre équipe avez entrepris la destruction du Code du travail fruit d'un siècle de lutte ouvrière. Conçu pour protéger les travailleurs, la loi "Medef - El Khomri - Valls - Macron - Hollande" en fait une arme de guerre contre le salaire.

Élaborée, nous dit l'Article 1er,  par une commission d' "experts", c'est-à-dire des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise (pour y travailler). Cette loi travail dont 80 % des salariés ne veulent pas est conçu dans le seul intérêt de l'entreprise, c'est-à-dire du patronat. En témoigne l'enthousiasme de Monsieur Gattaz. Ce ne sont pas les quelques modifications à la marge qui changent quelque chose. D'ailleurs les jeunes ne s'y sont pas trompés. Ces modifications font penser à la célèbre réplique du "Guépard" : « Il faut tout changer pour que rien ne change ».

Le texte contient des formulations "bizarres" comme à alinéa 14 de l'Article 1er , : « Le contrat de travail peut prévoir une période d'essai d'une durée raisonnable ». Qu'est-ce qu'une durée raisonnable ? Cela pourrait faire sourire si les salariés n'en étaient pas les victimes.

Vous affirmez « Je poursuivrai jusqu'au bout, la loi ne sera pas retirée ». C'est faire peu de cas du vote des députés, et quel mépris pour le peuple !

Concernant l'affaire Panama Papers, vous évoquez les excès du capitalisme. Mais pas du tout, il s'agit là de la logique même du capitalisme. La finance n'est pas un parasite ni une dérive, mais une composante permanente du capitalisme (1).

Que cela plaise ou non, Marx est toujours d'actualité !

« D'un côté, les orgies éhontées de l'aristocratie financière, de l'autre, la lutte du peuple pour les denrées de première nécessité » (2).

Ce n'est pas la fuite en avant dans le libéralisme qui va régler les problèmes que les salariés rencontrent. Comme l'écrivait déjà en 2003 Guillaume Duval : le libéralisme n'a pas d'avenir. (3)

Comme disait Saint-Just : « Il ne faut point faire qu'il (le peuple) convienne aux lois, il vaut mieux faire en sorte que les lois lui conviennent ».

Sachez qu'une démocratie qui n’a pas de base de consentement dans le peuple n’est pas une véritable démocratie.(4).

Si par inadvertance j'ai pu voter pour vous, sachez que cela ne se reproduira plus.

Michel Cialdella
Citoyen en colère

 

 

 

 

1 - Michel Husson économiste.

2 - Les luttes de classes en France - Karl Marx - 1848.

3 - Le libéralisme n'a pas d'avenir. Guillaume Duval. Édition la découverte. 2003.

4 - Eric Hobsbawm. Historien dont les ouvrages historiques ont été traduits en une trentaine de langues.

vendredi 8 avril 2016

EN MARCHE.......arrière...



Si l'on en croit "Le Point.fr" du 7 avril 2016, En marche ! : le mouvement de Macron est hébergé par le patronat. Ce mouvement politique lancé par le ministre est domicilié à l'adresse du directeur de l'Institut Montaigne, un think tank d'obédience libérale.

L'adresse légale du mouvement "En marche !" n'est pas déposée au nom du directeur de l'institut, Laurent Bigorgne, mais « au nom de son épouse, qui est une amie personnelle d'Emmanuel Macron ».

Le ministre de l'Économie... des dépenses pour les pauvres, a indiqué que c'était un « mouvement politique nouveau », ajoutant qu'il n'était « ni à droite ni à gauche ». Pour la nouveauté, il repassera. Quant à "ni droite, ni gauche", ce slogan était dans les années 1930 véhiculé par l'idéologie fasciste en France (1).

 

1 - Ni droite, ni gauche, l'idéologie fasciste en France - Zeev Sternhell - Galllimard - 2012

dimanche 20 mars 2016

QUI SONT LES BARBARES ?




Qui sont les barbares ?

Une vidéo sur le net où l'on voit le cinéaste ou l'on voit le cinéaste René Vautier, né le 15 janvier 1928 et mort le 4 janvier 2015. Né d'un père ouvrier et d'une mère institutrice, il mène sa première activité militante au sein de la résistance en 1943, alors qu'il est âgé de 15 ans, ce que lui vaut plusieurs décorations. Il est décoré de la croix de guerre à 16 ans, est cité à l'ordre de la nation par le général De Gaulle pour faits de résistance en 1944.

Il lit des documents de la bibliothèque nationale. J'ai recopié l'intégralité du discours.

http://www.noorinfo.com/Documentaire-Qui-sont-les-barbares_a11560.html

Voici le texte

René Vautier donne lecture de documents pris à la bibliothèque nationale à Paris. Des témoignages des conquérants de l'époque des conquérants français. D'abord des extraits du bréviaire qu'on avait remis aux officiers et aux soldats qui s'en allaient en Afrique. Cela s'appelait "Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger".

« Ces contrées sont des terres vacantes abandonnées aux mauvaises herbes par la paresse et l'indolence des Maures. Les femmes du pays sont livrées, par la paresse des Arabes, qui passent toute leur vie à fumer, à la turpitude de mœurs extrêmement relâchées. Elles n'ont pas de religion, beaucoup doutent qu'elles aient une âme immortelle et croient qu'elles ne sont faites que pour la reproduction. Le climat aidant les femmes sont nécessairement disposées au plaisir. Alors allez-y des terres vacantes et des femmes consentantes qui n'attendent que les soldats français ».

Et puis, à côté, j'ai vu d'autres documents qui marquent l'étonnement des officiers français qui débarquaient en Afrique.

C'est "Campagnes d'Afrique en 1830" par un officier du corps expéditionnaire : « Cette terre qu'on avait présentée comme sauvage, inhabitée et couverte de jolies maisons de campagne, entourée de jardins. Toutes sont bâties sur des hauteurs dont les mouvements onduleux contrastent avec l'aridité des côtes de Provence. La végétation y est superbe et partout des sources et des courants d'eau fécondent la terre. Les fruits y sont en abondance. Un grand nombre d'aqueducs amène les eaux jusqu'à la capitale ».

Et le Maréchal Bugeaud lui-même :

« j'ai reconnu que l'Algérie produit beaucoup de grains et une immense quantité de bétails. L'immensité des terrains ensemencés atteste de l'existence d'une population beaucoup plus nombreuse qu'on ne le pensait ».

Le commandant Claude -Antoine Rozet :

Dans « Voyage dans la régence d'Alger » en 1833. « Presque tous les hommes savent lire et compter. En France on compte à l'époque 40 % d'analphabètes. Ainsi les soldats qui débarquent sont en général moins instruits que les sauvages qu'ils viennent civiliser. ». 2

 

Le ministre de la guerre de l'époque qui s'appelait Girard : « Il faut se résigner à refouler au loin à exterminer même la population indigène. Le ravage, l'incendie, la ruine de l'agriculture sont peut-être les seuls moyens d'établir notre domination ».

Savary duc de Rovigo : « Apportez des têtes, des têtes, bouchez les conduites d'eau avec la tête du premier Bédouin que vous rencontrerez. » Au nom, bien sûr, de la civilisation.

Christian dans l'Afrique française : « Un détachement de l'armée parti d'Alger, surprend la tribu désarmée des Olifias et massacre sur-le-champ tous les hommes toutes les femmes, enfants sans distinction. On parlera de 12 000 morts. Les troupes pour rafler aux Olifias seront vendues au consul du Danemark. Quant au reste du butin, il fut exposer au marché de Babazoune. On n'y voyait des bracelets de femmes encore attachés à des poignées coupées et des boucles d'oreilles pendant à des lambeaux de chair ». Au nom de la civilisation.

Le colonel François De Montagnac : « selon moi toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris saccagé sans distinction d'âge et de sexe. L'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied. ».

Saint Arnaud. Il était commandant et c'était aussi un mari très attentionné il écrit à sa femme « Chère Louise, je suis bivouaqué par une chaleur de 40° au milieu de 20 villages superbes qui ne se sont jamais bien soumis. Je leur ai donné jusqu'à ce soir pour payer les impôts et les amendes que je leur inflige. S'il ne s'exécute pas j'enverrai trois colonnes brûler tout ».

En juin 1845, la tribu des Zouled Rira, chassés de ses douars par les détachements incendiaires du colonel Pélissier, se réfugie dans des grottes de montagne. Ordre du maréchal Bugeaud : « si ces gredins se retirent dans leur caverne imitez Cavaignac au Sbéras, fumez-les à outrance comme les renards ».

Voici le récit d'un témoin, français, bien sûr : " Voir au milieu de la nuit à la faveur de la lune un corps de troupes françaises occupé à entretenir un feu infernal, entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des animaux. Le craquement des rochers calcinés s'écroulant. Le matin quand on chercha à dégager l'entrée des cavernes gisaient des bœufs, des ânes, des moutons. Parmi les animaux entassés, sous eux ont trouvait des hommes des femmes et des enfants. J'ai vu un homme mort le genou à terre, la main crispée sur la corne d'un bœuf. Devant lui été une femme tenant son enfant dans les bras. Cet homme avait été asphyxié au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal. On a compté 760 cadavres".

Le 8 mai 1845, Saint Arnaud découvre 500 Algériens qui s'abritent dans une grotte entre Ténès et Mostaganem. Saint Arnaud ordonne à ses soldats de les emmurer vivant. Il écrit : « je fais boucher hermétiquement toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais ces cadavres de ces fanatiques. ». C'est à peu près ce qu'on dit les Allemands en massacrant le village d'Oradour-sur-Glane.

Montagnac, toujours lui, le colonel : « voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu'à l'âge de 15 ans. Prendre toutes les femmes et les enfants. Vous me demandez ce que nous faisons des femmes que nous prenons ? On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu à l'enchère comme bête de somme ». Toujours au nom de la civilisation.

« Nous rapportons un plein baril d'oreilles récoltées paire a paire sur les prisonniers. Il contient même il contient même celle d'un de nos 58 gendarmes morts d'une maladie, de pièces de cent sous ne sont pas à dédaigner ».

Le Maréchal Soult ministre de la guerre, répondant à des questions à la chambre des députés : « En Europe un tel acte serait horrible et détestable, en Afrique c'est la guerre même ».

C'est la guerre même, c'est du moins ce que dit le ministre français. Mais en face voici un décret pris par l'émir des Arabes, l'émir Abdelkader : « Tout arabe qui amènera vivant un soldat français recevra pour récompense la somme de huit douros. Tout arabe qui aura un Français en sa possession sera tenu de le bien traités et de le conduire le plus promptement possible soit devant le califat, soit devant l'émir lui-même. Dans le cas où le prisonnier aurait à se plaindre de mauvais traitements, l'arabe n'aura droit à aucune récompense. ».

A la lecture de ce décret, question d'un soldat algérien « Quelle récompense pour un prisonnier vivant ? » L'émir répond "8 douros". "Et pour une tête coupée ?" L'émir répond "25 coups de bâton sur la plante des pieds".

De quel côté était la civilisation ?

René Vautier : « J'ai donc fait ce film, avec les citations, des dessins et gravures qui étaient à la Bibliothèque nationale à Paris et j'ai proposé le film à la ligue de l'enseignement, pour qu'il soit projeté dans les lycées et collèges de France et de Navarre. La ligue de l'enseignement l'a refusé avec cette appréciation : « quoi que très correctement réalisé et basé sur des documents indiscutables, ce film va à l'encontre de toutes les idées qui servent de base à l'enseignement de la pénétration française en Afrique du Nord, ce qui rend sa diffusion impossible ».

C'était reconnaître que l'enseignement n'avait pas pour but l'éducation. C'est-à-dire l'ouverture vers les réalités, mais l'endoctrinement au service d'une idée politique. Ici le colonialisme

mardi 1 mars 2016




Michel Cialdella
6, rue Joseph Bertoin
38600 Fontaine.
michel.cialdella@orange.fr

 Fontaine, le 1er mars 2016

À Monsieur Manuel Valls
Premier Ministre.

http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre


Ces quelques mots en réaction à votre intention de lever un certain nombre d'incompréhensions, expliquer, répondre à toute une série de fausses des informations qui sont données sur ce texte. Il s'agit, vous l'aurait compris, du projet dit loi El Khomri visant à massacrer l'actuel Code du travail.

Je voudrais vous rassurer, dans notre pays la classe ouvrière sait lire grâce à l'école laïque publique qui fût gratuite. Nous n'avons nul besoin d'explication de texte. Dans la logique de toutes les mesures prises depuis le début de ce quinquennat, cette réforme a pour seul but la baisse des salaires. Nous ouvriers qui depuis des générations avons, par nos luttes, contribué à construire des protections pour les travailleurs nous n'avons pas besoin des explications de personnes qui n'ont jamais mis les pieds dans une usine, autrement que pour la visiter.

Au nom de la modernité, vous voulez faire reculer d'un siècle les conditions de vie du monde du travail. Nous ne partageons pas cette conception de la modernité. Cette année nous célébrerons les 80 ans des grandes conquêtes de 1936, que les ouvriers par des grèves massives avec occupations d'usines ont obtenu. Notez bien que je ne parle pas de célébrer le Front populaire, car les socialistes de l'époque n'avaient pas les congés payés, les 40 heures hebdomadaires dans leur programme.

Malgré vos déclarations péremptoires, la jeunesse sera dans la rue le 9 mars, et, ouvrier à la retraite, je serai avec eux, car je ne veux pas laisser à mes petits-enfants une France mutilée par votre politique.

Alors s'il vous plaît ne nous expliquer rien, mais retirez cette loi tout de suite, car de toute façon le peuple de France vous obligera à le faire.

« Parfois dans insurrection, il y a résurrection ». Victor Hugo.

Michel Cialdella